TROISIÈME INSTRUCTION
Messieurs,
Nous savons comment on voit chrétiennement, comment on veut chrétiennement ; il nous faut apprendre aujourd'hui comment on vit chrétiennement.
Les premiers sacrements, qui nous régénèrent et nous fortifient, ne nous font enfants de lumière et de liberté que pour nous préparer à mener une vie nouvelle : « Ut nos in novitate vitœambulemus. » Sans doute, nous ne sortons pas, comme les générations auxquelles s'adressait l'apôtre saint Paul, de l'abominable corruption du paganisme; mais le principe de cette corruption est en nous par le péché d'origine, il agit autour de nous dans ce
qu'on appelle la vie mondaine, sorte de prolongement des mœurs païennes. Or, l'effet propre du baptême est de renouveler notre être, en substituant à la mort du péché la vie de la grâce, au principe de corruption un principe de perfection, et de nous engager à des œuvres saintes par lesquelles la sainte nouveauté de notre être se manifeste et proteste contre les œuvres d'iniquité que multiplie, dans le monde, l'influence de l'esprit pervers et maudit auquel nous avons renoncé. Toute la vie chrétienne est là, et l'Apôtre me paraît l'avoir parfaitement résumée pn ces quelques paroles : « Le Christ s'est donné à nous et il se donne encore par ses sacrements, afin de nous purifier et de faire de nous un peuple agréable à Dieu et fécond en bonnes œuvres : Ut mundaret sibi populum acce.pt nh Hem, sectatorem bonorum operum1. »
Je vous prie, Messieurs, d'écouter attentivement le commentaire de ces paroles, et de considérer as'ec moi le fond même de la vie chrétienne et ses manifestations caractéristiques : c'est le sujet de notre instruction.