‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 139 sur 207 · COR. II · texte numérisé non relu

COR. II

SEPTIÈME JOUR

cette intelligence se joint un awour de choix, comme l’amour dont il est dit: « Le Christ a aimé l'Église », il l'a aimée « comme ‘une épouse * Ainsi doit-il en être, non seulement de RÉF mais, dans une certaine mesure, des simples prétres, à l'égard des Églises particulières confiées à leurs soins. Ayant la mission de continuer, dans l'exercice du sacerdoce surtout, les sentiments et

les œuvres du Sauveur, il concentrent sur cette. tâche leur attention, leurs sollicitudes, leur tendresse. Sans ces inclinations, ils ne seraient que des fantômes de prêtre. De l'intelligence et de l'amour, résulte le dévouement pour les moindres actes relatifs à leur ministère. Tout y prend une importance majeure à leurs yeux; ils y mettent plus

que de la conscience, ils y ont du goût; penser

à ces choses, en parler, s’en nourrir, les faire

apprécier, leur est naturel comme de respirer.

Exposer ces principes, c’est faire le portrait

de S. Charles, c’est résumer son esprit. | L'intelligence, dans l’ordre spéculatif, ne lui manquait certes pas; mais il excellait surtout dans.

l'intelligence pratique des affaires. Déjà, à la mort de son père, on lui avait confié l’intendance des biens patrimoniaux, quoiqu'il ne fût pas l'aîné: il

s'était révélé à l’œuvre, en diverses circonstances de famille. Aussi le duc de Bavière put dire plus tard: « Ce que j’admire en lui, outre sa sain-.

1 FPH.LV, 25, etc.

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teté, c'est la pénétration d'un esprit très prompt, à l’aide de laquelle il a su dénouer, avec toute facilité, certains nœuds gordiens inextricables, qui m'embarrassaient. » Ce sens des affaires, appliqué à son ministère pastoral, lui donna de compren- dre, outre la valeur intrinsèque des grâces, l’éco-

nomie de leur dispensation; et il y apportait un

amour égal à son discernement. Cet amour for-

tement enraciné dans son cœur éclatait plus vive-

ment dans certaines occasions, comme dans ses

allocutions aux Ordinands: mais il animait jour

et nuit, sous une forme plus calme, ses actes,

ses entretiens et ses oraisons. On: en trouve la

fidèle expression dans la prière ci-jointe, qu’il

avait composée et faisait réciter pendant les assem-

blées ecclésiastiques: « Prions le Dieu tout-puis-

sant, pourqu'ayant été si souvent excités à l'esprit sacerdotal, nous quittions la voie large et spa- cieuse qui mène à la perdition, et soyons conduits par la vertu de Dieu dans la voie étroite de la vie spirituelle, afin d'y persévérer jusqu'à notre mort ». Le désir de propager l'esprit ecclésiastique le portait à s’entourer d’auxiliaires qui en fussent pénétrés. Ami de la solitude et de la pénitence, il avait une prédilection pour les Ordres mona- stiques, par exemple pour les religieux de Vallombreuse et pour les Camaldules, chez lesquels il aimait à faire des retraites. Cet amour était si connu, que le Pape Grégoire XIII, voulant Je dissuader de renoncer aux dignités lui dit:

RON LME Re x SEPTIÈME JOUR: -- ONFE

Mieux vaut vivre à Rome pour tous, qu'aux Camaldules pour soi. Comme apôtre, il demandait volontiers le concours des fils de S. Dominique … et de S. François, pour le ministére de la prédi cation et de la confession. Mais dans les œuvres proprement ecclésiastiques, sa préférence était pour les Pères de la Compagnie de Jésus, les Barnabites, les Oratoriens de S. Philippe de Néri, les Servites, qui le secondérent dans l'institution du Caléchisme pour les enfants, et surtout les Oblats appelés plus tard «de Saint Charles ». Ces derniers, leur nom l'indique, étaient sa créa-

tion, précisément dans le but d’avoir des hommes

entièrement disponibles pour ses œuvres diocé-

saines, surtout pour la rénovation de l'esprit ecclésiastique. À cet égard S. Philippe de Néri lui-même ne répondait pas assez aux désirs de S. Charles, … quoiqu'il l'estimât beaucoup, l'ayant vu à Rome la tête entourée d’une clarté céleste. De là entre eux. un aimable dissentiment. Charles se plaignait que Philippe se montrât dur et intraitable, et qu’il imitât la lenteur de Fabius Cunctator, tandis que Philippe appelait Charles, en raison de sestendances à s'approprier les bons sujets: ## signe larron.

Ajoutons comme dernier trait, les efforts de S. Charles pour établir la vie commune dans le clergé, au moins dans certaines collégiales dont il désirait faire des foyers d'esprit ecclésiastique. Hélas! il faut le dire, sur ce terrain ses efforts furent stériles et sa voix resta sans écho:

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