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gnon ni Barnabé, ni Sylas, ni Tite, ni Timothée,
ni Luc, mais, assure-t-on, le Prince des Apôtres
lui-même ; quelque chose d’extraordinaire se prépare donc. En effet, Néron a rempli de ses im-
puretés monstrueuses et du sang de ses victimes « la grande Babylone » ; le mal y est à son comble; c'est l'heure de Dieu, qui envoie les deux
Princes des Apôtres pour asseoir. a tout jamais dans Rome les bases de l'Église universelle.
Ce coup d'œil rapide sur ce qui nous est
connu des courses apostoliques de Paul, jette
dans la stupeur. Pourtant, les distances franchies ne sont rien en comparaison des obstacles de tout
genre qui se succèdent. Les éléments semblent se
conjurer contre l’Apôtre: cinq fois il fait naufrage et une fois il reste un jour et une nuit presque
“enseveli dans les profondeurs de l'océan. Sur terre,
les assassins le guettent et menacent sa vie. Dans
les cités, la calomnie alterne avec les sévices, et à l’exemple de son Maître, il se voit trainé comme
un scélérat devant les tribunaux de diverses juridictions. Que dire de ses prisons? Elles durent parfois des années et il les remplit de ses chants d'actions de grâces ou de ses œuvres de conversion. Que si, dans le cachot, il se tait et médite, c'est qu’il veut envoyer au loin ces Epitres mémorables, qui seront à tout jamais l'instruction et la consolation de l'Église de Dieu. Aussi, en y énumérant ses titres, a-t-il soin de dire: « Moi, Paul, l’enchaîné du Christ », comme on le voit dans les
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lettres aux Philippiens, aux Colossiens, à Philémon et à Timothée. Il écrit aussi, sur la fin de sa vie, aux Hébreux. Sa qualité d’Apôtre des Gentils ne le constitue pas leur chef direct, et il a dû regret heurter plus d’une fois leurs idées trop : étroites sur le caractère du christianisme; maïs ils
sont toujours ses frères et il leur réserve un des
derniers épanchements de son cœur.
Tant de travaux touchaient à leur fin. Pierre
et Paul furent incarcérés, Paul le premier, Pierre
ensuite. Vint le jour du supplice, le jour du triom-
phe. On sait comment Pierre fut crucifié la tête
en bas, Paul décapité à quelque distance de la cité. | | ; | L
Ce qu’est devenue leur tombe, Saint-Pierre de Rome le dit; Saint-Paul hors les murs le proclame,
et les deux Princes des Apôtres, se survivant dans l'Église catholique, redisent de concert: Victoire au Christ; grâce, paix et salut aux âmes dans le monde entier, pour les siècles des siècles. |
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MÉDITATION DU SOIR. | à
LËS BÉATITUDES: — HEUREUX CEUX QUI SONT DOUX, À 13 CAR ILS POSSÈDERONT LA TERRE. ee.
Cette terre promise, dont la possession doit faire l'apanage de la douceur, ce n’est pas seu- ci lement la terre de notre cœur, avec ses facultés si riches, mais si tumultueuses et si insoumises : c est l'assemblage des personnes qui partagent
t QUI SONT DOUX.
«notre vie et nos travaux sur cette terre: finalement, c’est le ciel, justement appelé « la terre des vivants
d Pour mieux acquérir et faire régner cette béa- | titude, considérons ce qu’est ou doit être, dans notre vie, 1.° la douceur naturelle, 2° la douceur
surnaturalisée, 3.° la douceur conquise, 4.° enfin la douceur transmise.