IV. - Communion. Me
| Pendant que Marie était absorbée dans l’of- * frande de son sacrifice, un vieillard, un juste, qui attendait depuis longtemps le règne de Dieu, vint ‘au temple. Une inspiration du ciel l'y avait attiré, il avait obéi sans retard, et il arrivait à l’heure à providentielle. Rien d'extérieur ne lui annonçait le mystère, et pourtant il comprit tout: dans l’Enfant Jésus il adora son Dieu, et cédant à l’ardeur __ de ses désirs, il le prit respectueusement des bras de Marie. Qu'elle fut heureuse de satisfaire ainsi l'amour de ce juste, de seconder les intentions de son Fils lui-même! Et le vieillard tenait son Sau-
veur entre ses bras, le pressait sur sa poitrine, comme s'il eut voulu le faire entrer dans son cœur et l'y fixer à tout jamais. La durée de cet embras-
sement, nous l’ignorons; qu'importe? pour opérer - de grandes choses, le temps d’un éclair suffit au cœur du juste, plus encore au cœur de Dieu.
Oh! s’il se- passait pour moi quelque chose de semblable, au moment de la communion! Alors ce n’est pas entre mes mains, ce n'est pas sur mon cœur, que je possède mon Dieu; l’auguste | Sacrement est ex #01. Mais. /a chose du Sacrement y est-elle aussi? lui ai-je préparé la place par ma fidélité habituelle aux inspirations de l Esprit-Saint? ai-je fait entrer en moi la plénitude 4 des grâces, par la sainteté de mes désirs et par mon renoncement à toute chose terrestre? La fer-
| TROISIÈME JOUR. - MÉDIT
veur sensible, je le sais, n’est pas indispensable, ù
et ce corps grossier qui est le mien, bon gfé mal
gré, appesantit mon âme ‘; mais il y a pourtant une. mesure d'esprit de foi, d’adoration, de dévotion compatible avec ma misère et dont je ne devrais jamais être dépourvu. Hélas! peut-être que, dans la nef, une pécheresse convertie, un enfant pieux, qui viennent de participer comme moi à la sainte Table, me dépassent de beaucoup en piété! Et trouvant toutefois leurs dispositions inférieures à ce qu'ils désirent, ils offrent à Dieu comme supplément, la ferveur qu'ils supposent en moi, ministre des autels!! Je les trompe et j'en rougis en secret; mais je ne me découragerai pas. Si je suis incapable d’être le supplément des autres, vous, mon Sauveur, vous êtes capable d’être mon supplément, et vous le désirez. Quelle consolation!
quel stimulant pour me rendre plus confiant, plus
désireux de communier à votre esprit, plus ie de m’'approprier vos vertus!