‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 45 sur 92 · Luc., cap. x · texte numérisé non relu

Luc., cap. x

mondaine II vous rappellera ce grave avertissement de l'Evangile : « Que sert à l'homme de gagner l'univers^ s'il vient à perdre son àme it » Il vous montrera les plaies spirituelles qu'il faut guérir, les inclinations, les défauts et les vires qui peuvent compromettre votre salut, le chemin que vous devez suivre, les occasions qu'il faut fuir, les difficultés dont il faut triompher. Il vous dira : « Gourasre, mon fils, le rovaume des cieux souffre violence a; » il vous inspirera de généreuses résolutions ; il vous promettra sa grâce ; il prendra en main votre grande affaire, et, avant, de vous séparer de lui. vous entendrez au fond de votre àme, tout à l'heure inquiète et tourmentée, cette douce et consolante parole : - Confîr/e, fili. fides tua te salcum fecit : Aie confiance, mon fils, ta foi t'a sauvé. »

Enfin. Messieurs, nous visitons nos amis, soit pour resserrer, dans des conversations intimes, les liens d'affection qui nous unissent à eux; soit pour épancher, dans leur cœur bienveillant, notre

1. Quid prodest liomini, si ruundum universum lucretur, animse vero detrimentum patiatur? (Matth., cap. xvi, 26.)

2. Reguum cœlorura vim patitur, et violenti rapiunt illud. (Ibid . , eap. xt, 12.)

cœur endolori; soit pour Jes consoler dans leurs peines ; soit pour recommander, à leur protection et à leurs bons offices, ceux auxquels notre cœur s'intéresse. Mais, dites-moi, est-il un ami plus fidèle, plus bienveillant, plus affligé, plus libéral et plus puissant que le Dieu de nos tabernacles? Et n'avons-nous pas besoin de nous rapprocher de lui, mille fois plus que des hommes qui nous sont les plus chers?

En ces endroits discrets où l'amitié se fait intime, on se regarde, on se parle, on se sonde, on se révèle l'un à F autre. « Heureux amis, dit un de nos poètes :

Soyez-vous l'un à l'autre uu monde toujours beau,

Toujours divers, toujours nouveau :

Tenez -vous lieu de tout, comptez pour rien le reste *. »

Hélas ! le petit monde qu'on appelle le cœur humain est bien vite exploré. Tout ce qu'il peut demander à un autre cœur, c'est de ne pas s'ennuyer dans l'étroit espace où il s'efforce de le retenir. Quant à tenir lieu de tout, il n'y doit pas songer. Mais le cœur du divin ami, qui nous appelle dans l'Eucharistie, est plus vaste que tous

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