‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 61 sur 92 · II Cor., cap. vi · texte numérisé non relu

II Cor., cap. vi

plir. Est-ce ainsi que vous vous conduisez, Messieurs?!^ carême est-il pour vous une époque d'apaisement et de purification? — J'ai bien peur que non. Je vous Fai dit tout à l'heure, l'esprit mondain a envahi le saint temps de la pénitence, et, soit faiblesse, soit légèreté, la plupart de ceux qui ont conservé l'habitude de la communion annuelle se rendent complices de ses profanations. Mon devoir est de les rappeler à l'esprit de l'Eglise, et je l'accomplis présentement en les conjurant de rompre avec l'esprit du monde et de se proposer, pour l'avenir, une plus longue préparation. Pour cette année, le mal est fait, mais rien n'est perdu encore. Que ceux qui se sont oubliés profitent des jours qui nous restent jusqu'à ce que le Christ ressuscité nous admette à sa table. Ces jours deviendront, s'ils le veulent, des semaines et des mois, par l'intensité de leur ferveur, et ils pourront encore conduire à bien leur préparation d'apaisement et de purification.

Cette préparation terminée, nous approchons de la communion. C'est alors, Messieurs, qu'il faut mettre en œuvre les saintes énergies et les divins ferments qui saisissent la nourriture

eucharistique, et travaillent à cette mystérieuse et sublime assimilation par laquelle nous entrons dans le Christ et vivons de sa vie.

C'est d'abord la foi, vive, ferme, vaillante, qui croit et confesse la vérité du mystère adorable par lequel Dieu vient à nous et entre dans nos âmes. La foi qui dit à Dieu : « Seigneur, dans quelles ténèbres profondes tu plonges la raison ; je l'entends murmurer et se plaindre, mais je ne l'écoute pas ; aide moi à la faire taire : Credo, Domine : acfjuva incredulitatem meam ' . » La foi qui dit au Christ : k Tu es vraiment un Dieu caché, o mon Sauveur : Y ère tu es Deus absconditus, Deus Salvator '2; mais je te vois dans ta sainte parole, et je me tiens plus assuré de ta pr.'s uce que si je te voyais des yeux de la chair. » La foi, enfin, qui est prête à mourir plutôt que de renoncer à croire aux miracles invisibles d'où jaillissent tant de bienfaits.

Perçant les voiles eucharistiques, la foi nous met en présence de l'infinie majesté de Dieu, l'humilité en présence de notre extrême bassesse. Comment Pâme chrétienne ne serait-elle pas cou-

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