‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 146 sur 207 · ROM. I · texte numérisé non relu

ROM. I

faire tomber à genoux, dans des sentiments d’adoration et de reconnaissance : « Providence de mon Dieu, miséricorde de mon Dieu, s'écriera-t-il, je ne vous crois pas, je vous vois, je vous suis : pas à pas dans votre action sur mon cœur; ne. point vous aimer, rester sans vous bénir, serait par trop ingrat. Le chrétien vous reconnait et. vous loue dans vos miracles; ici, le miracle c’est moi ». é Mais c’est surtout quand le cœur pur rentre dans son centre le plus intime par l’oraison, qu’il y trouve Dieu d’une manière ineffable, par mode d’absence encore, mais absence bien différente de celle qui fait le malheur et le châtiment des mondains; ici, c’est une absence qui produit une purification et une sanctification ineffables. Dieu qui veut se préparer des cœurs dignes de lui, pour les récompenser dans la patrie au gré de son amour, travaille ce cœur juste et voué à l'oraison; il l'enveloppe de ténèbres crucifiantes ;

l'exclusion du. créé, généreusement poursuivie depuis longtemps, laisse un vide que rien, du côté du ciel, ne semble vouloir combler. Mais ce vide, cette obscurité, cette désolation, servent à aug-

menter les désirs de l’âme intérieure, désirs entrecoupés de gémissements et qui s’apaisent aux % pieds du Dieu caché, dans un acte de pleine adhésion. O Seigneur, vous êtes dans cette âme, vous êtes dans le travail qui s’y fait, vous y êtes comme ouvrier, comme maître passé. Vous y êtes

comme ami, vous y êtes jusque dans les mouve-

ments du cœur qui cherche, aspire, souffre et attend. « L'heure de voir votre visage dit-il, sonnera pour moi dans la patrie; c'est assez, c'est même mieux. J'adore le voile qui vous cache, jaime et

je baise votre main qui travaille; je sens votre cœur qui bat et je tâche de mettre le mien à l'unisson; j'entends votre voix qui me rassure et

me dit: Ne crains pas, je suis près. » — Que

faut-il de plus pour fortifier, sanctifier et diriger

un cœur chrétien et sacerdotal?

Parfois pourtant, le Cœur divin daigne faire

plus encore en faveur de l’âme pure; il lui ac-

corde des entrevues intimes, quand elle s’y attend le moins; ce sont des surprises de sa libéralité toute

gratuite et spontanée. « Oh! que m’arrive-t-il

donc? se dit le cœur ainsi visité. Quelle vertu m'enveloppe au dehors, me pénètre et me comble au dedans? .… Ç’a été court, aucune lumière pré-

cise n’a dissipé mes ténébres ordinaires, mais j'ai

senti Dieu, je comprends mieux qu’il ne m'oublie pas, et j'aurai plus de force pour travailler à son règne ici-bas, soit parmi les hommes, soit en moi».

En effet, le travail de transformation se pour-

suit en silence. Ne regrette donc pas, 0 cœur pur,

ne regrette pas tes larmes et tes efforts. Tu vas devenir l’urne précieuse où le Seigneur cache ses trésors, le trône d'ivoire préparé pour sa divine majesté. Le grand jour, le jour éternel. va commencer, il commence, les années présentes en sont

le Hope. +. ci des récompenses, quand je vous verrai face à face, Ô Dieu éternel, quand je m’approcherai de votre Cœur, ô Verbe Incarné, e je vous ferai hommage de tout ce que j'ai reçu

de vous, et je vous dirai sans lassitude et sans fin: « Cœur de mon Jésus, océan. de bonté, délices de tous les Saints, vous fûtes mon pardon, ma pureté, ma transformation, ma.sanctification: soyez mon action de grâces, à laquelle j adhère

en répondant mille et mille fois: Amen. Alleluia ».

HUITIÈME JOUR

MÉDITATION DU MATIN

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