IL FAUT ÉTUDIER LA TERRE
pour l’avenir. Disons tout de suite, toutefois, qu’il
est souverainement regrettable qu’il y ait si peu -
d'écoles acadiennes qui figurent dans ce mouvement si digne d’éloges à tous égards. A quoi attribuer cette abstention des nôtres dans cette étude précieuse de. l’agriculture partout dans les écoles de notre province ? Nous l’ignorons.
De l’école primaire, où l’enfant a appris à-aimer l’étude de la terre, il faudrait le diriger, s’il était possible, vers l’école d'agriculture proprement dite Le grand malheur d’un certain nombre parmi nous, c’est de pousser les jeunes gens indistinctivement vers les collèges classiques et commerciaux, sans se préoccuper de ceux qui restent à la maison à exploiter le patrimoine familial. On se rappelle le vieux préjugé, transmis de génération en génération : on est toujours assez instruit pour travailder la terre. En cela, nous avons grandement tort. Loin de moi, l’idée d’éloigner le jeune homme du collège classique où il trouvera peut-être le chemin du sacerdoce ou celui d’une profession honorable dans le monde. L'Eglise, la Patrie ont besoin des uns et des autres, et notre pays plus que tout autre. Je n’en dirai pas autant, toutefois, de ces nombreux jeunes gens pour lesquels les parents font des sacrifices inouis Pour leur donner ce qu’ils appellent l'avantage de faire un cours commercial. Le nombre des jeunes gens de notre temps qui se
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jettent dans le commerce est devenu encombrant, et constitue, à mon point de vue, une situation des plus pénibles pour la société. Allez leur demander, à ces jeunes gens, de cultiver la terre ? Quoique fils d'agriculteurs, ils croiraient déchoir et s’avilir. Deux ou trois annéc e collège ont suffi, quelquefois, pour leur donne: cette fausse mentalité de la vie agricole.
A cet âge, la comptabilité d'une ferme leur appafaîtra bien mesquine et bien méprisable. Ils reviendront à la majson paternelle, l’esprit hanté de vagues aspirations vers ce qu’ils appellent des métiers moins durs et moins malpropres. N’est-il pas souverainement regrettable pour des parents de voir leurs fils leur arriver, après des années de collège, avec ce dégoût et ce mépris pour le noble travail de la terre ? Qu'’arrivera-t-il alors ? La plupart du temps, ces jeunes gens trop peu instruits pour embrasser une profession, et trop instruits, à leur avis, pour cultiver le lopin de terre familial, se jetteront dans la carrière commerciale ou dans une autre; mais n’ayant pas de capitaux, ils végéteront, en attendant, comme commis de magasin ou comme marchand-voyageur, ou bien encore se feront-ils solliciteurs d'assurance ou agents de ceci et de cela ; ils gaspil!-ront ainsi, à tâtonner à droite et à gauche, le meilleur de leur vie dans mille entreprises, suivies, bien souvent, de mille déboires.
PT Cr, 7