HEBR. XIII
sance, ou fumée des victimes immolées, il y a tou- Jours là pour Dieu, comme dit le même Apôtre, «un sacrifice d’agréable odeur * ».
Mais aprés avoir payé ce tribut de religion à Dieu, auteur de tout don parfait, et après avoir reçu du ciel une empreinte sacrée, la miséricorde se penche vers les hommes, Son principal mo- s: bile sera-t-il une raison d'intérêt propre, comme :
celle d'obtenir, en pratiquant la bienfaisance, la
contrition et le pardon des péchés ? Sera-ce la
pensée que, dans une affliction semblable, on
aimerait à recevoir du soulagement? Ces motifs sont louables, mais ne sont pas indispensables, et
ne sont pas, en général, les plus déterminants.
Telle âme riche en miséricorde est d’une inno-
cence qui ne lui laisse presque aucun besoin de purification devant Dieu; telle autre est une âme mortifiée, qui s'impose volontairement des souf- frances bien plus grandes que celles dont elle désire délivrer le prochain. Le grand motif de la . miséricorde , c’est elle-même, c'est le penchant à __ compatir pour compatir, à soulager autrui pour lui, sans préoccupation de soi. ; __ Mais autrui qui sera-ce? Au point de vue rationnel, c’est la proximité de nature ou la parenté qui règle l’ordre et la mesure du dévouement ; ainsi en est-il d’un enfant pour ses parents, il n’a rien de plus proche sur la terre; ainsi des