EPH. V
époux, ils sont plus que des proches, ils ne font qu'un. Ici, au contraire, lÉOten 2 la faiblesse, l'indignité sont les grands titres à la préférence. O profond mystère! sages de ce monde, législateurs, philanthropes, vous ne le comprendrez jamais. Îl est réservé aux petits et aux humbles de le saisir et de le réaliser. | |
La profondeur de la miséricorde est cépendant à plus remarquable encore que son étendue. Le.
cœur miséricordieux s’identifie avec les misères
humaines d’une manière si intime et si permanente, qu’elles deviennent une partie de lui-même. C'est pourquoi les Livres Saints nous demandent
souvent de nous revêtir des «entrailles de la miséricorde, et de les dilater ‘, » ce mot d’entrailles désignant dans notre être corporel ce qu’il y. a de plus sensible, de plus IDDN de plus vital. je
O Dieu! après que votre grâce a suscité de a telles âmes, fussent-elles en petit nombre, n’hésitez plus à regarder la terre, vous y retrouverez quel- .
que chose de vous-même. Sans doute, notre mi-.
-séricorde n’est qu'une ombre de la vôtre, mais
l'ombre des Apôtres guérissait les malades; nous
aussi nous ferons des miracles de charité, en vous et pour vous.
2 COt.nr, 123 TI CORP VI, M3 ND IOoAN tr, cry.
IS Les œuvres de la miséricorde.
La miséricorde n’a pas seulement un cœur pour sentir les misères, elle a deux ailes pour voler à leur secours, deux bras ouverts, l’un aux œuvres de bienfaisance corporelle, l’autre aux œuvres de bienfaisance spirituelle, qui sont, les unes et les autres, au nombre de sept, selon les docteurs. Non qu'ils veuillent soumettre à un classement rigou-
reux et exclusif des choses si élevées et variables
- à l'infini, mais pour nous signaler les principales œuvres, sous lesquelles toutes les autres peuvent
se ranger. Ils nous recommandent donc comme
œuvres de miséricorde corporelle: 1.° de procurer
aux indigents la nourriture et le breuvage, 2.° de donner l'hospitalité aux étrangers; 3.° de visiter les malades et les prisonniers, 4.° de racheter les captifs, 5.° de vêtir la nudité des pauvres, 6.° de recueillir pour eux des aumônes et 7.° d’ensevelir
les morts. - Comme œuvres de miséricorde spiri- | tuelle, ils proposent à notre zéle: 1 .‘ d'assister le ‘prochain par les conseils, 2.° de l’avertir et le corriger de ses fautes, 3.° d’instruire les ignorants, 4.° de consoler les affligés, 5.° de pardonner les injures, 6.° de supporter les défauts d'autrui et 79.de prièr pour les vivants et les morts.
Qu'importe si certaines œuvres de miséricorde corporelle ne peuvent se pratiquer dans certains temps, ou par certaines personnes, comme celles de racheter les captifs et d’ensevelir les morts? La
miséricorde embrasse tout st l'unité, et Jâme qui en est pénétrée aime à saluer les œuvres qu 'elle ne fait pas par elle-même, à les admirer comme des sœurs dont elle est fière; bien mieux, elle fait passer sous une autre forme, dans les œuvres qui sont à sa portée, ce que les œuvres extraordinaires | ont d’utile, de magnanime et de plus divin. Quel empressement, quel goût, quelle adresse, par exemple, à préparer des vêtements pour les pauvres, à leur distribuer l’aumône, à soigner les malades, et à panser leurs plaies de ses propres mains!
Entre les œuvres de miséricorde spirituelle qui se recommandent dans la société présente, on. comprendra sans peine comment l’instruction des ignorants occupe une place principale. Que l’ignorance soit celle du faible enfant, ou celle du vieillard, proche de son éternité, ou celle de l homme instruit par ailleurs dans les sciences humaines, mais élevé dans une société hostile au joug du Christ, cette ignorance est toujours le plus grave des maux, et mérite la plus grande compassion, la plus soigneuse assistance. « S'ils connaissaient bien le roi de gloire, pu ils ne méditeraient de le crucifier de nouveau ‘. » Celui à qui manquerait toute occasion, pour instruire ainsi les ignorants, a: toujours à sa disposition le langage de l’oraison, de la bonté et de l'édification: ce n'est pas le moins persuasif.
1 | Cor. 11, 8.
A l'œuvre donc, ô homme miséricordieux, le labeur est immense, effrayant; mais la grâce de Dieu vous donnera une ardeur calme et soutenue, un coup d'œil juste sur le choix des moyens à employer et le don d’enrôler d’autres ouvriers sur ce champ de la miséricorde. Ils seront vos auxiliaires et vous mériterez, tous ensemble, que
«la miséricorde vous couronne *
Mais quoi? je vois en vous, au lieu de la joie, des larmes. Ah! je les comprends! c’est qu'après
avoir dépensé votre temps, vos ressources, vos
forces morales et physiques, vous voyez les maux
‘innombrables qui restent en souffrance, et jusqu'où
va votre impuissance de faire face à tout. Saintes
larmes, noble désolation, beau martyre de la cha-
rité! Puisse ce martyre faire des milliers et des
milliers de victimes!
Et vous, regardez, instruisez-vous et rou-
gissez, Ô vous qui ne savez que faire de votre $ | temps, qui gaspillez d’un cœur léger vos res- | sources, et qui ne donnez à la miséricorde que les restes de vos vanités et: de vos plaisirs, croyant après cela avoir fait beaucoup. N’avez-vous rien de plus pour tant de misères? Vos grands péchés ne vous pressent-ils pas de vous assurer le pardon ? Si vous n’éprouvez pour les malheureux qu’une pitié languissante, au moins ayez pitié de vous et convertissez-vous.
1 Ps. CIr, 4.
de la bérCone prompts à lui donser . dé vouement dans les œuvres; que ce. ne soit plus pour eux un détail de la vie, une affaire de bon ton, mais la grande affaire, celle qui obsorbe Vat-
tention, dirige toute l'activité, prépare 1É éternité bienheureuse. Amen.
SEPTIÈME JOUR
MÉDITATION DU MATIN