Le malade de langueur. - L'âme atteinte de
ce mal n’a, il est vrai, aucune plaie locale . béante, elle ne laisse pas absolument de côté ses … devoirs d'état ou de piété, mais elle se traîne plus qu’elle ne marche dans da vie spirituelle ; ses actes sont languissants comme ceux d’un malade, et les longs soupirs qu’elle y mêle, font comprendre qu’elle trouve le fardeau bien pesant, les exigences de la loi bien ennuyeuses : elle semble dire à chaque instant: Ne sera-ce pas bientôt fini? Maladie grave par les dommages qu’elle prépare; inquiétante par le nombre malheureusement très étendu de ceux qu’elle atteint. «Il y a parmi vous, disait déjà S. Paul, beaucoup de faibles, beaucoup d'infirmes, beaucoup d’endormis *. »
2.0 L'aveugle. - La cécité qui va jusqu’à l’ignorance complète du devoir, par manque d'étude ou de réflexion, rend l’homme responsable de tous les faux pas qui en résultent, pour lui et pour ceux dont il a la charge. Mais le prêtre qui vit sans esprit de foi arrive à quelque chose de pire; « son cœur s’'obscurcit; voyant, il ne voit pas *». Il n'ignore pas absolument les vraies maximes de conduite et l'étendue des devoirs: seulement cette vue est confuse, impuissante à le bien diriger; ou, “ si elle est claire en théorie, elle reste sans influence F effective sur sa volonté, et elle lui laisse des illusions déplorables sur la gravité de ses infrac-
1 I Cor. x1, 30. — 2 MATT. XIII, 13.
tions. Que de temps perdu! que de tâtonnements! que de déviations! que de chocs contre les pierres du chemin!