‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 190 sur 207 · MATT. V · texte numérisé non relu

MATT. V

utile, loin de l’imposer comme maître, . de on. ouvre volontiers l’ ou puis le cœur à ses ensei-

gnements. Que s’il s’agit de la vérité évangélique, | déjà si belle par son objet qu'elle porte en ellemême sa propre justification ‘, il est facile de comprendre ce qu'elle doit gagner d'empire, quand elle a pour messager un homme personnellement aussi modeste, aussi sympathique que Philippe de Néri

Celui qui l'entend, s’il n’est pas encore dans le

sanctuaire de la vérité, se trouve sur le seuil

bientôt il frappera à la porte, et avec quelle joie il lui sera ouvert! Étudiez de près certains hom- : mes de nos jours avides de vérité, mais qui ne trouvent autour d'eux que doute et tromperie, i

vous comprendrez quel ascendant peut acquérir … sur eux le ministre de Dieu, rien qu’à leur faire

voir de près la fermeté de ses croyances, la sin-

cérité de son sheRe le désintéressement de sa

conduite, et en même temps son respect, son hu- ;

milité, son dévouement cordial pour leur âme. ° Mais la force de persuasion est bien plus … te quand, à la sincérité et à l’humilité,

s'ajoute la purete de la vie. Tous, plus ou moins, ont appris par expérience ce qu'elle coûte ‘à l’homme. Lorsque l’indifférent et le mondain sont .

TPS XVII, 10:

persuadés, pour l'avoir constai de leurs yeux,

qu’elle existe à un état parfait, stable, communi- . ‘catif, dans le défenseur de la religion, un je ne sais quoi leur impose, les attire, leur fait com- prendre que l’action de Dieu est là. La sincérité node. l’apôtre a été le panement du vrai, la pureté.

en est l’arôme. | NES:

à Or cette pureté, dans Philippe, atteignait un rare degré de perfection et de visibilité. Scrutez sa conduite, examinez sa tenue et sa démarche,

regardez seulement son visage, et vous vous écrie-

rez: « Que c'est pur!» Les quelques rides, qui

plus tard sillonneront son front, ne serviront qu’à

rendre plus frappant cet air de jeunesse, cette frai-

cheur d’innocence, cette beauté profonde du regard,

cette blancheur du teint; quand il lève la main en face de la lumière, la chair est translucide, et mé-

rite qu'on lui applique l'expression de Tertullien :

Angelificata caro, « une chair angélisée. » On eût

ui . pu, à la fin de ses jours, l’appeler comme le saint moine Romuald, la vierge centenaire. Aussi, bien ‘que toute sa vie il ait travaillé prés du tombeau =. dés glorieux Apôtres Pierre et Paul, c'était plutôt clean Évangéliste qui revivait en lui, et l’on ne s'étonne pas qu’il ait reçu une grâce insigne du Disciple si cher à Jésus par sa virginité. Désireux de quitter Rome pour se rendre aux missions lointaines, il en fut empêché par un saint religieux Cistercien nommé Ghettini; celui-ci, dans une vision, avait recu de S. Jean l’ordre d'empêcher

le doart Comet re te s" étonner, traitant avec les hommes, Philippe sentit, à l'o € agréable ou répugnante, ceux qui étaient purs ou i avaient le malheur de ne l'être pas? .Ne.taisons #4 point, cependant, que cette pureté, devenue en fi k

une seconde nature, avait eu auparavant ses com- ë bats. Il le fallait, pour que le souvenir de la lutte et le bonheur de la paix le rendissent doublement

compatissant envers les âmes tentées, ou même …

tombées, Dans sa jeunesse, par une sainte pu-. deur, il évita de s'occuper des pauvres femmes égarées par la corruption du siècle; plus tard il n’y eut plus d'exclusion ni de barrières à son zèle.

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3. Mais ce qui plaisait le plus universellement en Philippe c'était sa bonté. De là le titre. qui, dés son enfance, lui fut décerné par le suf. frage de tous: « Petit Philippe le bon», Pigpo Buono. Si la bonté et la vérité ne font qu’un, comment aurait-il pu n'être pas très bon, et d’une

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bonté diffusive d'elle-même, cet enfant, ce jeune homme à l'esprit si éclairé sur les choses de : Dieu, au cœur si dégagé du sensualisme? L’é- : goisme et l’amour-propre, qui ruinent les plus beaux dons du cœur ou les convertissent en moyens d'offenser Dieu, n'avaient rien à prétendre en à g. Philippe. Devant les contradictions, jamais aucun mouvement de colère; au contraire, envers tous une tendance à donner de sa plénitude et à se donner soi-même, qui embrassait les inférieurs comme les égaux, et se traduisait par le regard,

n'était . tant pour de on de Lo que de besoin ; les trésors de sa bonté pesaient à son lcœur, : it il ne pouvait les répandre. C'était à

tel point que, pendant longtemps, bien des per- ‘sonnes firent peu de cas de lui comme homme spirituel, voyant ressortir de sa conduite seule- ment la bonté. Tel fut le jugement que forma de lui, un jour, un de ses pénitents, en le voyant

de près. Le lendemain, quand il se confessa sans faire mention de ce jugement si téméraire, Philippe lui dit: Pourquoi ne pas Faccuser de ce que du as pensé de moi hier ? Alors seulement, il comprit qu’il avait pour directeur un Saint.

= Les biographes de Philippe, en louant sa bonté, n'ont pas manqué d'observer qu’il l’étendait, comme saint François d'Assise et saint François de Sales, aux animaux eux-mêmes. Un de ses compagnons poursuivant un jour un lézard pour . le tuer: Que Pa fait ce petit animal? dit Philippe afflige. Quand au contraire on mettait quelque petit oiseau près de lui dans ses maladies, il | souriait de plaisir en le voyant s'approcher familiérement de son visage, comme pour saluer et caresser en lui un ami.

4.° Cette grande bonté prenait en Philippe une nuance qu’on ne rencontre pas, au moins à ce degré, dans François de Sales, ni dans Vincent . de Paul; c'était la joie sous forme plaisante et allant jusqu’à la 7ovsalité. On ne trouvait rien en 5

lui de la joie du mondain, condamnée par Jé

duire. Les maximes de Philippe à cet égard et 50

pontifical. Tantôt les pratiques facétieuses et bi-

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