Pour ce qui nous concerne personnellement
nous sommes-nous gardés, à l'approche des jours d’abstinence et de jeune, de manifester un certain
déplaisir, alors que nous devrions trouver ces jours
trop rares et saluer les privations qu'ils apportent comme des bienfaits?
6. Avons-nous veillé attentivement à éviter tout excès dans la nourriture, soit pour la qualité et les délicatesses séculières, soit pour la quantité, nous rappelant que l'entraînement au-delà du nécessaire est un péril qui tient anxieux les Saints eux-mêmes ? — Avons-nous su nous astrein-
dre, pour nos repas, à une heure déterminée, afin de pratiquer par là l'obéissance à notre règlement, comme autrefois nous la pratiquions au son
de la cloche, lors de notre formation cléricale ?
? ie : RES N'avons-nous pas au contraire mis souvent de côté cette sujétion salutaire, soit par empressement
42 Dans nos rapports avec les fidéles dont
déréglé de la nature, soit par manque d'esprit de prévoyance et d'ordre dans nos occupations ?
7° Avons-nous évité dans la nourriture l’ostentation, qui facilement et à notre insu nous por- terait, par gloriole ou sous prétexte de soutenir notre dignité, à mettre dans nos repas une affecta- tion de magnificence? V veillons-nous, même quand nous invitons des étrangers à notre table, par con- | venance ou pour pratiquer la sainte loi de l’'hospitalité, tant recommandée dans l’ Évangile et les DEuitres déSPanl 7? |
- 8.° N'avons-nous pas porté trop volontiers nos
conversations sur des questions de nourriture,
par exemple sur le prix des mets, sur leurs mé-
rites comparatifs comme délectation, ou sur la qualité des vins, des liqueurs, etc.? Avons-nous compris combien ces thèmes seraient bas, déshonorants et déplacés sur les lèvres d’un disciple de Jésus abreuvé d’amertume, immolé sur la croix, offert chaque matin sur l’autel, reçu par nous en nourriture dans la sainte Communion?
9.° N’avons-nous pas scandalisé plus d’une fois le peuple, auquel nous devons par dessus tout l’édification, en laissant voir cet empressement à nous traiter et à traiter les autres avec luxe et délicatesse dans la nourriture, tandis que les pauvres, par milliers, manquent de tout?
10.0 Ne sommes-nous pas tombés dans les défauts qui suivent si facilement l’immortification et
= 2 MATT. xxv, 43, 44; ROM. xn1, 13; HEBR. XII, 2.
la Zoguacité qui fait passer des heures à dire et à rédire des riens, la #ivralité qui peut se tolérer chez les histrions de la place, non dans un homme voué aux gémissements de la componction et dans une maison austère, affectée au service du temple de Dieu? N’avons-nous pas été par notre intempérance, victimes de la /orpeur d'esprit, perdant le goût et l'aptitude pour la prière, pour l'étude, pour les lectures pieuses, et pour tous les exercices de l’intelligence et du cœur. LL ANE
* N'est-ce ‘pas à cause "de cette. torpeur.
dép que nous avons négligé ou fait sans fruit la visite au T. S. Sacrement, qui devrait remplir de son influence la seconde partie de la journée et nous offrir une réfection spirituelle agréable, propre à contrebalancer l’appesantissement causé is la nourriture matérielle?
° Enfin, avons-nous rempli posément, avec no intérieure et avec respect extérieur, le devoir de la prière avant les repas, pour que la grâce de Dieu et la pensée de la mort nous aident à y prendre la nourriture avec circonspection et pureté d'intention? Après les repas, avons-nous aussi remercié Dieu qui nous a procuré, au delà de nos mérites, les choses nécessaires et utiles au soutien de notre vie? Nous sommes-nous rappelé toutefois, que la meilleure action de grâces est d'employer généreusement, Joyeusement, uniquement pour
l'empressement naturel pour la nourriture, comme .
Dieu, les forces qu il a daigné restaurer en nous
par la nourriture, et nous sommes-nous pour cela mis à l'œuvre avec un accroissement d’esprit de piété, de sacrifice et de zèle?
Prière.
Enseignez-moi, mon Dieu, à prendre les aliments avec de telles pensées et en de telles dispositions que je sache éviter toute délectation inutile, purifier par l'intention toute délectation inévitable, et accepter en esprit de pénitence tout ce que je rencontrerai de mortifiant. Puissé-je arriver même . à réchercher ces mortifications, pour l’expiation de mes péchés et l'accroissement de ma vie spirituelle, Ainsi soit-il.
CONFÉRENCE