I. - Retraite ecclésiastique
Au mot de Retraite le mondain reste sourd, ou passe avec dédain. Qu’y a-t-il de commun entre lui et cette réclusion volontaire, cet assu- | jéttissement à une régle gênante, sans nouvelles
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méditations austéres, de procéder à des examens laborieux, puis d'en venir à des résolutions oné-
reuses et précises ? dou A F4 Le vrai chrétien, éclairé d une meilleure lu-
“miére, accorde volontiers à la retraite quelques ; heures, pendant quatre ou cinq jours: alors. il 6 écoute, il réfléchit, 1 purifie son cœur, il entrevoit | | et il aime l'idéal chrétien. L'influence de cette : retraite n’eût-elle fait qu'effleurer son âme, sans
aller jusqu’à la racine du bien et du mal, ce serait pourtant un bienfait réel, un acte utile pour empé-
Pour l’ecclésiastique, franchir le seuil de la. retraite, c’est entrer chez soi. On lui montrera des
sommets à atteindre, des mystères sublimes à contempler, des devoirs ardus à remplir. Loin de reculer, il gravira : là-haut est son climat natal, l'air vivifiant de la grâce, la vue claire des. choses dans un horizon sans bornes. Quelle fa veur insigne ! Il est vrai, qu'à côté des hauts sommets il rencontrera des abîmes, les profon-. deurs de la conscience, dans lesquelles il: luise faudra souvent descendre, pour confronter les actes avec les devoirs. « Mon âme, pourquoi craindre et pourquoi me troubler? Espére en Dieu. 1»
C’est lui qui t'invite au dehors par la sainte Église
LPS NRLTIMG:
et par ses représentants; c’est lui qui te presse au dedans par les attraits de sa grâce. Déjà il ta préparé des secours abondants et surabon- dants, sans te demander d'autre apport que des misères à guérir, des lacunes à combler, des dispositions vertueuses, bien faibles encore, à arro-
ser et à fortifier, surtout une sincère bonne vo-
lonté pour coopérer à l’action bienfaisante du ciel.
| Seigneur, je crois, je vous remercie et je veux 4 correspondre à vos avances miséricordieuses. She À mon entrée en retraite j éprouve, malgré tout, | un sentiment de crainte, qu'au moins cette crainte
ne concerne pas l’assujettissement de mon corps
les sacrifices de la volonté qui me seront certai- nement demandés; que ce soit une crainte révé- rencielle, inspirée par la sainteté des mystères que j'aurai à contempler, et par l'excellence des | vertus dont je devrai me pénétrer. Complète est mon indignité, absolue mon insuffisance, déplorable mon infidélité jusqu'ici. Mais si vous le voulez, Seigneur, vous pouvez me guérir et renouveler la face de la terre, c’est-à-dire de mon âme. J'espère ce bienfait de votre infinie bonté.