‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 13 sur 207 · Le désir. — Depuis longtemps, toujours · texte numérisé non relu

Le désir. — Depuis longtemps, toujours

même, Marie appelait de ses vœux l'avènement du . règne de Dieu sur la terre: c’étaient des désirs humbles, doux, vifs, croissant avec les années, pré-. dominant surtout dans son oraison. — Le désir du Bien suprême est inné en nous: les grâces du |

baptême et notre adoption comme enfants de Dieu . lui donnent plus de véhémence, de précision et d'efficacité. Mais aux approches de l'oraison, ce courant mystérieux s’accentue. Comment, dans le silence de l'âme, quand le vide de la créature s'est fait, ne pas aspirer vers Celui qui est la vérité, la bonté et la beauté? Et comment Dieu résisterait-il à l’âme qui le cherche ainsi, l'invite, À le presse, le contraint?

Esprit-Saint, fortifiez en moi ces désirs, pour Fe que je puisse dire en tout temps, comme l'Église ÿ dans les offices de l'Avent: « O Savesse sortie de la bouche du Très-Haut, venez nous instruire. O Adonaï, venez nous racheter par la force de votre bras. O Aacine de Jesse, venez nous délivrer, | venez sans retard, O CZ de David, tirez-nous de

la prison du péché. O Orient, illuminez ceux qui

sont assis à l’ombre de la mort. O or des nations,

Sauvez l’homme que vous avez formé de vos mains. O Æmmanuel, venez comme notre législa- teur et notre Sauveur.

2.9 La crainte. — Toute crainte n’est pas une préparation. Il y a une crainte de fusz/lanimite et de défiance. « Je me suis trompé, on m'a trompé,

murmure l’âme qui en est envahie ; la méditation quotidienne n'est pas ce qu’on dit, j y perds mon temps, je m'y égare, je ferais mieux peut-être d'y

renoncer ».— Gardez-vous-en, esprit timide-et pessimiste; vos efforts fussent-ils aussi stériles que vous le jugez, les faire serait toujours un profit

sérieux. Il y a pourtant une crainte d’hwmalite, qui

est bonne, étant fondée sur la vue de notre néant;

loin d'arrêter la marche de l’oraison, elle la règle

et la protège. - Meilleure encore est la crainte

filiale qui est à la fois révérencielle et chast, saisit l’Âme devant les mystères de Dieu et lui inspire l'horreur de toute offense. Elle renferme un acte d’adoration et un acte d'amour, qui rendent l’âme pure et digne d’arriver jusqu’au trône divin. Que si elle hésitait encore, le Seigneur descendrait en lui disant, comme Assuérus à Esther: Avance et touche mon sceptre, je sus fon frère, la loi qui défend d'approcher n'est point faite pour lot”.

1 ESTHER, XV,.12 et seq.

même que a baite Gabfiel de ses Je ns offices à Marie aprés avoir dissipé ses. craintes ; ainsi les Anges viennent nous prêter assistance dans l’oraison, et il faut en dire autant de tous les # Saints du ciel. Ils le font d'eux-mêmes, par une bienveillance spontanée ; ‘ils le font avec plus d'empressement encore quand nous les invoquons, ou que revient leur fête, ou qu’ une conformité u particulière existe entre le caractère de leur sain- (été . la nature de nos devoirs. ne si putes

du ciel, ue les temps et selon les âmes, d'en à est un auquel appartient la souveraineté et la perpétuité; c’est celui de Marie. Nous y avons

droit, il nous est indispensable. Une oraison mentale sans elle, risquerait d’être une terre déserte, sans chemin et sans eau. Avec Marie, le désert se change en Carmel.

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