‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 195 sur 207 · RS EE · texte numérisé non relu

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ippe n'était

ger et même pour le confrère, avec le mot s7/exlium écrit en grosses lettres au fond du corridor; elle avait un caractère propre. Là il prenait son court repos, pourvu que la véhémence de son amour ne l'en empêéchât point, car parfois on. 1 l’entendait dire familièrement: Sezonenr, laissez-

mot dormir. Là, après avoir préparé lui-même ss petite table, il prenait debout son repas, où ne figurait jamais ni la viande, ni les œufs, ni le late tage. Là encore il lisait et vaquait à l'oraison. Mais surtout il accueillait ses disciples à toute : heure. Ils s’y sentaient plus chez eux que luimême; et certains séculiers ne pouvaient passer à un jour sans y faire une apparition; c'était ES : moitié de leur vie, et la meiïlleure. Sur le seuil,

‘avant même d'entrer, une vertu bienfaisante leur saisissait l’âme; quand ils trouvaient le Saint en à prière, ils se consolaient en le regardant. Mais généralement il s'y formait un cercle amical et spirituel, où Philippe faisait peut-être plus de bien 4 qu’à l’église. Ce n’était pas les grandes scènes de la vie du Sauveur, entouré de ses disciples surla : montagne, ou sur le bord d’un lac, mais c'était 1 le même esprit. Le maître, l'ami, le père, Philippe, assis sur son lit ou tout près, abordait, tantôt avec une gravité suave, tantôt sous forme joviale, quel- . que sujet, en s’interrompant quand la violence ë des battements de son cœur, tout pétri d'amour

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divin, lui enlevait la réspiration. Puis il permettait aux disciples de le questionner, ou les laissait continuer librement entre eux la conversation; tous les cœurs étaient émus, pénétrés, ravis.

Le rôle de cette cellule était grand aussi, comme confessionnal pour les hommes: Philippe

y était plus libre de parler à haute voix et de secouer l’apathie de ses pénitents ou de les ca-. resser par manière d'encouragement. Certains Jours, avant que l’église s’ouvrit, il en avait déjà confessé une quarantaine, qui sortaient pleins d’ar-

. deur pour le service de Dieu. On comprend le mot de l’un d’entre eux: cefe cellule est un paradis. Que . d'’âmes en effet y retrouvérent la grâce et y appri- rent le moyen de gagner une place de choix au ciel! : 5. Pélerinages des sept Basiliques. — Philippe faisait grand cas de la visite des sanctuaires de Rome, à cause des enseignements exceptionnels qu’ils renferment et des indulgences dont ils sont enrichis. C'est lui qui, avec quinze compagnons, - avait commencé l’œuvre de la Tyinite des Pélerins, pour les étrangers attirés à Rome par les grâces du jubilé. Il imagina donc d'organiser, pour les 1 dévots de l’Oratoire, le pélerinage en groupe, des | 1148 sept Basiliques. Visiter à pied S. Pierre, S. Marie 3 in Trastévère, S. Paul hors les murs, S. Sébastien, | de. S. Jean de Latran, Sainte-Croix de Jérusalem et a Sainte-Marie-Majeure, parcours de 10 à 11 milles

(environ 15 kilomètres), c'était une vraie pénitence,

digne d'un pélerin qui desire gagner les die

ie gences ‘comme prix de ses labeurs. Mais JE 1É en commun ie les ennuis. de la route et

l'herbe, eat té he on euùt dit is agapes des premiers éhrétiens, Jusqu'à deux : mille __— personnes, plébéiens, nobles, prélats, religieux, groupérent ainsi autour du Saint. C'était trop beau

pour ne pas exciter la critique: « Philippe, diren à

certains jaloux ou petits esprits, cherche à se

faire par ce moyen une popularité, pour arrive

aux dignités ecclésiastiques; ces repas favorisent l'amour de la bonne chère; cette piété est mêlée

de fanatisme et peut renouveler les sectes des

pérégrinants ou autres, si formidables au moyen-

âge. Que les supérieurs avisent ». En effet, les pélerinages furent prohibés, Philippe s’entendit vertement . tÉPHHDanReE par l'autorité ecclésiastique, et fut même interdit comme confesseur. Mais Le

+ se montra patient et obéissant, ses disciples prie-

rent beaucoup ; au bout de 15 jours, la tempête était calmée, les pouvoirs de confesseur étaient rendus au Saint, et la bienveillance des supérieurs pour lui devint plus grande que jamais. :

6.° Au chevet des malades. —- On à dit de Philippe qu’#7 semblait né pour consoler les affigés. Or quelle affliction que celle: de la maladie, pour : l'homme qui, par nature, aime si fortement sa vie corporelle et est si dé | sn agissant! Quelle heure “sole que celle de l’agonie, ot

her consacrât des journées entières à soigner 2)

; et à réconforter les malades, et que, plus tard, As

encourageât saint Camille de Lellis à se vouer à

l'assistance des moribonds: il avait vu deux anges

le seconder dans ce ministère et l'avait dissuadé d'y renoncer pour entrer chez les capucins. Aussi quand il le vit revenir du cloître franciscain à cause d'une. plaie incurable à la jambe, il lui à ce doux reproche: /e ée l'avais dit, mon fils:

n'y resteras pas. Quant à lui, son ministère sacerdotal l'empêcha de se consacrer au soin corporel des malades comme dans sa jeunesse, mais leur assistance spirituelle eut toujours une place de choix dans ses sollicitudes et motivait la plupart : de ses die dans Rome. Pie IV l'appela pour | se préparer à la mort; S. Charles son neveu était B aussi. Mourir entre les bras de deux ste À quelle grâce | ;

Un autre malade, tout jeune énfaet: éprouva aussi, par un grand miracle, la charité de Philippe son confesseur: c'était le petit prince Paul Mas- simo. Comme son état s'aggravait à chaque minute, on envoya chercher Philippe, mais il disait . la messe et quand il accourut, l'enfant était mort. Il se mit à prier prés de lui un quart-d’heure, Jui aspergea d’eau bénite le front et les lèvres,

ie je voudrais m'en confesser. Le saint l' entendit, . s’entretint ensuite avec lui une demi-heure; il ré- pondait librement et son visage avait repris des : couleurs. Soudain Philippe changeant de ton lui dit: Æs-lu content de mourir? I répondit: Owi. Et de nouveau, pour augmentér les mérites du sa- 1 crifice, Philippe reprit: Meurs-tu volontiers ? Quand | l'enfant eut renouvelé son offrande: Va donc, acheva le Saint, # es bienheureux, prie Dieu pour mot. Et sans un mouvement, le petit Paul expira.

7° Le palais des Princes..- Nous venons de voir Philippe fréquenter le palais des princes terrestres : et du Souverain Pontife, comme consolateur des . malades. En dehors de là, il y paraissait peu, ‘et

quand il s’y montrait, loin de s’y conformer à

l'étiquette, il s'y permettait de ces bizarreries qui

lui étaient si familières: personne, pas même les

cardinaux, pas même le pape, ne s’en offensait: Clément VIII au contraire répondait sur le même ton à ses billets plaisants; c'était entre eux un à assaut de bonne humeur et de fines réparties. Tous savaient qu'une profonde sagesse se cachait dans ces originalités, quoiqu'on ne le comprit pas … toujours sur l'heure. Quinze papes, durant la lon. gue existence de Philippe, se succédèrent sur la Chaire Apostolique. Aux uns il avait prédit la tiare, à d’autres il rendit la santé ou donna les plus sages conseils pour la réforme du clergé, en évitant toutefois de s'ingérer dans les affaires temporelles du Saint-Siège.

Mis dans. certaines circonstances graves, il savait prendre de la hardiesse et user de son < crédit. On le vit dans la question de l’abjuration “+ d' Henri IV. Henri d’ Albret devait, par droit de nais-

- sance, hériter de la couronne de France, mais il était huguenot, empêchement radical. Il le fit dis- ne. paraitre en embrassant le catholicisme, et son abju- |

ration fut acceptée à Saint-Denis, sauf ratification

du Souverain Pontife. A Rome un parti puissant

se montrait contraire et apportait des raisons d’un

certain poids. « Peut-on tenir pour sincère une

abjuration faite à la dernière heure, quand une

couronne va en être le prix? Et si un prince, tou--

jours protestant de cœur et de tendances, préside

aux destinées de la France, qu’en sera-t-il de la

fille aînée de l’Église et de son influence sur les

intérêts chrétiens dans le monde? » Philippe, qui

restait étranger aux questions d'intérêt purement

temporel, comprit que celle-ci touchait à un intérêt catholique de premier ordre; et il se prononça pour l'affirmative. Comment, disait-il, repousser un hérétique qui demande à abjurer, sous pré texte que peutétre il n’est pas sincère? Un motif intéressé contribue parfois à l'exécution d’une bonne chose, sans pour cela la rendre illicite et digne de réprobation. L'’exclusion du trône prononcée contre un tel homme, loin d'assurer la paix, peut aggraver la guerre par les luttes entre compéti- . teurs. Et si c’est un prince étranger qui prévaut, __ pouf légitime que soit son intronisation, lui don-

‘nera-t-elle plus d’ascendant sur un tel peuple, dans de telles conjonctures ? Au contraire, Henri d’Albret, enfant de la nation, en ayant le génie 1 et désireux de conquérir la popularité, aura Pintelligence de gouverner son peuple selon les traditions qui lui sont chères et qui. firent. toujours à gloire du pays.

Non seulement Philippe pensait ainsi, mais sil sut le dire. En vain osa-t-on lui faire des scènes violentes; en vain fut-il averti qu’il courait risque e être assassiné. Il tint ferme, fit visites sur visites à Clément VIIL, et alla jusqu'a commander à Ba. ronius, alors confesseur du pape, de lui imposer en conscience l'acceptation du prince Henri dans. le giron de l’Église, Avec une hardiesse insolite, il ajouta qu'il assumait l'obligation de rendre compte à Dieu de celte décision. Clément, lui aussi, incli-

nait à exaucer la demande; cependant, pour obtenir de Dieu plus de lumières, il se rendit piedsnus du Quirinal à S. Jean de Latran, monta ainsi la Scala Santa et visita ensuite cinq autres églises.

S? j'avais, dit-il, d'autres vues que la gloire de Dieu et le bien de la chrétienté, que ma lançue se dessèche et que je meure. Enfin, il adopta l'avis de Philippe ; seulement, l’acte solennel de la réconci-. lation n'eut lieu que quelques mois après la mort | de l’homme de Dieu. “4 La mort, elle s'approche donc, et il faut nous | séparer de notre Phi Sant ss notre incon

ou Lareile de tete ons en Sat. î pers Téloge dans un opuscule intitulé: Pre

les forces ia grand ouvrier évangélique. Après avoir vécu 80 ans, travaillé sans relâche au bien

des âmes pendant 60. ans, avoir été l’intime et le |

conseiller de S. François de Sales, de S. Charles, de S. Pie \Mrdé ss. Félix de Cantalice, de S. Ca-. mille de Lellis, de S.® Catherine de Ricci; après avoir rempli Rome et le monde de ses Fo de ses bienfaits et de ses exemples, il donna des signes d'un changement d'âme qui révélait les apue de la patrie.

l On le voyait habituellement absorbé en Dies

5 pleurait rien qu'à voir une relique, à entendre une parole de l'Écriture, à recevoir un signe d'estime qui le confondait. On regardait comme un miracle qu’il n’en perdit pas la'vue, Quand

on lui suggéra de dire comme S. Martin: Se eneur, si Je Suis encore nécessaire à votre peuple, que votre volonté se fasse; il repoussa le conseil,

ou les ee détails. Avec sa nature délicate, il Jui avait “honte répugné de boire dans un verre qui sérvit en même temps à d’autres. Il voulut en a avec cette répagnance et done a l’un de ses

mais. duel délicieux | souvenir!

reliquel PA LUE US RE aus à sa faiblesse, ï sortait se né

Jaient “bies jusqu’à la fin de ses avis. a . répétait à satiété les mêmes maximes, semblable

S. Jean lÉvangéliste au milieu de ses discipl sur la fin de sa vie: Fréquentez les Sacremen

VOUS be bas el lisez souvent les vies des Saints,

jour de la Pentecôte 1594, il dit à celui qui l' sistait: Frère, à quel jour du mors sommes-nous ? - Au quinze, répondit celui-ci, et Philippe de poui suivre: Quinze et dix font vingt-cinq. et puis, nous nous en irons. I] voulut, malgré son affaiblisse- à ment, qu'on laissät entrer tous ceux qui désiraient se confesser. Le 25, fête du Trés-Saint Sacremen il dit la Messe pour la dernière fois, avec une fer-” veur d’un nouveau genre. À certaines paroles du Gloria, au lieu de réciter, il chantait, puis il reprenait la récitation, puis il chantait de nouveau ; c'était d’une étrange, maïs ravissante beauté, À 3 heures de la nuit, quoiqu'il semblât mieux, il demanda. l'heure. Trois hennes ter de sors

nous en irons.

En. effet le’ mal S'asgrava à notre grand Saint muni des sacre

sis sur son lit, ayant près de Br. ‘pour lexhorter on cher Baronius, après avoir levé les yeux sur

es fils éplorés qui lui demandaient une dernière énédiction, sans agonie, rendit le dernier soupir.

* Re un la Providence d’avoir din äson glise, en Philippe de Néri, un modèle si achevé, | i accessible à tous, du vrai prêtre, « médiateur de Dieu et des hommes : >, répandu parmi les gens du monde jusqu’à ie l'un d’entre eux, et non moins uni à Dieu qu’Antoine le patriarche des solitaires; ornant de sa sainteté le temple de Dieu, mais la faisant fleurir aussi, et d’une inière plus merveilleuse, jusque sur LE grands

S. André Avellin, dans un élan de piété et de reconnaissance, avait gravé son nom sur le mur du sanctuaire où il venait de recevoir l'Ordination. Un jour l'édifice croula, maïs le pan de muraille qui portait l'inscription commémorative resta debout. Le prêtre, lui aussi, doit marquer de son influence sacrée, non seulement le temple

révolutions éclatent, que les dynasties disparaissent, que les institutions s’écroulent ou se trans- , un pan de mur restera debout, à l’hon-

et au bonheur de la terre, celui où

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