‹ Retraite ecclésiastique d'après l'Évangile et la vie des saintesChapitre 78 sur 207 · IV. - Succès de son action doctrinale · texte numérisé non relu

IV. - Succès de son action doctrinale

Les résultats de l’action doctrinale de saint Augustin sont immenses, ils touchent à la légende.

Sans doute, il eut des adversaires, la force démonstrative et l’a-propos de son enseignement le méritaient. Les uns recoururent à la violence, et après avoir persécuté certains de ses conver-. tis, ils résolurent de l’assassiner lui-même sur un grand chemin, avec toute sa suite. Une erreur du guide, entraîna une modification dans le parcours, et déjoua la trame perfide. D’autres ad-. versaires, semblables à des serpents, eurent recours aux subterfuges et à la calomnie, pour échapper aux étreintes de son argumentation.

Il s’en trouva qui, après sa mort et dans le cours des siècles, par une autre tactique, s’appliquérent, tout en le couvrant d’éloges, à falsifier la lettre de ses écrits, ou à en dénaturer le sens, en forçant ou en atténuant ses affirmations.

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mi les écrivains orthodoxes, quel-

ques-uns, peu enthousiastes de sa doctrine sur A À 1 LS . . 1

la grâce, trop absolue à leur avis, insinuèrent

-. Même par

que les éloges décernés à ses écrits par cer- ‘tains hérétiques indiquaient peut-être en lui une

d’être circonspect à son égard, pour tenir le juste milieu entre le trop et le trop peu, sur la question capitale de la grâce divine. Ces critiques se perdent dans le vide, ou font mieux ressortir la grandeur incontestable de la mission doctrinale d'Augustin. ia Être, en effet, pendant 43 ans l’oracle du monde catholique, par les discours, les lettres, les ‘ traités, la réponse aux doutes, la présidence des synodes, enseigner le vrai et le bien à toutes les

Proba avec sa fille, la vierge Démétriade, depuis les chers mariniers d’Hippone, jusqu'aux prêtres et aux évêques de régions lointaines; être comblé d’éloges dans tous les siècles, devant l’Église entiére, par les Pontifes Romains, et invoqué comme un oracle par les Conciles œæcuméniques, pour confondre sans réplique les hérésies les plus re- doutables: où trouver sur cette terre une souveraineté intellectuelle aussi imposante, aussi étendue, aussi librement acceptée des hommes, aussi | avidement recherchée, aussi aimée, aussi féconde ? | Enfin le temps de la récompense était venu. Augustin avait 73 ans; jusqu'à la fin ses forces,

tendance à passer les bornes ; qu’il convenait donc .

classes de personnes, depuis la sainte veuve

même comprit qu’il devait se préparer à mourir. Il

n'eut à dicter aucun testament, il n’avait pas de

biens. Sa pensée, comme celle de David, se repor-. tait à ses anciens jours pour les pleurer, et, de sa

couche, il aimait à lire les psaumes de la pénitence écrits par ses ordres sur la muraille. À ce monde présent, il ne songeait plus que pour partager les

angoisses de sa chère ville d’'Hippone, alors as-

siégée par les Goths; et il priait Dieu humblement, ou d’écarter le fléau ou de le retirer lui-même du

nombre des vivants. Cette dernière grâce fut celle que préféra le Seigneur. Le moribond eut encore

la force, cependant, de dicter une lettre aux évéques d’Afrique, pour les réconforter dans leurs alarmes en face de l'invasion barbare, et les encourager à ne pas abandonner leur troupeau. Subir s'il le faut, la mort pour ses brebis, n'est-ce pas le propre du bon pasteur? — Ce fut le dernier écrit

d'Augustin, le chant du cygne. La mort approchait; les dix derniers jours, il pria ses amis de

le laisser seul, excepté à l'heure de la visite des médecins. Il voulait contempler à loisir les plages de la patrie, pour franchir le grand passage dans un amour plus confiant et une paix plus parfaite. Le

28 août 430, à l'âge de 76 ans, il expira et alla

surtout ses forces morales, son intelligence, sa facilité de parler et d'écrire, s'étaient parfaitement maintenues. Mais on vit alors sa santé décliner, et lui-

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rejoindre sa mère, sainte Monique, après une sépa-

ration de 42 ans.

non imiter, dans notre humble sphére, |. ce grand et beau modéle? En nous appropriant les paroles mêmes d’ Augustin: « Je suis, en tant. que docteur, le défenseur de la vraie foi et l’adversaire de l'erreur: je dois donc faire en sorte que le peuple apprenne le bien et désapprenne le mal, m'appliquant, dans ce but, 4 rapprocher les opposants, à ranimer les négligents, à montrer aux ignorants ce qu'ils doivent faire et.ce qu'ils doivent espérer. Pour moi, par goût, je préférerais apprendre qu'enseigner, me rappelant le mot de l'Apôtre Jacques : Que tout homme soit empresse à écouter el tardif à parler, et me sentant, du reste, invité à m’instruire par la suavité de la vérité. Mais le devoir de la charité, m ’obligé à | enseigner, et souvent, je le sais, l'obligation de distribuer la doctrine, mérite de Dieu la grâce des : la recevoir »- __ Réflexion, fernieié douceur, confiance en Dieu, telles seront donc pour nous les armes de la lumière *; par elles nous ferons régner le Verbe Sauveur, avec toute « sa beauté, sa vérité, sa mansuetude et sa justice 5 ».

1 De Doctr. Christ., lib. IV, cap. 4; De Octo Dulcitii Quaest. Epist. ad Florentinam puellam. — 2 Rom. XII, 12. —3 PS. XLIV, 5.

MÉDITATION DU SOIR

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