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CHAPITRE

Honneur à Louis Hébert, le premier colon de la Nouvelle-France

C’est en 1617, dans la vieille cité de Québec, berceau de toutes les nobles entreprises et aujourd’hui panthéon des gloires les plus pures de nos frères les Canadiens, qu’on érigera un monument au premier colon, à côté de celui des Laval et des Champlain. Tout l’honneur de cette noble initiative revient de droit à M. l’abbé Azarie Couillard Després, descendant de ce pionnier de la première heure. Digne fils de ses aïeux à la fois seigneurs et défricheurs, il a continué Courageusement les traditions de sa famille, dans un autre champ d'action, il est vrai, mais non moins pénible : dans les vieux bouquins, les archives poussiéreuses, les documents rongés par le temips ou brunis par les années.

Déjà au séminaire de Montréal, à titre d’intime, (O murs silencieux de St-Sulpice! dirai-je votre secret?) il me fut donné de lire à la porte de la cellule de l’infatigaible abbé, la préface d’un livre, qui était alors à l’état d’embryon. Ce livre était l’histoire de la première famille française’ au Canada, de cette vaillante famille canadienne, qui eut pour chef l’apothicaire parisien, Louis Hébert,

Il fut publié en 1906. Depuis ce temps, M. l’abbé Couillard Després a publié d’autres ouvrages qui furent également appréciés du public : l'Histoire des Seigneurs de la Rivière du Sud et leurs alliés acadiens et Canadiens; Louis Hébert et sa famille, et dernièrement encore l'Histoire de la famille et de la seigneurie de Saint-Ours.

Si, de nos jours, la mémoire du pionnier de l’agriculture au Canada est si vivace, c’est à M. l’abbé Couillard Després qu’en revient le mérite, et je ne crains pas d'ajouter que l’œuvre du monument Hébert sera réalisée grâce à ses généreux efforts.

Nous, fils de la vieille Acadie, ne pouvons rester indifférents à ce Mouvement patriotique. Car Louis Hébert, avant de devenir le premier colon de Québec, foula d’abord notre sol, en 1604, et l’Acadie eut l’honneur de recevoir ses premiers travaux de colonisation.

Il amena sa famille à Port-Royal, et y passa plusieurs années dans le but bien arrêté de s’y établir, Tout porte à croire qu’il y serait demeuré définitivement si les événements que nous connaissons nétaient venus modifier ses plans. En 1613, Samuel Argall, sous-gouverneur de la Virginie, s’empara de l’Acadie. Port-Royal fut détruit. Les colons durent retourner en France. Quelques-uns, au nombre flesquels se trouvaient MM. de Biencourt et Charles-Amador de Latour, vécurent avec

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