II. - Éducation ecclésiastique
Les qualités personnelles de saint Charles, développées par la grâce de Dieu, avaient été toute sa formation cléricale. Il s’efforça, pendant son séjour à Rome, d’en combler les lacunes, en instituant les Vuits Vaticanes, sorte de cercle ecclé-
de changer totalement de vie et de recevoir le
siastique qui se tenait au tic tous les soirs, et où chacun des membres traitait à tour de rôle
quelque question utile; les autres pouvaient faire
leurs observations, même en sens contradictoire. Quand saint Charles vit le moment favorable, il donna aux questions à étudier dans ce cercle quotidien un caractère ecclésiastique plus accentué, et on y traita des Béañtudes, puis des Sepé pechés' capitaux et des Vertus théologales. Ces réunions étaient certainement utiles aux associés et
édifiantes pour Rome; mais comme formation .
des jeunes clercs, il faut quelque chose de plus.
élémentaire et de beaucoup plus complet.
Aussi, à peine arrivé à Milan, Charles, désireux de procurer aux autres ce qui lui avait man-
» LC AT LÉ RNA de dei ne
qué à lui-même, s’occupa de la fondation d’un séminaire diocésain, en conformité avec les Décrets du Concile de Trente. L’heureuse conclusion de ce Concile était son œuvre, il y avait mis une énergie indomptable pendant son séjour à Rome, à cause des grands bienfaits qu’il en espérait pour le clergé. Or l'établissement des séminaires était précisément un des points qu'avait eus en vue à cet égard la sainte assemblée. Là se formeraient les aspirants à l’état ecclésiastique, dans le silence, l'étude, la prière, la célébration des saints offices, pour pouvoir, transplantés au milieu du monde,
y promouvoir efficacement l'honneur divin et le salut des âmes. L'idée était du ciel, le ciel la bénit, en particulier à Milan.
4 trente-quatre et le Saint les conduisit proces- sionnellement de la cathédrale à la demeure assez pauvre -préparée pour eux; il était escorté par les dignitaires du clergé et les représentants de l’au- torité civile. Plus tard, l'édifice fut amplifié, afin que Pises proportions et sa belle ordonnance inspirassent aux élèves plus d'amour de la régularité, plus
de respect pour leur sublime vocation. Mais c'était surtout l'édifice moral, qui absorbait les sollicitudes de Charles. |
Non content d'exercer d. loin une surveillance
active, il venait tous les mardis présider la Congré-
gation spirituelle; le jeudi c'était l'administration
temporelle qui appellait son intervention. Une fois
le mois, il présidait la Congrégation des études.
En avril avait lieu une sorte de visite canonique,
où il écoutait tous les séminaristes les uns après
les autres; et il en faisait une semblable en sep- __ tembre, pour que nul n’osàt prolonger les vacances, sachant qu’il serait infailliblement noté comme
absent. Parfois c'était à l’improviste que l’archevêque venait prendre part aux exercices de piété; sa présence n’était pas seulement alors pour les élèves un motif d’édification, mais un stimulant à l'exactitude, afin de n'être jamais pris en défaut. Quand quelque personnage important passait par Milan et logeait à l’archevêché, une visite au séminaire lui était demandée en échange de la gracieuse hospitalité qu’il recevait, et le visiteur se
ques paroles aux séminaristes; c'était un moyen pour les animer à profiter de ces années bénies qui ne reviennent plus.
La culture de la science devait marcher de ; pair avec celle de la vertu ; l'archevêque y veillait. :
en assistant aux examens et en récompensant lar-
gement les élèves les plus diligents. Les examens des Ordinands le faisaient accourir aussi et il avait soin d’y ajouter une allocution de circonstance.
Il n'épargnait rien pour avoir des livres instruc-
tifs, et il fit composer un traité de rhétorique adapté aux besoins des jeunes clercs. Une imprimerie, chose tres rare à cette époque, fut même établie au séminaire, et les œuvres du docte Louis de Grenade en sortirent, comme première publica- :
tion.
de formation, il établit cependant d’autres mai-
sons ecclésiastiques, les unes proportionnées aux capacités diverses des jeunes gens, les autres aux
besoins des divers pays. De ce nombre fut le séminaire Helvétique, institué pour la partie du diocèse
comprise dans la Suisse protestante. Les jeunes … prêtres qui en sortaient, étant du pays et en connaissant les mœurs, auraient plus de titres à la
tolérance de leurs compatriotes protestants, et plus de facilités pour ménager leur conversion. | Dans toutes ces fondations, on sentait la sa-
voyait même aimablement pressé d'adresser quel-
Quoique Charles comprit l'importance de l'unité |