‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 114 sur 207 · Les remèdes à l'envie sont nombreux et · texte numérisé non relu

Les remèdes à l'envie sont nombreux et

variés. Nous pouvons, par exemple, considérer avec.

quelle rapidité la vie passée. À quoi bon tant se

tourmenter de n'avoir pas tels ou tels avantages

que demain la mort nous ravirait sans retour ?

Puis, nous nous devons à nous-même la cha-

rité, comme nous la devons au prochain; or

nous y manquons et devenons cruels envers no-

tre propre cœur, quand nous lui infligeons les tourments, les dépits et les angoisses qui résul- tent des suggestions de l'envie? — Du reste, les biens que nous avons reçus de Dieu ne sont-

ils pas infiniment au-dessus de nos mérites? Ne

pas nous en contenter, mais en convoiter. d’au-

tres qu'il ne nous a pas destinés, ne serait-ce

pas une audace et une insolence inexcusables? — Si encore nous avions toujours fait bon usage des talents que nous avons reçus! Mais nous en avons abusé indignement et nous mériterions que le Pére de famille nous les enlevât tous sans pitié, pour les donner à d’autres plus fidèles; et au lieu de remercier Dieu de sa patience, nous oserions es une augmentation de faveurs?

rabaissé, une complaisance maligne, que sa figure

quelle insanité! — Une pratique salutaire viendra appuyer ces réflexions intimes, celle d'avouer au directeur spirituel les mouvements d'envie. qui s’agitent en secret dans l’âme. Plus l'orgueil inspire de répugnance à cet aveu, plus on mettra d'énergie à se vaincre. S'agit-il, non de fautes consenties, mais de simples tentations à l'état d’ombres passagères, les révéler au directeur est toujours un acte salutaire, propre à débarasser le cœur de si tristes penchants. - Une autre manière très noble de combattre les senti. ments d'envie, sera de produire les actes qui précisement leur sont opposés, en s’empressant de rendre hommage aux qualités des autres et È

en remerciant Dieu souvent, de les leur avoir

accordées. - Enfin un dernier remède, aussi ra-

dical que doux, c'est d'approfondir le dogme de Ja Communion des Saints. Nous disons /e dogme,

car il ne s’agit, ni d’une hypothèse, ni d’une fiction pieuse, mais d’une vérité de foi inscrite au Symbole. Combien l’homme, si faible qu’il soit en vertu, est riche et heureux, considéré dans cette société immense! Tous les chrétiens,

ik-le sait; sont frères, membres d'un même COrps,

qui est l’ Église ; tous les biens spirituels sont communs entre eux, qu'ils en soient les auteurs ou en partagent seulement, en fait, les avantages. Non seulement donc chaque chrétien, si pauvre qu’il soit personnellement, peut se réjouir en. son cœur des avantages que possèdent les ‘au-

tres chrétiens, mais il est maître d'en faire son propre bien, dans la proportion de sa charité et aussi du zèle qu'il met à enrichir le commun patrimoine. À cette pensée, quel cœur ne s’élargirait pas? quel chrétien serait indifférent ou tardif pour venir prendre sa part, sa large part à l'iné- puisable trésor.

O envieux, oseras-tu t'approcher, toi aussi, dans l'espoir d’être avantagé comme les autres? Rien pour toi. Retire-toi, tu es un excommunié, par sentence de ton propre jugement et pour chàti-

ment de ta propre conduite, toi qui, loin de te

complaire dans les mérites des autres, n’a cessé de les obscurcir et de les jalouser..….. Mais non, ne te retire pas, c'est ton vice que tu dois bannir, c'est ta plaie que tu dois guérir: alors tout te sera pardonné, et tu béniras le Seigneur de t'avoir ouvert les yeux, d’avoir brisé tes chaînes, de t'avoir rendu tes droits dans la noble, la riche, la douce famille des enfants de Dieu. Amen.

CONFÉRENCE

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