‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 16 sur 92 · Joan., cap. vin · texte numérisé non relu

Joan., cap. vin

LA LIBERTE CHRÉTIE\NEc 35

vérité, nous sommes libres, c'est-à-dire il n'y a plus pour le chrétien ni loi divine, ni loi ecclésiastique, ni loi humaine ; le péché, sous quelque forme qu'il se produise, n'a plus le pouvoir de nous asservir, pourvu que nous ne perdions jamais la confiance que nous sommes sauvés en Christ. » Cette liberté monstrueuse; ouvertement prêchée par les pa-triarches de la Réforme et donnant droit à tous les crimes, blessait trop profondément les plus vulgaires instincts de pudeur et d'honnêteté, pour qu'elle pût s'imposer perpétuellement à une société religieuse. Le protestantisme a modifié les principes de ses pères ; cela devait être. Je ne le suivrai pas dans ses infinies variations et ne discuterai pas avec lui son interprétation louche et incomplète de la liberté chrétienne. J'ai mieux à faire que cela. Je demande à saint Paul, interprète sublime de l'Evangile, ce que le chrétien doit entendre par ces paroles : être libre.

Etre libre, dit l'Apôtre, c'est être fils de l'épouse immaculée que le Christ a revêtue de la pourpre de son sang et à laquelle il s'est attaché par une loi d'amour; et non pas de la servante que Dieu a miséricordieusement retirée de l'uni-»

verselle prostitution de l'idolâtrie, qu'il s'est attachée par des promesses temporelles et qu'il a tenue courbée, pendant la longue vie du judaïsme, sous le joug d'une loi de crainte : fils de l'Église, et non de la Synagogue. Le juif charnel servait Dieu pour obtenir de lui la rosée du ciel et la graisse de la terre ; le chrétien obéit à l'attrait des biens spirituels que lui promet la' douce familiarité de l'amour divin. Le juif était assujetti à une multitude d'observances légales qui ne purifiaient que sa chair; le chrétien, soumis à une législation plus large, ne demande qu'à un petit nombre de rites sacrés la purification de son à me, et se sent plus à l'aise dans les mouvements et les allures de sa vie religieuse. Le juif n'était qu'un serviteur contraint ; le chrétien est libre comme un fils de famille : « Non 8umusfilii ancillœ, sedliberœ. qua libertate Christus nos libero/cit l. »

Etre libre, c'est être affranchi de l'effroyable servitude du péché qui déshonorait le monde antique et qu'entretenait partout la cruelle domination de l'esprit de ténèbres; c'est jouir des

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