I. - Préparation au ministère de docteur
Les belles qualités natives d’ Augustin, l’ab- . surdité dogmatique et la perversité morale des sectes qu'il avait fréquentées, la bassesse des plai- . sirs charnels qui l'avaient séduit et la rigueur des
les grâces insignes de sa conversion, tels furent les Prépas éléments de cette préparation.
Rien qu’à voir Augustin adolescent, d’une sta-
ture élevée, d’une complexion délicate, au regard intelligent, au sourire plein de bonté, à la figure
fine et expressive, singulièrement timide et mo-
deste, on pressentait ce qu’il y avait de riche et
de noble dans cette nature d'élite. Ses maîtres s'en : rendirent mieux compte, si on peut les appeler … des maîtres, car l'élève apprenait tout seul ce qui lui plaisait, si difficile que ce fût, négligeant le
reste pour courir au jeu ou chercher des émo-
tions dans la lecture des fictions païennes. Ses succès, malgré tout, furent rapides et lui ouvrirent
la chaire de professeur de rhétorique à in à Rome et à Milan.
Malheureusement, pendant que sa réputation
grandissait, le peu de foi qu’il avait, n'étant encore que simple catéchumène, déclinait chaque jour; las d'interroger tous les systèmes, il devint une
sorte de libre-penseur, et il souriait de la crédu- 8 lité religieuse de sa mère, quoique, par une heu-
reuse contradiction, il aimât, en souvenir de sa première enfance, à entendre prononcer le nom du Christ. |
Cependant le scepticisme cadrait mal avec sa grande âme. Rencontrant les Manichéens, il crut trouver dans le langage imposant et sentencieux
chaînes ils ue avaient imposées, mais sur one “
de leurs faux docteurs, une autorité dogmatique
8 ci et d'autre part l'espérance qu'ils lui don- naient d’obtenir chez eux l'esprit consolateur, souriait à ses aspirations vers le surnaturel divin: il S’inscrivit donc dans leur secte. Mais avec son . coup d'œil profond, il s’aperçut bientôt qu'ils se De dérobaïent habilement aux objections sérieuses, que les rixes étaient fréquentes entre le commun des affiliés, et que les parfaits ou és, s’aban-
donnaient secrètement à une vie débauchée. Pour
Il y avait en lui hélas! d’autres liens, plus
difficiles à rompre. Avec sa jeunesse et l’ardeur
de sa nature africaine, il s'était laissé entraîner
dans les plaisirs de la chair et du sang. Même
alors, il est vrai il gardait dans les hauteurs de
son âme de nobles aspirations, ses rapports quo-
tidiens avec ses amis étaient empreints de cordia- lité, de respect et de distinction; mais il n’en restait pas moins courbé sous le joug, il en sen- tait le poids, il rougissait, il gémissait, sans avoir
le courage de s’affranchir. Il disait donc: « De-
- main, bientôt », sans arriver à dire: Marntenant,
c'est L'heure.
Cependant Monique, sa sainte mére, priait et pleurait; ce ne pouvait être en vain. Un bon prêtre, appelé Simplicien, la seconda, de son côté, sans discuter, par la seule influence de son com- | merce quotidien, car la grâce de Dieu brillait en - Jui. Enfin, qui l’eût supposé? le récit de la vie ne. du Patriarche des solitaires, saint Antoine, et de la
Ne | «, s
lui le système était jugé, il se retira peu à peu.
conversion de deux courtisans opérée. par sa lecture, fut pour Augustin une impulsion puissante. Dieu voulait que le grand génie fût incliné à la foi, non par un autre génie, mais par un Houes habitant des solitudes de l'Égypte. | |
La pie cependant avait encore à frapper les
cup suprême. Tous savent la fameuse soirée, et les dernières hésitations d’ Augustin, et ses méditations sous un figuier dans le jardin de ja ‘mar son, loin de ses amis, et ses larmes abondantes,
et la voix du ciel qui lui disait: Prenez, AVE PS prenez, lisez, et le verset de saint Paul s’offrant à livre ouvert: « Ne vivez pas dans les festins et les débauches, mais revêtez-vous de Jésus- Christ *». La conversion était ol e elle était OL Augustin eut l heureuse idée, nous # dirions presque l'inspiration d’en faire lui-même le récit, dans le livre immortel de ses Confessions, écrit providentiel qui a exercé et exercera toujours. "#4 dans l'Eglise une influence d’un caractère à part: Que de pécheurs égarés, meurtris, perdus d'espoir, va ont été ranimés par le souffle de ces pages et. sont devenus des modéles de pénitence ! Après
cinq mois de préparation, le baptême fut donné, par saint Ambroise lui-même, à Augustin et à tous ceux de ses amis qui voulurent le suivre. Sainte Monique était là, avec un peuple immense, Qu’ alors Ambroise, dans une improvisation inspirée par la