HUITIÈME JOUR. - MÉDITATION DU MATIN
peut-être au ‘prêtre des prières de règle à réci- : ter, des actes de ministère à accomplir, la lecture spirituelle à faire, des études à poursuivre, des instructions à préparer, un examen de conscience 7 à faire avec exactitude: il lui reste à implorer pour la nuit un repos pur et sanctifiant. — Et les bienfaiteurs, n’auront-ils pas, durant la visite, une large part à ses suffrages? — Et là pensée de la mort, pourrait-elle manquer de clore cette série de réflexions, de demandes et de saintes dispositions? Sortez donc, graces du tabernacle, comme un fleuve abondant; répondez à toutes ces fins,
comblez toutes ces supplications.
III. - Le prêtre visitant Jésus dans l'Eucharistie ER en union avec les autres prêtres. :
Rien de trop élevé pour le prêtre ; monté à : la cime des choses humaines, éclairé de la lu-
mière de Dieu, ayant devant lui un immense horizon, en écoutant les bruits confus, quelle note dominante frappe-t-elle son oreille? Est-ce celle de l’adoration du Tout-Puissant, du Dieu Trés- Saint? Hélas! presque personne n’y pense, ni l'agriculteur courbé sur la glèbe, ni le littérateur engoué de ses écrits, ni le négociant assis à son comptoir! I] y a bien ça et là, pour adorer, quelques prêtres, quelques religieuses ferventes, quel ques Âmes pieuses dispersées sur la surface de la terre; est-ce donc tout ce que le monde de la
raton et de la Rédemption peut offrir au ciel en hommage?
Assurément ce n’est rien en soi: mais c'est beaucoup, si ce groupe d’adorateurs prend pour
chef Jésus-Christ dans l’Eucharistie, et s'efforce de participer à ses sentiments, de s’unir à sa divine .
voix. Or, dans le Tabernacle, Jésus réside jour et nuit près de nous, élevé entre le ciel et la terre, pour accomplir sa mission de Médiateur; ét
ses dispositions sont nôtres, si nous avons soin de.
nous les approprier par la foi et par l’amour. Entrons donc, pour le faire dignement, dans ses sentiments de crainte révérencielle, d’humilité profonde, d’anéantissement complet, et nous pourrons dire: « Dieu éternel, vous ne dédaignerez pas nos
adorations: ce sont celles mêmes de votre Fils
bien-aimé ».
Mais en accusant tout à l'heure le monde
d’être tiède dans l’offrande de son tribut d’adora-
tion, nous disions trop peu; il est plus qu’indifférent, il est hostile, il est prévaricateur. Courage, levons entièrement le voile, contemplons le tableau. Voilà tous les crimes de l’humanité qui se déroulent; voilà tous les sacrilèges et les irrévérences envers la S. Eucharistie; voilà les ingratitudes et les froideurs des personnes consacrées à Dieu, elles qui ont été accablées de ses bontés.
© divin et principal Réparateur ! devant ces vides,
ces rüines, ces injures, votre œuvre est immense ; vous appelez au secours, vous demandez des cœurs
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qui s'unissent à vous; nous voici. Et pour être
plus fidèles, plus fervents, plus puissants dans l'œuvre de la réparation et de l’adoration, nous
nous sommes unis. Les jours et les heures ont été partagés; les mesures utiles sont prises pour
réveiller notre amour, si porté à la langueur ; les rangs s'étendent; nous formons une armée d’ado-
rateurs et de réparateurs qui enveloppe le monde;
chacun de nous, par la vertu de l'association, participe au résultat final, bien que Jésus y ait la grande part, l'unique part, devons-nous dire, tant il nous dépasse par ses mérites, ses prières et son esprit de religion! ñ | Seigneur, êtes-vous content de vos ministres? Dieu éternel, avez-vous entendu? avez-vous considéré? avez-vous respiré cet encens d’ agréable
odeur? Oui, vous avez tout entendu, vous avez
tout vu de ce regard de complaisance qui semble dire: « Malgré ce qu’il y a de mal dans le monde, je l'aime à cause de mon Fils; je l’aime à cause
de mes prêtres, qui font un avec mon Fils, par
le caractère sacré, par les œuvres et par le cœur ».
Conclusion.
Pieux personnages de l’ Évangile, bergers et rois admis à la crèche du Verbe incarné, malades qui touchiez d’une main tremblante de respect et de confiance la frange de son vêtement, Marie Madeleine et autres saintes femmes, fidéles à suivre
sa prédication, et heureuses de pourvoir à sa vie. terrestre, et vous, petits enfants, qu’il daignait attirer à lui, loin de vous écarter comme l’eussent voulu les disciples, je n’ai rien à envier à aucun de vous. Ma part est même plus belle, je puis être admis près de mon Sauveur, de mon Maïtre, de ma lumière, de mon médecin céleste, de mon unique consolateur, non pas une fois en passant, mais tous les jours, à toutes les heures du jour. Votre consolation fut inexprimable, il est vrai, en voyant de vos propres yeux sa sainte humanité, en entendant sa voix, en sentant le contact de sa main bénie, mais j'ai l’occasion de pratiquer une foi plus vive et plus méritoire, l’humarité même du Verbe incarné se dérobant à mes regards.
N’ai-je donc alors rien à vous envier? Ah! ce que je vous envie, ce sont les dispositions de piété, de confiance ‘et d’humilité que vous aviez envers le Sauveur, aux jours de sa vie mortelle, alors que ni les gloires de sa résurrection, ni l'établissement de son Église dans le monde entier n'étaient là pour réconforter vos cœurs.
Et vous, Saints et Saintes qui depuis avez illustré la terre, j’admire aussi et je veux imiter les sentiments si variés par lesquels s’épanouissait votre dévotion envers Jésus dans son Eucharistie, « Seigneur, je n'ai pas le temps », disait avec une ravissante familiarité, l’un d’entre vous, quand il passait près du Tabernacle au plus fort de ses occupations, et sentait une douce violence l’y attirer.
Quand d’autres quittaient les travaux de la campagne pour venir faire à l’église leur adoration quotidienne, les torrents gonflés par l'orage s'écartaient respectueusement pour leur frayer un passage, et s'ils trouvaient fermée la porte du temple,
ni le froid, ni la pluie ne les empéchaient d’accomplir leurs devoirs sur le seuil. Quelle foi et quelle piété dans ceux qui, se sentant mourir, se faisaient porter à l’église, pour avoir le plaisir d'expirer en face du tabernacle! Quel miracle et quel hommage inattendu, lorsque d’autres, dont on transportait la dépouille mortelle, se dressaient comme des vivants, en passant devant l’église, afin de saluer une dernière fois leur Bien-aimé!
En pensant à ces exemples, Ô mon Dieu! je suis ravi. Mais quand je me regarde moi-même, oh! que je rougis! Puisse du moins cette confusion m'être salutaire, me faire descendre dans l'humilité, . Secouer ma tiédeur, me rendre exact, empressé et fervent dans la visite au Trés Saint Sacrement. Alors, je pourrai dire et redire, de bouche et de : cœur, en esprit et en vérité : « Qu'ils sont aimables vos tabernacles, Ô Seigneur, Dieu des vertus! 1 mon âme désire jusqu'à la défaillance, habiter le temple du Seigneur » : Quam dilecta tabernacula ; tua, Domine virtutum! concupiscit et deficit anima | mea in atria Domini:.
1'PS/ LXXXIIT, 1,02.
EXAMEN
Les péchés Capitaux. - La Colère.
La colère n'est par elle-même ni bonne, ni mauvaise. Elle est louable, quand elle provient d'une connaissance nette du bien, du noble désir de le réaliser et d’une vive crainte de le voir en- : travé par des obstacles malicieux; dans ce cas, c’est une sainte indignation, qui inspire une audace, une vigueur inattendus, pour venger, contre qui que ce soit, la justice et la vérité. Telle fut la colère de Jésus-Christ quand, formant un fouet avec des cordes, il chassa honteusement les vendeurs du temple, parce qu’ils changeaient la maison de son Pére en une caverne de voleurs ’
Telle sera la colère de Dieu envers les pécheurs
impénitents, quand il jugera le monde *, quoique la colère ne puisse lui-être qu'improprement attribuée, son immutabilité excluant tous les mouvement de nos passions humaines.
Mais la colère devient un vice, dés qu’elle trouble la raison, soulève au-delà des limites les émotions du cœur, et excite violemment la volonté contre un mal vrai peut-être, à la répression duquel on apporte des dispositions blâmables.
Examinons si nous ne sommes pas tombés dans ce vice.
1 Luc. xIx, 46. — 2 Apoc. x1, 18 et alibi.
. Nous sommes-nous bien persuadés que la he si licite et si noble qu elle puisse être par- , fois en théorie, doit, en pratique, être tenue le plus possible à distance de notre cœur; et avons-nous médité à cet égard les maximes et les exemples des Saints les plus expérimentés dans les voies
de la perfection chrétienne ? | :
° Nous sommes-nous gardés de toutes ne - He défectueuses qu’on appelle justement «les filles de la colère», comme les ressenti-
ments, les altercations, l’enflure du cœur et les manières méprisantes envers autrui?
3.° Ne nous sommes-nous pas abandonnés! a la colère pour des causes futiles, pour un retard … dans notre service domestique, pour un ordre mal compris, pour un malentendu survenu dans l’exé-
"4 de quelque travail; moins vertueux en cela que tant de personnes du monde qui savent se posséder, dans des contrariétés beaucoup plus
. graves et des peines plus sensibles?
4 4° Ces mouvements de colère ne se. sonde pas révélés jusque dans notre extérieur, par des gestes, des paroles peu dignes, une expression de visage inconvenante, et choses de ce genre, indignes d’un homme qui doit être partout et toujours, jusque dans son corps mortel, l’image de Jésus-Christ? D
5.° N’avons nous pas déversé notre colére d'une manière ridicule contre les objets matériels qui ne se pliaient pas à nos fantaisies, ou qui se
contrariété, par exemple contre un te une plume, une lettre, une porte, un bâton, un autre
6.° Quand notre colère ne s’est pas déchaînée au dehors pas EE actes ou des DALOISSS ne s'est-
; huh funeste, s’y enracinant, le rongeant et nous faisant commettre de nombreux péchés inté- rieurs, par le dépit, lé mépris du prochain, les pro- jets de vengeance?