‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 185 sur 207 · NEUVIÈME JOUR.- MÉDITATION DU SOIR · texte numérisé non relu

NEUVIÈME JOUR.- MÉDITATION DU SOIR

noncent l'ostracisme et la privation des avantages |

communs à tous les autres membres de la soc “4

même les plus infimes. Ainsi firentils envers |

S. Thomas de Cantorbéry, exilant et. condamnant à la misère ses proches parents et ses amis, après … leur avoir fait jurer qu’ils iraient le trouver et chercheraient à le fléchir par la vue de leur in-

fortune. Sans doute, espéraient-ils, réduit à cette. ri extrémité, Thomas sacrifierait enfin les droits sa-

on LA e- , e 1!

crés de l’Eglise aux volontés d’un roi terrestre.

Souffrances de l'esprit. — « Is vous couvri-

ront de malédictions et diront toute espèce de

mal contre vous, et cela, remarque le divin Maitre, en mentant et à cause de moi. Quelle épreuve pour: l’homme sincère et droit! Le grand bien de l'esprit … c'est la vérité, et rien ne heurte ceux qui la ché-

rissent, autant que le mensonge, même dans le :

commerce ordinaire de la vie. Mais ici, c’est le

mensonge s’attaquant à l’auguste et éternelle Vé-

rité; c'est le mensonge transformé en arme contre les défenseurs de cette même Vérité: persécution

des plus usuelles et malheureusement des plus efficaces! Ce sont les blessures de la langue ou de la plume, les calomnies les plus variées, les

mieux choisies pour faire impression sur le peuple, eu égard aux idées qui le passionnent et aux maux dont il souffre. Grace à cet art de mentir, tel scandale isolé parmi les croyants devient le crime de tous et entraîne surtout la condamnation des ministres de Dieu; le principe d'autorité en

+ honneur dans r ts est donné pour contraire aux aspirations des masses vers la liberté: la fidélité du prêtre à garder les maximes de la foi, encourage l’obscurantisme; à force de montrer à’ Phomme, comme but, le bonheur éternel, la reli-

gion le rend indifférent aux intérêts de cette terre,

pour son malheur et la honte du genre humain etc. Le juste, en entendant ces calomnies, ces déri-

sions, ces bas outrages, si habilement répandus par ceux qui forment l’ opinion, et si facilement acceptés de la foule, se sent blessé au vif dans son culte de la vérité suprême et dans la loyauté

de ses sentiments; c'est révoltant, ce serait intolé-

rable selon l’homme... Mais c’est pour la cause

à de Dieu, il supportera tout en regardant le ciel!

: 2 3. Souffrances du cœur. — Elles sont grandes . le disciple de Jésus-Christ, quand il voit ceux qu'il aime, qu'il a peut-être formés, céder à

la persécution, après un essai de résistance. Pourtant ils sont loin d’être impies, ils resteraient fideles, si les temps étaient plus calmes; mais les sévices ou la séduction finissent par les abattre, et les défections les plus déplorables, les plus inattendues se produisent: défections dans le cou- N rage pour affirmer sa foi; défections peut-être pires, | qui engendrent au fond de ces âmes le doute, l'indifférence, la mésestime pour une vérité apparemment incapable de tenir tête à ses adversaires. Oh! quelle douleur pour le croyant, surtout si : c'est tout près de lui, sous son propre toit, que LR

; : $ ces chutes se produisent! « C’est donc vrai, un abime sépare désormais le fils de son pére, la fille de sa mère, l'ami de son ami, au point que cs les familiers de l’homme sont devenus ses enne-. mis!! Pardon, Ô mon Dieu, pour ceux qui vous

renient ou se taisent, au lieu de vous confesser;

pardon, car ils ne savent pas ce qu'ils font. Ac-

ceptez mes tristesses profondes, mes continuelles

souffrances de cœur, mes larmes secrètes pour

leur retour à votre sein paternel. Cou Fe 4° Souffrances divines. — Au-dessus de toutes les peines qu'on vient d’énumérer, domine la … grande peine, celle de voir l’impiété et le blas- * phème s'attaquer directement à Dieu. Quelque: forme que prenne la persécution, « furieuse comme un taureau ‘», ou acharnée « comme une meutede chiens dévorants *», ou perfide « comme le serpent 5 », elle est une injure à son Trés-Saint Nom Le de Et il faut être témoin de l'attentat, il faut voir le malin plaisir de ses auteurs à fouler aux pieds … les mérites du Sang précieux de Jésus, à se rire des condescendances de son Cœur! A cette vue, comment le disciple fidèle resterait-il insensible? il en est blessé, déchiré, abreuvé d’amertume. « Seigneur, dira-t-il peut-être, tirez-moi de la prison de ce monde * », je n'y tiens plus. — Non, lui répond une voix céleste, il faut que tu demeures; tes souffrances servent de contrepoids

1 PS. XXI, 13. — 2 Ibid:, 17. — 5 PS. CxXxxIX, 4. — 4 PS. CxLI, 8.

aux iniquités du monde, et les hommages de ton. cœur désolé valent ceux d’un peuple entier. Reste : aprés avoir été mon disciple, deviens par tes souf: rances d'Âme mon fidèle consolateur. A ce titre, & tout ce qui est à moi est à toi, surtout mes pei-. nes: ne m’abandonne pas; les heures d’agonie pas-

À seront et, dans le partage de ma gloire, la place d’honneur sera pour toi. — Oui Seigneur, je reste, à et je vous adore, et je vous bénis, et je vous offre, en union avec mes souffrances, vos peines divines devenues, par l'intimité de notre amour, le don de mon propre cœur.

- Joies de la persécution.

Elles sont multiples. O vous, prêtres et fidèles persécutés pour Dieu, écoutez-en l'abrégé d’une oreille ravie: ù | ° Bienheureux êtes-vous d'acquérir une parhs de le avec le Sauveur Jesus. Vous lui ressembliez par l'esprit de prière, de charité, de : chasteté, dans un degré qui faisait de vous l'objet de ses complaisances et l'édification du peuple; ., mais le trait de « Jésus persécuté » vous manquait ; vous l’avez enfin, et la parole du Maître s’accomplit: « S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi . » Au milieu des ténébres de ce nouveau Calvaire, il vous voit, il vous aime

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