Cf. Cant. Benedicite, in ol. Laud. Dom
APRES LA COMMUNION. 2oI
vos membres un seul corps. Justes et saints, bénissez la source de toute justice et de toute sainteté. Et vous, reine du inonde, modèle des justes et des saints, admirable mère du Dieu que je possède, vous qui l'avez porté avec tant de respect et d'amour dans votre chaste sein, bénissez-le en moi, bénissez-le avec moi, bénissezle pour moi, et faites chanter, encore une fois, à mon âme, l'hymne de votre reconnaissance : <r Magnificat anima mea Dominum. »
Messieurs, Dieu est remercié, mais notre action de grâces n'est pas finie; restons encore; nous avons à accomplir un grand acte de justice.
Dieu se contenterait des sentiments de notre cœur et de nos ardentes paroles, si nous n'avions rien à lui offrir en échange de ses dons; mais, en se livrant à nous, il nous oblige à une complète donation de nous-mêmes. Pouvons-nous lui refuser aucun bien, quand il devient le nôtre ; et, si misérable que soit notre apport dans cet échange, ne faut-il,pas qu'il s'accomplisse pour qu'il y ait communion? Nous devons donc dire, avec le Psalmiste : «< Quid rétribuant Domino pro omnibus quœ retribuit miki ' ? Que rendrai-je au Seigneur pour 1. Psalm. cxv.
APRES LA co:i::r\m>\
tout le bien qu'il m'a fait? » et chercher une offrande qui puisse plaire à Dieu.
Aucune offrande ne lui sera plus agréable que nous-mêmes, et nous ne pouvons pas moins faire que de nous donner à lui aussi libéralement qu'il se donne à nous. A lui donc notre esprit désormais appliqué à le connaître, à le voir en toutes choses, à marcher en sa présence, à se nourrir des célestes vérités qu'il nous a enseignées ; à lui notre volonté respectueusement soumise à commandements et aux commandements de son Église ; à lui notre liberté affranchie de l'esclavage du respect humain et des coupables servitudes de la Aie mondaine ; à lui notre cœur toujours ouvert à son saint amour et toujours prêt aux largesses delà charité; à lui notre corps et nos sens consacrés à son culte, à la manifestation de ses grâces, aux pratiques de la pénitence chrétienne, disposés à recevoir les croix qu'il plaira à la Providence de nous envoyer ; à lui tous nos biens extérieurs, humblement mis entre ses mains, généreusement dépensés à son service, destinés à faire de nous les imitateurs de sa miséricordieuse bonté; à lui. enfin, tout ce que nous sommes et tout ce qui nous appartient, puisqu'il se donne
à nous sans réserve. Ne nous contentons pas de lui dire : — Prenez; mais engageons-nous, par nue promesse formelle, à ne jamais retirer notre offrande. Cette promesse, jurons de l'accomplir, en tous temps et en tous lieux, par nos actes profanes comme par nos actes religieux, dans notre vie publique comme dans notre vie privée : <t Vota mea Domino reddam in conspectu omnis popali ejtts* in atriis dormis Domini, in medio tui, Jeriiso,lem l . d
Faisons davantage, Messieurs. Si nous voulons imiter, en plein, la donation du Sauveur, rappelons-nous que c'est par le sacrifice qu'il se met en état de devenir la nourriture de nos âmes. Le Quid rdribucun de l'action de grâces nous engage à d'inévitables immolations. Après avoir offert à Dieu tout ce qui peut lui plaire, nous ne pouvons le remercier comme il faut qu'en détruisant en nous tout ce qui peut lui déplaire. 0 douce et sainte victime qui daignez visiter le temple de mon âme,' regardez-moi bien : « Je vais sacrifier, en votre honneur, des hosties : Tibi sacrif.cabo hostiam laudis -. » Périssent, sous le glaive de mon