‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 193 sur 207 · CR · texte numérisé non relu

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visiteurs illustres. Tantôt, par ses bizarreries il exerçait la vertu de ses disciples, avec un tel

Sait par y reconnaître une profonde sagesse: son

ES plétement du sens propre, pour les rendre plus aptes à correspondre aux desseins de Dieu. Bref, certaines de ces singularités étaient récréatives, d’autres crucifiantes, toutes très heureuses comme résultat final: elles attestaient en tous, maître et disciples, une pleine dépendance de l'esprit de grâce et faisaient régner en eux tous la sainte 3 liberté des enfants de Dieu.

‘Aprés ce coup d'œil sur les diète de Phidippe, qui expliquent comment, à vingt-deux ans, sans le chercher ni même le savoir, il devint apôtre, il sera intéressant de considérer les diverses classes À de personnes qui bénéficièérent de son apostolat. D'abord son zéle s’exerça dans les rues, dans la boutique des artisans, près du comptoir des petits négociants, devant l’étalage des revendeurs, dans une salle d’école enfantine, etc. Quelquefois, un seul pauvre constituait tout l’auditoire; d’autres fois, il se formait un groupe assez nombreux, où se mélaient de simples curieux, et même des moqueurs. Quelle scène insolite, en effet, que celle d’un jeune laïque parlant de Dieu dans un carrefour, alors que les églises restaient désertes !

va intérêt. simulé, un livre À fables désir ds

à-propos et de si heureux résultats, qu’on finis-

but était de les humilier et de les dépouiller com-,

; bientôt attentifs, puis charmés, au point de se faire auditeurs assidus, et parfois catéchistes à leur

tour.

| Dans ces différentes classes de personnes, Philippe montrait une prédilection marquée pour les :# enfants et les jeunes gens. C’est qu'il appréciait ms en eux cette surabondance de vie qui, sagement dirigée, peut devenir une floraison délicieuse, une d source de vigueur et d'activité; l'avenir de la société et de l'Église est là: Æewreux étes-vous, leur disait-il, vous qui êtes jeunes, vous avez tout le à temps de faire le bien que je n'ai pas fait! 4

Autant il était attiré vers eux, autant il était. 34 attrayant pour eux. La cordialité de son accueil, la rondeur de ses manières, la bonté de son re-

gard, le sel de ses conversations, la franchise de ses allures, l’originalité de ses saillies lui donnaient sur eux un prestige incroyable, et les récréations qu’il savait leur procurer pour les rendre ensuite plus appliqués au devoir, achevaient : de lui gagner tous les cœurs. Philippe était pour eux un camarade charmant, un sage conseiller, un vrai père: es enfants, leur disait-il souvent, Juyez les compagnies dangereuses, ne traitez pas le corps délicatement, priez beaucoup, ayez horreur de l'oisiveté; le paradis n'est pas pour les poltrons. On cite parmi ses conquêtes Teo de Sienne, simple ouvrier corroyeur qui, dans son amour de la perfection, voulait se faire capucin. Philippe l’en

ads, le sachant destiné à faire le bien dans le Va . monde. Il fonda, en effet, malgré de fortes oppositions, une société de prêtres destinés à seconder

dans la ville de Sienne toutes les bonnes œuvres. D'autres jeunes gens, au contraire, embrassérent,

à l'instigation de Philippe, divers Ordres monastiques ou Instituts de clercs réguliers. On assure que

ces vocations atteignirent le nombre de trois cents, | © dont une bonne partie fut pour l'Ordre des. Do- : minique. “ts | Une autre classe de personnes du siècle attira

l'attention de Philippe, celle des savants et des lettrés. La Renaissance les avait fait rétrograder présque partout vers le paganisme, dont ils se faisaient les copistes serviles, presque les adorateurs. Que de riches talents perdus! Les ramener. aux vérités et aux beautés du catholicisme, c'était. rendre un immense service, non seulement à eux, mais à l’Église. Car, à l’heure où les puissances | terrestres se montraient infidèles aux principes de la foi, pour obéir à la loi de l’intérêt et suivre une politique de mensonge, les hommes d'intelligence pouvaient. reconstituer à l’Église une puissance morale capable de résister aux attaques croissantes, et de diriger les hommes dans la voie du salut. Philippe donc, qui avait vendu pour les pauvres tous ses livres, sauf la Bible et la Somme de S. Thomas, cultiva avec soin l'amitié des savants. Sans s’attribuer une compétence qui lui manquait, il savait employer avec chacun d'eux le langage

feur | ed ensuite dé D. É de re talents. La FES $ L'étude de la poésie, des sciences naturelles, |

- de la botanique, et surtout celle des antiquités chrétiennes fleurirent donc de son temps, grâce re ses encouragements. Ainsi des hommes enrichis de

dons précieux, que probablement ils auraient tournés contre la religion, les employérent à la sou-

tenir et à la glorifier.

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