CINQUIÈME JOUR
DU RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE A SON PÈRE ET DE CELUI DE L'AME RELIGIEUSE A DIEU
Et surgens, venit ad patrem.
Il partit aussitôt, et retourna à son père, Luc. chap. 15.
PREMIER POINT
Le dessein de Jésus-Christ dans la parabole de l'enfant prodigue, a été de nous y proposer l'idée d'un véritable retour à Dieu et d'une sincère nénitence. Ce jeune homme emporté par le feu de l'âge, avoit quitté la maison de son père, et s'en étoit allé dans un pays étranger, pour y vivre selon son gré, et pour y jouir de sa liberté. Mais il eut bientôt lieu de reconnoître son aveuglement, et de penser à revenir dans la maison paternelle. Trois choses l'y déterminèrent : le sentiment de la misère où il se trouva réduit en très-peu de temps ; le reproche intérieur et le repentir de la faute qu'il avoit commise ; enfin la confiance qu'il conçut en la bonté du meilleur de tous les pères, dont il s'étoit séparé, et de qui il se promit d'être encore favorablement reçu.
Qu'est-ce que ce prodigue? N'est-ce pas moi-même; et y a-t-il un plus grand prodigue qu'une âme reli-
gieuse qui, depuis bien des années, a vécu comme moi dans la tiédeur ? Quelles grâces, quels dons célestes et quels biens spirituels n'ai-je pas dissipés ? Mais voudrois-je toujours persister dans mon égarement, et dois-je différer davantage à rentrer dans les voies du Seigneur, et à réparer, autant qu'il me sera possible, toutes mes dissipations? Les motifs qui inspirèrent à l'enfant prodigue une si prompte et si ferme résolution à Tégard de son père, ne sont-ils pas assez puissans pour me l'inspirer à l'égard de mon Dieu.
La première vue qui le toucha, ce fut celle de sa misère. Dans la vie licencieuse et voluptueuse qu'il avoit menée, il ne lui fallut que quelques mois pour épuiser tout son héritage, et est-il une disette pareille à celle où l'Evangile nous le fait voir? De riche qu'il étoit, le voilà dans une extrême pauvreté et dépouillé de tout. Cette liberté dont, il avoit été si jaloux, il est obligé de l'engager et de la vendre. Sous la domination d'un maître dur et impitoyable, il manque de pain pour se nourrir ; et il s'estimeroit même heureux d'avoir la pâture des plus vils animaux et de pouvoir s'en rassasier, mais on la lui refuse. C'est donc alors qu'il rentre en lui-même : car rien n'est plus capable de nous ramener à nous-mêmes, et de nous ouvrir les yeux, que l'adversité. Il compare son état présent avec l'état où il étoit auprès de son père: Combien, ditil y a-t-il de valets et de mercenaires dans la maison de mont père, qui ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim (1) ? Réflexion qui le pénètre, et qui, sans lui permettre de délibérer plus long-temps, lui fait prendre le parti de retourner dans sa famille et de s'y remettre dans le devoir.
(1) Luc. 15.
On peut dire, et n'est-ce pas ce que j'éprouve, qu'il n'y a point de misère plus semblable à celle du prodigue, que la mienne, depuis que je me suis éloigné de Dieu, et que j'ai perdu ma première ferveur dans les exercices de la religion ? Mon cœur s'est desséché, et tout l'esprit de retraite, d'oraison, de mortification, de piété s'est éteint en moi, Où est ce recueillement, cette modestie, cette vigilance, cette conscience timorée que j'avois autrefois ? Je n'ai plus rien de tout cela, et je me trouve sur tout cela dans un dénûment déplorable. A quels maîtres me suis-je assujetti, en me livrant à mes désirs et à mes passions? Au lieu que je ne devois être nourri dans la maison de Dieu que du pain des anges et des délices intérieures d'une vie toute divine, je ne cherche, comme cet infortuné prodigue, qu'à me remplir de la nourriture et du gland des pourceaux ; c'est-à-dire, que je ne cherche que des consolations humaines, et que les vaines satisfactions que je me puis procurer de la part des créatures, surtout de la part du monde. Encore ne les ai-je pas ou ne les ai-je pas assez pour me contenter; car mon état malgré moi me les interdit, ou du moins ne me les accorde pas autant que je le demanderois.
Que me reste-t-il donc, et où en suis-je ? Ah ! combien de mercenaires, combien de chrétiens du siècle au milieu du siècle même, s'élèvent à Dieu, goûtent Dieu, jouissent des plus douces communications de Dieu ! et moi, de tout ce qui a rapport à Dieu, je ne sens rien, je ne m'affectionne à rien, je ne profite de rien. Heureux après tout que j'aie au moins quelque connoissance d'une si triste disposition, et que j'en voie le désordre et lé malheur ; heureux que je n'y
sois pas tout-à-fait insensible ! Y vivrai-je toujours, et ne ferai-je nul effort pour en sortir? Serai-je plus lent à me résoudre que ne le fut l'enfant prodigue ? Je me suis égaré comme lui ; voilà le dérèglement de ma vie : mais ce qui acheveroit de me perdre et ce qui mettroit le comble à ma ruine, ce seroit de ne pas revenir désormais aussi promptement que lui.
SECOND POINT
Après avoir considéré sa misère, et l'avoir déplorée avec bien de la compassion pour lui-même, ce prodigue prit un sentiment encore plus raisonnable et plus généreux, parce qu'il étoit moins intéressé. Il se retraça dans l'esprit toutes les bontés de son père, et ce souvenir le couvrit de confusion et le saisit de douleur. Il comprit toute l'indignité de sa conduite, et il ne se dissimula rien de toute l'énormité de la faute qu'il avoit commise contre un père digne de toute sa reconnaissance et de tout son amour. Il s'en fit tous les reproches qu'un vrai regret ne manque point d'inspirer à un cœur sensible et touché de repentir. Car, quoique l'Evangile ne nous marque rien là-dessus en détail, il nous le donne néanmoins assez à connoître par trois choses que le prodigue se proposa de faire en se présentant devant son père.
Avant que de se mettre en chemin, il médita ce qu'il avoit à dire, et régla lui-même la manière dont il devoit se comporter dans son retour. 1° Il résolut de se jeter aux pieds de son père; de ne chercher pointa se justifier, mais au contraire de se reconnoître criminel et sans excuse; de lui en témoigner sa peine très-sincère, et de se mettre par là en état d'obtenir grâce: Je partirai, j'irai à mon père, et je lui dirai:
Mon père, j'ai péché contre le Ciel et contre vous (1). Contre le Ciel, qui m'ordonnoit de vous être soumis et de vous rendre tous les devoirs d'une obéissance filiale; contre vous, envers qui j'ai* fait voir tant d'ingratitude, et dont j'ai tant négligé les avis et les salutaires leçons. 2° Il ne se contenta pas de cela; mais le mépris qu'il avoit conçu de lui-même, le porta à s'humilier encore davantage et à ne prendre plus auprès de son père la qualité de fils, dont il se crut désormais indigne. Je ne mérite plus d'être appelé votre fils (2), et ce n'est plus ainsi que vous me devez regarder. Je n'ai point agi en fils à votre égard ; vous avez droit à mon égard de n'agir plus en père. 3° Enfin, il ne s'en tint pas à l'humiliation, en consentant à être dégradé et dépouillé du titre de fils; mais il alla jusqu'à l'austérité de vie et à la sévérité de la pénitence, en demandant à n'avoir point d'autre traitement que les domestiques et les valets Comptez-moi pour un de vos serviteurs, et ne me traitez point autrement qu'eux (3). Ce sera beaucoup pour moi d'être admis chez vous à cette condition, et ce sera beaucoup pour vous de me l'accorder. Quel langage de la part de ce jeune homme autrefois si indocile, si présomptueux, si amateur de sa personne, et si adonné à son plaisir! Quel changement et quelle conversion !
Voilà ce qu'opère dans une âme pénitente la douleur qui la presse, et voilà ce qu'elle doit opérer en moi. Le père du prodigue avoit -il jamais rien fait pour son fils, qui puisse égaler toutes les faveurs et toutes les miséricordes dont je suis redevable à la providence de mon Dieu? Y puis-je penser, sans en avoir le ressentiment le plus tendre et le plus affectueux; ou puis-je
(1) Luc. 15. — (2) Ibid. — (3) Ibid.
n'y pas penser, sans être le plus méconnoissant et le plus ingrat de tous les hommes ? Cette pensée d'un Dieu si bon, et surtout d'un Dieu si bon envers moi, pour peu que je m'applique à la bien pénétrer, me touchera infailliblement le cœur avec le secours cle la grâce; et le sentiment de ma contrition, s'il est dans le degré nécessaire, ne manquera pas de produire ces trois effets, qui sont essentiels à la pénitence.
1° De recourir promptement à Dieu, de me prosterner en sa présence, de lui faire l'aveu de tous les relàchemens de ma vie, de les détester de bonne foi à ses pieds et de pleurer amèrement. J'ai péché, mon Dieu, f ai péché contre vous (1), non pas. une fois, comme l'enfant prodigue contre son père, mais presque autant de fois que j'ai vécu de momens. Je n'entreprends point d'entrer avec vous en de vaines justifications, ni de me recouvrir de faux prétextes; mon cœur me démentiroit, et les lumières de votre sagesse me confondroient. Ah ! j'ai péché, Seigneur, plus encore que je ne le connois, et autant que vous le connoissez mieux que moi. Je viens tout confesser devant vous, et pour vous fléchir en ma faveur, je n'ai à vous présenter que cette confession douloureuse et que mes larmes.
2° De me mépriser moi-même, et de sentir d'autant plus mon indignité que je suis dans une profession plus sainte. Hélas ! Dieu vouloit faire de moi un religieux : mais le suis-je en effet? J'en ai le nom parmi les hommes, j'en ai les apparences; mais en ai-je le fonds ? Chose étrange! ce nom de religieux que je porte devoit m'ètre un sujet de gloire, et c'est pour moi un sujet de confusion. Car de quoi dois-je plus
(1) Luc. 15.
rougir, que de passer pour religieux et de ne l'être pas? Ai-je lieu de m'étonner après cela, Seigneur, que vous ne me favorisiez pas de ces grâces spéciales et de ces communications divines dont vous gratifiez tant de parfaits religieux ? Ce sont proprement vos enfans, parce qu'ils vous honorent et qu'ils vous servent comme un père ; et c'est aux. enfans qu'est réservé le pain des enfans. Je ne puis ni le demander, ni l'attendre.
3° De me condamner à tout ce qu'il y a dans la vie religieuse, de plus pénible, de plus austère, et de m'y assujettir: ne voulant m'épargner en rien, et ne souhaitant point de l'être, acceptant tous les dégoûts et toutes les répugnances que je pourrai avoir à supporter dans mon retour ; agréant que Dieu me laisse éprouver toute la pesanteur du fardeau, sans me l'adoucir. N'est-ce pas assez, mon Dieu, que vous ne me rejetiez pas de votre maison? Du reste, je n'y ai pas vécu comme un fils docile et obéissant: il est juste que vous m'y traitiez comme un mercenaire et un esclave. C'est ainsi que pense une âme contrite ; c'est ainsi qu'elle agit ; et c'est ainsi que je dois penser moimême, que je dois parler et agir.
TROISIÈME POINT
Malgré tout ce que le prodigue avoit projeté de dire à son père et de faire en sa présence, il pouvoit craindre de n'en être pas écouté, plus il se reconnoissoit criminel, moins il avoit lieu d'espérer un favorable accueil,, et le désordre de sa conduite devoit naturellement lui inspirer de la défiance, Mais il se souvint qu'il retournoit à un père, et qu'un père est toujours père, et ne peut oublier ce qu'»1 **f*t. Aussi dans la
résolution qu'il prit et dans le dessein qu'il forma de son retour, il ne dit pas : J'irai à mon maître, ni à mon juge, mais à mon père (1). Ce nom de père le rassura; et la confiance prenant le dessus, elle bannit de son cœur toute crainte et ne lui permit plus de délibérer.
Soutenu donc d'une confiance si ferme et si solidement fondée, il part, il marche, il arrive, il approche de son père, qui lui fait bien éprouver sur l'heure qu'il ne s'étoit pas trompé dans l'espérance qu'il avoit conçue ; car, du moment que le père aperçoit son fils, il va au-devant de lui, il l'embrasse et lui donne le baiser de paix, il l'introduit tout de nouveau dans sa maison, et sans éclater en des reproches amers sur le passé, il assemble toute sa famille pour leur témoigner sa joie et pour leur en faire part. Ce n'est point encore assez ; bien loin de traiter en mercenaire et en esclave ce dissipateur et ce prodigue, qui s'étoit réduit par ses dépenses excessives, dans un état si misérable et si pauvre, il veut qu'on le revête d'une robe neuve, qu'on tue pour lui le veau gras, qu'on prépare un grand souper, et qu'on l'accompagne d'une agréable symphonie, afin qu'il ne manque rien à cette fête. Pourquoi tout cela ? Ahl s'écrie ce père si bon et si tendre, c'est que mon fils étoit mort, et que le voilà ressuscité; c'est qu'il étoit perdu, et que je l'ai heureusement retrouvé (2).
Or, il en est de même à l'égard d'un pécheur qui revient à Dieu, et que Dieu reçoit : il en sera de même à mon égard ; et dès que j'irai à Dieu dans le sentiment d'une vraie componction, et que je m'humilierai devant lui dans la vue de mes ingratitudes et de nies
(1) Luc. 15. — (2) Ibid.
infidélités, je le trouverai encore mieux disposé en ma faveur que le père de l'enfant prodigue ne l'étoit en faveur de son fils. Il est vrai que, selon les règles de sa justice, il pourroit me rejeter, et que, si je n'avois point d'autre fonds sur quoi je pusse compter, que mes œuvres et que ma vie, il auroit droit de me renoncer pour toujours, et de me refuser tout accès auprès de lui : mais j'ai toute sa miséricorde pour garant de ma confiance ; et en même temps que je penserai à satisfaire moi-même sa justice, je puis me répondre de cette miséricorde sans mesure, qui ne demande qu'à se répandre et qu'à s'exercer.
Je ne dois donc point écouter les craintes et les défiances que la nature m'inspire, et par où les ennemis de mon salut et de ma perfection tâchent de me retenir. Je ne dois point m'étonner de toutes 4es difficultés que je prévois, et de toutes les répugnances que je sens à les combattre et à les vaincre. Fussentelles mille fois encore plus grandes, la pénitence me doit mettre dans une ferme disposition d'endurer tout: mais, du moment que je m'y serai bien établi, ei que, dans cet esprit, je ferai les premiers pas pour aller à Dieu, l'expérience me détrompera bientôt des fausses idées qui me troubloient, et des vaines alarmes que me causoit la vue de mes foiblesses et de mes égaremens. Au lieu de trouver un Dieu sévère et inexorable, je trouverai un Dieu plein de bonté et de tendresse pour moi. Il n'oublie pas même ceux qui le fuient ; que fera-t-il pour ceux qui le cherchent ?
Ainsi, tout offensé qu'il peut être, et quelque sujet qu'il puisse avoir de me bannir de sa présence, voici
néanmoins ce que j'ose me promettre de sa part : 1° C'est qu'il viendra lui-même au-devant de moi pour m'aplanir le chemin, et pour me faciliter vers lui le retour que je médite. 2° C'est qu'il m'accordera une prompte rémission de toutes mes fautes, et qu'il se relâchera infiniment de la satisfaction qui lui en est due. 3° C'est qu'il me secondera par des grâces toujours nouvelles dans tous les efforts que j'aurai à faire, soit pour me relever, soit pour me soutenir, soit pour me faire persévérer. 4° C'est que, non content de me voir rentré dans la voie de mes observances, il s'appliquera à m'y avancer et à m'y perfectionner ; de sorte qu'il ne tiendra qu a moi de regagner tout ce que j'ai perdu, et de parvenir au rang des âmes les plus parfaites. D'autres que moi, après avoir comme moi vécu dans le relâchement, sont ensuite devenus des modèles de régularité et des saints. 5° C'est qu'au milieu de tout cela, sans que je lui demande ses consolations divines, ni que j'y prétende, il les répandra sur moi avec une espèce de profusion, et qu'il saura bien me dédommager des victoires que je remporterai pour lui, et des sacrifices que je lui ferai. Que me faut-il davantage, et puis-je encore balancer un moment sur le parti que je dois prendre ?
CONCLUSION
Père des miséricordes, Dieu d'espérance et de paix Seigneur, soyez béni de la sainte résolution que votre grâce m'a inspirée, et daignez, par cette même grâce, m'y confirmer. Je reviens à vous, et me voilà à vos pieds, confus et humilié, mais rassuré par vous-même, et comptant sur votre bonté paternelle : car c'est vous-
même, ô mon Dieul qui m'avez fait entendre votre voix pour me rappeler : ai-je à craindre que vous me fermiez votre sein pour ne me pas recevoir ?
Que vous dirai-je, Seigneur, et par où puis-je vous fléchir, ou plutôt, qu'ai-je autre chose à faire pour cela, que de rallumer tout mon zèle pour vous, et de recommencer tout de nouveau à vous servir? Ce ne sont point des paroles que vous voulez, ce sont des effets. Mais après tout', Seigneur, quoi que je fasse, ce ne seroit rien encore, si vous «îe traitiez selon toute la sévérité de vos jugemens. Qu'est-ce qu'un homme, pour répondre à un Dieu (1), et pourjentrer en compte avec lui ? Ah ! mon Dieu, toute ma ressource, c'est votre cœur, ce cœur de père. Malheur à quiconque voudroit m'ôter là-dessus ma confiance : ce serait m'éloigner de vous pour jamais.
Je la conserverai donc précieusement, cette confiance qui vous a ramené tant d'âmes, et je m'y laisserai conduire. Bien loin de me rendre moins vigilant et moins attentif sur mes devoirs, elle me les fera pratiquer avec beaucoup plus de ferveur, parce que je les pratiquerai par reconnoissance et par amour ; bien loin de flatter ma délicatesse et de me tenir lieu de prétexte pour m'épàrgner les rigueurs d'une vie pénitente, plus elle vous représentera à moi comme un Dieu propice et miséricordieux, plus elle me fera comprendre mon injustice envers vous et la grièveté de mes offenses ; et par là même, plus elle m'animera à les réparer et à vous venger de moi-même par toutes les austérités de la mortification religieuse. Vous agréerez sur cela, Seigneur, mes foibles efforts, et vous les seconderez ; vous aurez égard à ma bonne volonté et (l)Job. 9.
à la droiture de mes intentions: le retour sera réciproque de vous à moi, et de moi à vous ; la réconciliation sera parfaite, et, par votre secours tout-puissant, elle durera dans tous les siècles des siècles.