II. - Sine intermissione
Une priére Qui oblige le doi toute sa vie, qui revient pour lui tous les jours, qui doit même # être sur ses lévres sept fois dans le cours d'une journée, peut être qualifiée de perpétuelle, où ininterrompue. Que si, au lieu d’un prêtre isolé, on considère toute la tribu sainte, répandue dans le monde entier, l'âme sera agréablement réjouie, 4. quelque instant du jour ou de la nuit que l'on se trouve, de penser qu'ici ou là le saint office est récité sans cesse; et de cet ensemble résulte, en toute rigueur de langage, un autre mode de perpétuité. |
Du reste, sans avoir besoin de chercher si.
loin, la prière d’un seul prêtre remplit réellement sa journée; même quand il ne récite plus rien, les effets persévérent. Les uns sont intérieurs et consistent dans un goût qui demeure, dans une vertu préservatrice du mal, dans un penchant à chercher sans cesse Dieu seul, dans un vif sentiment de sa présence, qui nous le montre toujours … secourable dés qu'on l’invoque. Les bienfaits exté-
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rieurs obtenus en faveur du prochain, auquel on dispense les grâces de lumière et de bonté recueil- lies à l'office, ne sont pas moins durables. Les fidèles, sans en savoir la cause, en ressentiront la continuelle influence, pour leur progrès spirituel et leur consolation dans les peines. Le ton même de la voix du prêtre et les traits de son visage garderont longtemps le reflet de ces communications intimes avec Dieu. Ainsi quand Moïse descendit du Sinaï, des rayons encore visibles sur sa face, inspiraient aux Hébreux le respect pour la Loi du Seigneur.
Enfin, une perpétuité d'un caractère plus élevé devient peu à peu le privilège et le bienfait de l'office, s’il est récité en esprit de religion et médité avec sagesse. Les mystères qui y sont rappelés s’établissent prés de nous en permanence, malgré la distance des temps. Ce qu'est le temps, . les philosophes ont peine à le définir; il est certain toutefois que Dieu, dans son éternité, est présent à tous les événements de tous les âges, sans préjudice pour son immutabilité. Or, en récitant l'office divin, on participe en quelque manière à a atmosphère de l'éternité. On jouit donc d’une certaine présence réelle des faits les plus antiques et des mystères les plus cachés de la bonté divine envers les hommes. David se survit et se perpétue en nous, si bien qu’on chante ses psaumes, comme si on les produisait soi-même pour la premiére fois. Tout ce qui servit de prélude à
J'Incarnation dans l’ancienne loi, tous les mystères de la naissance, de la mort, et de la résurrection du Sauveur, tous les flots de vie qui en découlent, sont quelque chose d’actuel aujourd’hui, comme ils
l’étaient hier, comme ils le seront demain et dans
les siècles. Que Dieu en soit béni à tout jamais.