‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 105 sur 207 · III. - Attendre la justice · texte numérisé non relu

III. - Attendre la justice

L'injustice, qu’elle soit soutenue par la force

ou secondée par l'adresse, règne si souvent et si

longtemps ici-bas, que plus d’un chrétien aux vues

ects serait tenté de se décourager dans le bien, ou de s’irriter contre ses semblables, ou de

se scandaliser de Dieu. Ne le faites jamais, 6 âme

chrétienne, mais afendez et réattendez. Celui qui a

pour lui la puissance, saura la mettre au service de

la justice, quand sa sagesse jugera l’heure venue;

et il le fera surtout au grand jour des rétributions.

1 ÏS. XXVIIT, 10.

continue à me montrer insouciant pour les intérêts du ciel et des âmes? Quelle justice pourrai-je attendre, Seigneur? Ne verrai-je pas se lever contre moi tout un peuple, pour me reprocher mes négli-

Mais en ce jour-là, qu’en sera-t-il de moi si je.

gences, mes erreurs dans les conseils, l'influence

déplorable de mes exemples, mon manque d'indul- ss

gence pour les faiblesses d'autrui, ou de fermeté dans la correction des vices, ou de courage à défendre l'intégrité de la foi? Et si, après ce peuple : d’accusateurs, contre qui je n’aurai pas de réponse,

vous vous levez vous-même, Ô mon Dieu, en me

montrant votre Fils que j'ai servi indignement, le Sang de la nouvelle alliance que j'ai foulé aux pieds, l'esprit de grâce auquel tant et tant de fois j'ai fait injure, où sera mon excuse? quelle pourra être mon attente, si ce n’est celle de votre terrible jugement? * Il est dit que « le juste à peine sera sauvé *», que deviendra donc le pécheur, et un pécheur tel que moi? Vos jugements sont de profonds abîmes! je veux, puisqu'il en est temps encore, faire qu’ils soient pour moi, non des abimes de colère, mais des abîimes de bonté, et jy

.contribuerai par ma diligence à mieux accomplir tou-

tes mes obligations. Alors mon ministère pourra,

comme l’apostolat du saint pape Pie V, se résumer en deux mots: « La paix de la justice et l’honneur de la piété % ». Alors, mais alors seulement, je

| T HEBR. x, 27. — 2 PETR. IV, 18. — 3 BAR. 4, 2,3: 0 4

puis espérer d’être finalement admis au nombre des justes. Quel bonheur! Tous ensemble, moi le dernier d’entre eux, mais uni avec eux, nous recevrons la récompense due à la justice fidèlement pratiquée durant notre vie mortelle. Pour nous, le ministère des âmes «ne fut jamais nourriture et breuvage, mais justice, paix et joie dans l'Esprit- Saint * »; nous trouverons à tout jamais notre satiété dans la vérité, dans la bonté et dans la joie, comme le chantait le Psalmiste: « Je serai rassasié, quand votre gloire aura apparu * ». Le Pére

F de famille lui même présidera alors le festin dans

son royaume, nous distribuant cette nourriture qui est sa divinité, puisqu'il est écrit: « Goutez et voyez combien suave est le Seigneur $ ». Plus nous prendrons cette nourriture et ce breuvage de jus- : tice et d’immortalité, plus nous les désirerons; et . dans ce mélange de faim bienheureuse et de satiété complète, se passera notre éternité.

O: injustices humaines, Ô petites habiletés, 6 fausses consciences, 0 faiblesses de volonté, Ô transactions avec le devoir, où êtes-vous?

+ © peines, Ô privations des satisfactions terrestres, Ô blâmes et dérisions endurés pour le fidèle accomplissement du devoir, où êtes-vous ?

Tout s’est évanoui comme un songe; il ne reste plus rien, — plus rien que Celui qui est tout. La foi a disparu devant la claire vision, l'espérance

1 ROM: XIV, 17. — 2 PS. XVI, 15. — 3 Ps. XXXII, 9.

je vois avec ravissement Ja ste à se > ep iee dans le royaume éternel sous une forme toute divine. Non seulement je la vois, mais Dieu m’ ’ad-. met à partager son Lionpees et sa gloire, pourvu que je sois fidéle jusqu’au bout aux devoirs de mon ministère sacré, car il est écrit: « Ceux qui enseignent à beaucoup d’hommes la justice, brile. leront comme des étoiles, pEndRe l éternité toute

entière. »

CHU ANTERTE, 8)

SIXIÈME JOUR

MÉDITATION DU MATIN

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