Examinons quels #oyens l'envie emploie
pour atteindre son but. Arrivée à ses derniers
développements, elle serait homicide. C’est pourquoi S. Paul écrivant aux Romains, leur montrait les hommes rebelles à l'Evangile comme « pleins d'envie et d’homicide * »: et en énumerant les œuvres de la chair il disait encore: Dans leur nom-
bre se trouvent: « l'envie et l’ homicide >. Ra-
rement, il est vrai, l’envieux arrive à ces excès sanguinaires ; un sentiment d'humanité le retient. Mais il est moralement homicide, en ce sens que, à sans attenter à la vie des personnes, il voudrait anéantir en eux celles de leurs qualités qui l’offusquent, par cela seul qu'il ne les a pas. D'abord, s’il peut les contester ou les amoindrir dans l'opinion des autres, il y met son adresse et son acharnement ; tous les moyens lui sont bons. S’il ne peut réduire à néant les mérites d'autrui, il ne leur rend témoignage que dans un but insidieux et pour mieux les obscurcir ensuite. «Ils sont, donne-t-il à entendre, moins grands qu’on ne le dit; telle vertu est affaire de nature; tel talent est surfait: le succès de telle œuvre est dû aux circonstances ou à l’habile emploi de ressources préexistantes ; combien d’autres personnes supérieures en qualités, que cependant on vante beaucoup moins!»