‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 141 sur 207 · VIL - Piété ecclésiastique · texte numérisé non relu

VIL - Piété ecclésiastique

Il n’y a qu'une seule piété, « utile à tout * ». La piété ecclésiastique se distingue cependant de la piété commune, soit par le degré, - les grâces reçues étant infiniment plus grandes, — soit par une préférence très marquée pour tout ce qui set rapporte plus directement au sacerdoce et à l autel. Il peut se faire que, du côté sensible et démonstratif, cette piété reste inférieure à celle de la religieuse dans son cloître, ou de l’anachorète # dans sa solitude; mais elle sera supérieure par l'esprit de foi qui l'anime et par ses résultats

derniers, la gloire de Dieu et la sanctification du peuple chrétien. ; .

La piété de S. Charles fut vraiment sacerdotale et épiscopale. Jésus-Christ et ses grâces coulant à flots par les sacrements: Marie, ses sanctuaires et ses dévotions les se accréditées dans l'Église ; le respect pour les temples matériels et pour les reliques des Saints; l'estime des indul gences et l’empressement pour les pieux pèlerinages qui servent à les gagner: tels étaient les principaux traits de la piété de notre grand archevêque, modéle en cela de tout le clergé.

Son amour pour la divine Eucharistie n'avait pas de bornes. Quand il disait la messe dans une église publique, on ne se lassait pas d'admirer sa tenue, l'expression de son visage, l’accent pénétré

1 Tim. 1V, 8.

dr, :

RAT lequel il prononçait les paroles; aussi, des prêtres se privaient-ils de célébrer ce jour-là, pour communier de sa main. Disposer les fidèles, en particulier les enfants, à s'approcher de la Sainte Table, était pour lui un délassement plutôt qu'un ‘travail. On sait qu’il eut la consolation de faire faire

Ja première communion à S. Louis de Gonzague;

De av ec

pour tous les deux quel délicieux souvenir !

Envers Marie, la dévotion de Charles était exemplaire aussi. Sans ressembler à celle du

pieux S. Bernard, comme éclairs de doctrine et élans du cœur, ni à celle de S. Alphonse de Liguori, comme richesse d'expressions et pouvoir d'entraînement populaire, les dons de Dieu variant

selon les natures, les pays et les grâces, elle n'en était pas moins l’âme de toute sa vie. S'agissait-il

4% 4 de transporter solennellement quelque célèbre 4 . image de la bienheureuse Vierge, de constater À les miracles qui lui étaient attribués, de recomd mander partout son culte, Charles se faisait en-

tendre. Il rappelait volontiers aux Milanais l’antiquité de la dévotion à Marie dans leur noble cité, pour qu'ils tinssent à honneur de ne pas dégénérer de leurs ancêtres. Par ses soins, la messe | votive de la B. Vierge, ou sa mémoire à la messe 1 du jour, devinrent d’un usage très fréquent. Au séminaire, le petit Office de Peata devait être récité au moins par les minorés. Charles qui s'était ‘uni avec ferveur aux prières de S. Pie V avant la bataille de Lépante, sentit, au bruit de la mira-

SEPTIÈME JOUI

culeuse victoire, sa dévotion à Notre-Dame du Rosaire prendre de nouveaux accroissements ; aussi employa-t-il toute son influence pour obtenir que, nonobstant l’existence de plusieurs églises de Frè-. res-Précheurs à Milan, la confrérie du Rosaire fût érigée dans sa cathédrale, au profit du clergé et du peuple. Les soldats eux-mêmes, autant qu'il dépendait de lui, récitaient ensemble le chapelet chaque jour, et quand ils étaient en excursion mili-

taire, l’image de Marie devait être officiellement

dressée au milieu du camp, à chaque étape.

Il y aurait mille choses édifiantes à ajouter sur le zèle de S. Charles pour tirer de l oubli et faire vénérer les reliques des Saints, et sur son

empressement à multiplier et à restaurer les églises, au point qu'en quinze jours il en consacra

douze. Il serait beau également de le suivre du s regard, faisant les stations de Rome pour le jubilé de 1575, et marchant par les rues nu-pieds avec

RS D VE NC

les personnes de sa suite, deux à deux, en récitant des prières, sans regarder ni saluer personne,

Mais il faut se borner à considérer la piété de S. Charles jetant son éclat le plus doux, le plus céleste à la fin de sa vie. F0

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