‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 6 sur 207 · CONSIDÉRA · texte numérisé non relu

CONSIDÉRA

| soit parfait et rendu capable de tout bien. * » Quel. trésor surajouté par là Providence aux richesses de la tradition! Mais que deviendrait ce don divin des Écritures, livré à notre raison orgueilleuse … ou à notre piété changeante? Dieu y a pensé et. il en a confié le dépôt à son Eglise, en lui donnant un esprit venu d'en haut, pour en comprendre la valeur et en régler la dispensation, de sorte que la parole inspirée soit tour à tour le pain des forts et le lait des enfants. Notre sainte mére |’ Église plaint sincèrement l’érudit sans foi,

qui, penché sur les pages sacrées, consume tant

d'efforts à scruter les mots, comparer les dates, mesurer les distances, rechercher les traces des * }

personnages et des cités, sans que, pour lui, la

moindre vertu surnaturelle s'échappe du livre et. lui révèle Dieu présent. Puisse pourtant. le ciel Je

récompenser un jour des services rendus! L” Église bénit au contraire le docteur catholique, qui fait

servir ses dons de nature et ses connaissances

acquises à rendre plus clairs, plus vénérés, plus

salutaires les oracles divins : c’est pour elle-même un honneur. Mais ceux de ses fidèles ou même de

ses ministres qui n’ont ni ces talents, ni cette mission, sont loin d’être pour cela, dans le domaine sacré, des déshérités, Prenant avec foi les saintes Lettres, et les parcourant avec un œil simple et un cœur pur, ils méritent d’en voir les diverses par-

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et. cette unité les ravit. Quelle consolation aussi pour eux de retrouver les sentences de |’ Écriture, ses figures, ses expressions si heureusement

employées sous des formes diverses par les saints

Docteurs, et répandues dans la liturgie comme

une leçon persuasive, un ornement sacré, un arôme . vivifiant, un doux reflet du ciel! Les applications mêmes que leur suggère leur piété, en écrivant

ou en priant, sans avoir cette autorité, n’en sont

pas moins un témoignage de leur sens chrétien

et une douceur pour leur âme. Il est vrai que,

plus on étudie les oracles divins, plus on pressent,

par delà ce qu'on saisit, des mystères profonds qui se cachent; mais cet incompréhensible même,

est pour le disciple un enseignement et une joie; il s’humilie en se voyant si petit, si borné devant … l’infinie vérité; il adore Dieu plus profondément dans sa lumière inaccessible; et il se complaît jusque dans celles des perfections ineffables qu’il

entrevoit à peine.

Si ces choses sont vraies de toutes les Écri- tures, on les retrouve plus excellemment dans À #4 Évangile, qui en est le centre et comme le sanctuaire, les autres Livres n’en étant que la pré- paration et l’épanouissement. Là vit le Sauveur: on le voit, on l’approche respectueusement pour toucher du moins la frange de son vêtement. On entend sa parole: « parole vive et efficace, plus pénétrante que le glaive à deux tranchants; at-

teignant jusqu’à la division de l’âme et de l'esprit ; entrant dans les jointures et la moëlle, arrivant à démêler les pensées et les intentions du cœur, car rien absolument n’est. invisible aux.

yeux divins ‘

Cette action de l' Évangile et de la parole h divin Maître doit être permanente, mais c’est surtout dans le silence d’une retraite qu’elle a lieu de s'exercer pour nous d'une manière forte et déci-

sive, Elle est alors plus que jamais, comme vient de nous dire si bien l’Apôtre, une parole vivante, qui secoue notre torpeur et notre apathie. Parole efficace, elle ne retourne jamais à Dieu sans résultat; les enseignements et les grâces de la retraite sont pour l’âme, selon l’abus ou le bon usage, une ruine ou une résurrection. {us pénetrante que le glaive à deux tranchants, cette parole divine découvre et sépare en nous, pendant la retraite, surtout par le moyen de l'examen, les pensées et les actes, les œuvres de la chair et celles de

l'esprit, afin de mieux peser tout dans la balance. Elle va même 7wsgu’ aux jointures, pour constater

l’ordre ou le désordre de notre vie, l’enchaînement ou le décousu de nos œuvres, et leur in-.

fluence sur le travail de notre progrès ou le malheur de notre décadence. Quoi de plus? Elle arrive Jusqu'à la moëlle, scrutant les intentions, celles même qui échappent à la connaissance de:

1 HEBR. IV, 12 et seq.

reduie à ses propres, lumières, afin de.

s redresser, de les purifier, de les ‘ennoblir, de s diviniser. |

Parlez donc, Seigneur, votre serviteur vous

écoute’. J'aime sans doute à entendre les patriar- ches et les prophètes m'entretenir de vous; mais

à combien plus il m'est doux et salutaire de vous

entendre vous-même! Parlez-moi por Mbn Ho

pre bien, Ô Sauveur de mon âme; parlez-moi, Ô 1 éternel, dont je suis ici-bas le légat et le continuateur. Montrez-moi ce qui me manque | LT être un dispensateur prudent et fidèle. Corrigez-moi du mal que je fais et du bien que j’omets, ou que je gâte, Vosre verge el votre houlette me consoleront loin de m'afiliger *, car elles remet-

tront mes pas dans le vrai sentier et me presseront d'y avancer, pendant que le jour luit en- core. «Il est temps d'agir, 0 mon Dieu! mon cœur est prêt, oui, mon cœur est prêt 3».

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