T JOAN. XV
+ dun amour de prédilection et de reconnaissance, #4 Que ces félicitations et ces actions de grâces dilatent votre cœur dans la joie. us
Bienheureux êtes-vous, car vous entrez dans le chœur des apôtres et des martyrs. « Is s’en allaient pleins de joie de ce qu'ils avaient été rendus dignes de souffrir l’injure pour le Nom de Jésus. ‘ » A leur suite, que de ministres de
l'Évangile pris en haine et tourmentés pour leur fermeté à défendre l'intégrité du dogme, ou la sainteté de la morale, ou la liberté de l’Église,
ou la faiblesse de l'enfance, ou le patrimoine du
pauvre, ou le droit du religieux de garder sa place
au soleil, d'embrasser le sacrifice volontaire et de
s'associer avec d’autres, pour mieux exercer le
dévouement! Tous ces héros vous ouvrent leurs
rangs, vous offrent leur palme et leur couronne.
A ce titre encore jubilez, exultez, remerciez. 3.° Réjouissez-vous, car votre confiance et votre
fidélité dans l’épreuve vous garantissent des grâces intérieures de force et de paix dont, par vous seul, faibles roseaux, vous seriez incapables. Le Seigneur «ne permet pas que ses élus soient tentés au-delà de leurs forces * ». Jusque dans les temps où il semble, par impuissance ou par oubli, abandonner les défenseurs de sa vérité, il veille : il ménage des jours d’un calme relatif, où la foi respire et refleurit, en dépit du plan d’extermination formé par
I'ACT. V,.45: = 211; Cof. x, 13:
les persécuteurs. Et l’on voit, au contraire, ceux-ci périr par suite d'événements inattendus où la main de Dieu est manifeste: l’homme le moins zélé pour sa cause ne peut s'empêcher de le reconnaître. Il faut sans doute gémir de leur disgrâce, surtout s’ils ont fini dans l’impénitence; mais il convient aussi de bénir Dieu, qui donne au monde ces grandes lecons, et aux fidèles mis à l'épreuve,
. ces témoignages manifestes de sa protection. 4° Réjouissez-vous enfin, car votre récompense | sera grande, sera copieuse dans la patrie. « Les: souffrances de ce monde ne méritent pas d’être comparées à la gloire future qui se révélera en vous * ». Déjà vous en possédez les titres, le mérite, la substance, mais cachés pour un temps, sous les voiles de la mortalité. Quand le voile se déchirera, quel beau spectacle pour Dieu, pour les anges, ét pour le monde! Mais surtout, quelle joie pour vous! «Je donnerai au victorieux de s'asseoir ‘sur mon trône * », a dit le Verbe divin. Il l’a dit, il tient parole et vous invite à monter humblement, hardiment, joyeusement, là où « ni deuil, ni cri, ni douleur ne vous atteindront jamais 5».
Conclusion.
Je vous remercie, Ô mon Dieu! de m'avoir révélé, pour ma consolation dans mes épreuves, ce qui arrivera à la fin des temps. « Alors les justes
rt ROM. vit, 18. — 2 Apoc., 111, 21. — 3 Ibid., XXI, 4.
se dresseront avec une grande constance. contre. ceux qui les ont plongés dans l'angoisse et ont. cherché à renverser leurs travaux. À une telle vue, les impies seront saisis d’une crainte hor rible, ils resteront stupéfaits de cé salut inespéré et soudain. Et ils diront en eux-mêmes, touchés … d’un tardif repentir: Wosa donc ceux qu'autrefors nous lournâmes en dérision et voulimes accabler d'outrages! Nous estimions leur vie une folie et leur fin un deshonneur. Or voilà comment ils ont » été comptés parmi les enfants de Dieu ct admis ne ‘ partager le sort des Saints ! Donc, nous avons erré : 2 en dehors des voies de la verite, el la lumière de la justice na point lui à nos JEUX, et le soleil de a l'intelligence ne s'est pas levé pour nous. Pen Sera-t:il dit que quelque chose de cette et : obscurcisse mon esprit et me fasse méconnaiître le rôle des persécutions dans l Église, pour la formation des élus? Hélas! j’ai eu cette faiblesse ; oui, j'airmanqué de foi vive et de courage dans
les jours mauvais que jai eus à traverser; je le confesse et vous en demande pardon, mon Dieu. Donnez-moi, du moins, pour les peines et persécutions qui m'attendent peut-être encore, une trempe d'esprit et de cœur telles qu’il les faut dans un. | milieu persécuteur: trempe d'esprzf courageux, par | une adhésion d’autant plus ferme et plus convain-
cue aux maximes de la foi, que je les verrai plus.
1 SAP. V, I et seq.
vaillant par ma once “humble, douce. mais . Fe ferme, aux violences où, aux séductions. Dés lors, ;: rien ne m ’étonnera : rien ne.m ’ébranlera; rien ne me troublera ; vous servir avec joie et fidélité sera. ma vie et, s'il le faut, ma mort, avec votre grâce, ô: mon Dieu. Ainsi soit-il,
DIXIÈME JOUR