Le boiteux. - Ï n’a aucun membre amputé
ou totalement perclus, mais un de ses pieds est inégal, imparfait, affaibli ; d’où résulte une marche lente, irrégulière, disgracieuse. Or ce désordre est fréquent dans les Âmes, et sa gravité croît en raison de l’importance de leurs devoirs. La proportion manque entre les belles idées et la pratique, entre les paroles et les actes, entre les promesses et l'exécution, entre l’ardeur entreprenante d’un jour et l’insouciance du lendemain. Toujours quelque chose boite, la marche en souffre et celui qui le voit en est attristé. Dans l’an- cienne loi, le prêtre boiteux ne pouvait offrir le sacrifice; la victime languissante et boiteuse était rejetée du Seigneur ‘. Qu’ en sera-t-il de moi, 6 mon Dieu, à ce point de vue, que je me considère comme victime ou comme sacrificateur ?
4.° L'homme au membre dessèche.- Lorsque dans un membre le sang ne circule plus, la force et la vie s’en éloignent, il se raidit et s’endurcit de jour en-jour. Hélas! tel est peut-être depuis longtemps mon état. Je sais qu’il y a des sécheresses spirituelles exemptes de faute, et même profitables au progrés, par la foi, l'humilité et la générosité pratiques qu’elles donnent lieu d'exercer.
2 LEVIT. 1,18; Mac. 1, 8.
'tlieureusen ent, l’aridité où je vis, la froideur 4 que j'éprouve dans l’oraison, pendant la lecture, à la vue de mes fautes dans l'examen, et même en
montant au saint autel, est d’un tout autre genre. Des ossements arides remplissaient le champ décrit par Ezéchiel *; à l’ordre du prophète ils se levèrent et s’unirent, pour refaire des êtres vivants. Puisséje par mes prières et ma bonne volonté, obtenir enfin cette grâce, dans le champ aride de mon âme! 5. Le paralytique. - Son mal est plus grave encore que le précédent, car il est plus étendu, il est devenu chronique, et il a pour suites déplorables une immobilité et une insensibilité complètes, sorte de mort commencée et progressive. Que d'âmes souffrent déjà de cette maladie, au début d’une carrière sainte! Que d'autres y tombent avec le progrès des années, jusqu’à n'être plus à la fin qu’une ombre d’ elles-mêmes, de leur zèle et de leur ferveur passés! “.
Ces divers états maladifs ne constituent pas,
à sans doute, des péchés actuels déterminés et homi- re .cides par eux-mêmes, mais ils ont pour cause les péchés passés et ils sont le principe de nombreux péchés futurs qui finiraient par conduire à la damnation. Heureusement, le céleste médecin a donné au sacrement de pénitence une vertu spéciale et inépuisable pour remédier à tant de maux: le tout est de savoir l'utiliser. Donnez-moi, 6 mon
1 EZECH. xxxvuf 4.
Dieu, de ne rien omettre à cette fn. ’est moi une question de vie ou de mort.
IT. - Désir de la guérison.
__ J'entends Jésus me répéter: « Veux-tu gué- . rir?» — « Vous qui savez tout, mon Dieu, vous n’ignorez pas combien je le désire ».— « Non, tune le désires pas comme tu dois le désirer. Tu désires l’heureux résultat, mais tu n’emploies pas comme il faut le moyen indispensable et providentiel, je veux dire la confession. T u hésites à te jeter tout entier dans la piscine salutaire. C’est là pour-
F tant que tu peux recevoir un nouveau baptême, __ laborieux sans doute, mais pleinement efficace et suivi d'effets merveilleux. Or, quel est ton empressement à y recourir? L'ange ne descendait dans la piscine probatique qu’à des époques rares et irrégulières, de sorte que les malades devaient se presser de venir, et se résigner à une longue 4 attente. Pour toi, le secours céleste est proche, D: -
il n’a aucun temps réservé; si tu avais la dé- | ;
votion d'y recourir chaque matin, tu trouverais : l'ange de la miséricorde prêt à te secourir. Ainsi le pratiquent nombre d'hommes à la conduite infi- | niment plus pure que la tienne, attirés qu'ils se” sentent à la confession par une grâce toujours plus puissante. Que si, du moins, pour être fidéle à tes promesses et te conformer à la coutume générale des bons prêtres, tu reviens chaque se-
maine t’agenouiller, pénitent, aux pieds du minis- tre de Dieu, peux-tu dire sincèrement que tu … avais hâte de le faire, que tu attendais le jour et
l'heure? As-tu la dévotion de les prévenir, par des confessions intérieures faites aux pieds de Dieu seul, et qui renferment l’ intention, augmentent le désir de recourir le plus tôt possible au sacrement? O combien sont salutaires ces confessions de désir | »