‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 133 sur 207 · LA GOURMANDISE · texte numérisé non relu

LA GOURMANDISE

vée; mais il y a aussi pour tous. une salutaire lecon pratique et la matière d'un examen sérieux. Faisons cet examen sans nous flatter.

1.° N’avons-nous pas pensé, par une illusion déplorable, que nous avions l’âme trop noble et les sentiments trop distingués pour avoir besoin. de nous surveiller dans l’usage de cette nour-. riture animale et grossière, un tel sujet n'étant. pratique, à notre avis, que pour les enfants ou les gens du monde, non pour les hemmes en qui domine la vie intellectuelle et morale?

N'avons-nous pas estimé qu'il nous suffi-

sait d'éviter les excès contraires à la tempérance, comme le prescrivaient à leurs disciples les philo- sophes païens eux-mêmes, oubliant, ou, ce qui serait pire, niant, en principe et par système, le grand devoir de ia mortification, envisagée comme punition positive de nos propres fautes et comme réparation de celles du peuple chrétien confié à notre sollicitude ?

3.° Eussions-nous toujours été, sur ce chapitre, exempts de grands excès, par la grâce de Dieu et le bienfait d’une bonne éducation, nous som- mes-nous fortement persuadés que la mortification nous est absolument nécessaire pour maintenir l’empire de l'esprit sur les sens et pour arrêter le péché qui frappe à la porte de notre cœur, escorté de ses mille tentations? Avons-nous renouvelé cette conviction chaque fois que nous venions prendre la nourriture ?

nous avons la charge, avons-nous pris soin d’incul:

quer souvent la nécessité de la mortification pour …

tous sans exception, et particulièrement dans lu-

sage de la nourriture? Quand il nous a fallu leur nu donner quelque dispense des mortifications impo-

sées à certains jours par l’ Église, l’avons-nous fait

avec poids et mesure? Avons-nous eu soin de leur

inspirer, jusque dans ces concessions, l'estime de la loi et le désir de suppléer, d’une autre maniere, aux pénitences de précepte rendues impossibles par leurs travaux ou leur faible santé?

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