‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 155 sur 207 · I. - I1 fut grand Directeur · texte numérisé non relu

I. - I1 fut grand Directeur

Tous les auteurs spirituels qui ont paru après Jui sont unanimes sur ce point. L’éloge retentit ‘d'un bout du monde à l'autre et va croissant. | Citons seulement le grand Bossuet, théologien Ë si profondément pénétré de l'esprit de l’ Évangile, conseiller si judicieux dans ses lettres de ‘direction spirituelle : « Comme directeur d’âämés, disaitil aux religieuses de la Visitation, votre fondateur

La … est vraiment sublime ». Mais ce sont. surtout és faits, c’est la confiance universelle, qui témoignent du mérite de sa direction, car il devint le directeur des gens du peuple, le directeur des membres de sa famille, le directeur des chrétiens de. haut rang dans le monde, le directeur des âmes - religieuses et amies de la perfection, le ee des directeurs, le directeur des Saints. :

. # Le directeur des gens du peuple. - Ce mode

de dévouement n’expose pas aux vaines - complai-

diinces de Natgness mais il attire les complaisances de Dieu, et c’est assez pour rendre le bon |. prêtre empressé, joyeux, consolé d'y dépenser son. temps et son cœur. Il y rencontrera peut-être des âmes dont la simplicité cache un grand esprit de foi et une étonnante pureté de conscience, des . âmes qui sont même élevées, sans le savoir, à un degré d’oraison extraordinaire. François de Sales, avant d’être prêtre, se plaisait à donner aux villageois de bons conseils; car il y a entre les âmes à vraiment nobles et le pauvre peuple comme des 524 affinités, comme un courant de confiance et de cordialité, Quand il fut revêtu du sacerdoce et appliqué à l'administration des sacrements, il pét. 24 donner libre cours à sa charité en faveur des humbles fidèles. | es De grand matin, il était à la disposition des

gens de travail, on le savait, et on ne manquait

pas d'en user. Des clients venaient-ils à des heures irrégulières et incommodes, le Saint se déran-

geait, se levait de table, quittait son lit s'il le fallait, pour se mettre à leur service. On le vit. : maintes fois, déjà vêtu pour la célébration de la messe, déposer les ornements sacrés pour aller entendre ceux qui le réclamaient. Un jour, ce fut un mendiant qui l’aborda au milieu d’un cercle de personnages illustres, en lui disant: « Monseigneur, je veux me confesser ». Aussitôt Fran- çois, laissant la noble compagnie, se dirigeait avec

: . < R 1% - le mendiant vers le confessionnal. Ur autre jour,

ce fut une vieille revendeuse qui, le voyant sur __ le balcon d’une maison amie, lui fit signe de la. : main; il comprit, et peu après il était près d'elle | pour exercer son ministère de réconciliation. C'est à donc avec raison que saint Vincent de Paul a dit … dans sa déposition juridique pour la canonisation : de François: « Ce qui me remplissait de stupeur, | était ceci principalement, qu'un tel homme, si élevé, si nécessaire pour les choses les plus graves, se Jaissât occuper par des personnes de la plus basse condition, aussi longtemps qu’elles désiraient, n’épargnant aucune peine pour leur donner pleine satisfaction, si grandement il prisait la tranquillité et paix du cœur ».

2° Directeur de sa famille. — François compre- nait dans son véritable sens la maxime dont on abuse tant, que « la grâce perfectionne la nature, Join de la détruire». Quoiqu'il fût prés de sa famille, il se gardait d'y aller fréquemment, de s’y installer pour de longs séjours et de s’y abandon-

ner au sans-gêne ou à des Reibiee exté- rieures inspirées par la chair et le sang. Ses de- 4 “voir d'état et le souci de donner-le bon exemple aux ecclésiastiques le tenaient sur la réserve. Que s’il paraissait au milieu des siens pour quelque | circonstance spéciale, un événement douloureux ou joyeux, un péril de dissentiment à écarter, une

âme en peine à réconforter, son zéle et son res- | pect, unis à un doux abandon, caractérisaient sa | tenue, ses manières, son langage. Aussi, quelles | sages conseils! Quelles gracieuses réflexions! quel. tact pour traiter chacun selon son état et son rang! Dans cette courte visite, on l'a accueilli, on.

l’a écouté comme l’envoyé du ciel. Mais à la fin, quel mystère? Au lieu de gagner la porte de la maison, vous le voyez se diriger vers la chapelle et tous s y rendent à sa suite, les uns apres les. autres, pour s’agenouiller à ses pieds. C’est qu'il est devenu le confident, le directeur, le père spirituel de tous, depuis son père et sa mére jusqu'aux petits enfants. Heureuse et sainte famille, dans la direction de laquelle François apportait la grâce de Jésus, les soins délicats et la bonté de Marie, la prudence consommée de Joseph!

3° Directeurs des chrétiens de haut rang dans le monde. — On ne peut dire, il est vrai, qu’ils fussent nombreux; François avait à travailler dans à une autre sphère et, du reste, les hommes dù 4 grand monde qui désirent ajouter à la réception des sacrements et à l'élimination du péché grave

le: bienfait aline méctont suivie, pour. “a ancer dans l'esprit chrétien, sont assez rares. « Comment parler où l'auditoire manque, #04 He est auditus? >» disait agréablement François, par allusion aux pénitents de haut rang sans ouverture

pour les choses de Dieu. S'il lui fallait, avec cette

classe de chrétiens, marcher terre À terre, il S'appliquait du moins à leur faire remarquer que l’humilité du cœur cadre parfaitement avec la noblesse du sang, qu'ils pouvaient dans leur état acquerir une dévotion solide, et qu’ils étaient tenus d’em- ployer leur influence à faire respecter et aimer autour d’eux la sainte loi de Dieu. je Mais les pénitents illustres et de haute vertu que l'histoire nous cité, compensaient le petit nombre par la grandeur des mérites. C'était le duc de Bellegarde, grand Écuyer de France, ami intime d'Henri IV et son procureur pour son mariage avec Marie de Médicis, que François appelait « son fils» et pour qui il rédigéa l’examen de conscience renfermé dans ses Opuscules; c'était M'. Frémyot, président du Parlement de Bourgogne, pére de sainte Chantal; c'était le président Favre; c'était M: Des Hayes gouverneur de Montargis; c'était M: de Marillac, Garde des Sceaux. Tous ces hommes furent des modeles de vertu, et en même temps de tact, de bonté, d'humilité, de droiture dans les rapports de la vie sociale.

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ces âmes, qu’elles fussent cachées dans le cloître - ou exposées dans le grand monde, les écouter, les animer au bien, leur rendre la paix, si facilement troublée dans ce domaine, était pour lui le travail de tous les jours et de tous les pays; les voyages, loin de lui donner à cet égard des loisirs, lui réservaient une accumulation de travail, sans qu'il se récusàt jamais. Cette condescendance lui valut les remontrances du zélé mais rigide réformateur du clergé, M." Bourdoise: « Pourquoi,

lui disait-il, tant s'occuper de la direction des per-

sonnes pieuses, au détriment des ecclésiastiques ? » On rapporte que François répondit humblement : « Quand un potier ne sait pas faire des vases de choix, il se contente d’en faire d’ordinaires :

c'est ainsi que je m’applique à former de faibles

femmes au service de Dieu ». Et cependant, quelle

différence entre les deux hommes! Que reste-t-il

dans l’Église des travaux de Bourdoise, comparés a ceux de François de Sales? L’austère censeur

ne comprenait pas que Dieu éclaire et assiste 1es; Saints par des moyens à lui. Quand l'Évêque de. Genéve, avait donné des heures à la direction des âmes pieuses, Dieu lui accordait, dans l'accomplissement de ses autres ministères, des grâces

presque miraculeuses. Confessant en grande hâte à Paris un de ses fils spirituels, pour toute exhortation et toute morale il l’embrassa: ce fut assez

4, Direction des mes vouées à la perfection. — Le Saint était là dans son élément. Accueillir

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