‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 85 sur 92 · POUR LA COMMUNION PASCALE. 30'J · texte numérisé non relu

POUR LA COMMUNION PASCALE. 30'J

quart d'heure sur vos journées, même les plus occupées, pour aller dire au Dieu de l'Eucharistie : — « Cher maître, Sauveur adoré, mon cœur est triste en pensant que tant de chrétiens vous oublient. Moi, au moins, je veux vous bénir tous les jours : — Per singulos dies, benedicimus te. »

Jésus s'immole chaque matin sur nos autels. Ne vous serait— il pas possible de moins prolonger votre repos, et d'aller vous unir à la sainte victime qui s'offre pour vous à son Père? L'Église vous appelle une fois par semaine à l'auguste fête en laquelle notre société religieuse accomplit divinement ses devoirs. Mais un chrétien parfaitement reconnaissant ne se contente pas de cette tâche hebdomadaire. Le saint sacrifice l'attire; s'il ne peut y assister de corps, il y envoie son cœur, et s'unit à l'Agneau divin et au prêtre qui l'immole, afin de pouvoir dire avec eux : « Per singulos dies, benedicimus te. »

Jésus se donne à vous par la sainte communion. Tout à l'heure, il est descendu dans vos Ames et les a honorées de sa présence intime. Pendant que votre bouche chantait : « 0 Christ, tu es le roi de gloire : Tu rex gleriœ, Christe ; tu

sièges à la droite de Dieu, dans la gloire du Père : Tu ad dexteram Dei sedes, in gloria Patrie; » une voix discrète et profondément émue murmurait au fond de vos cœurs : « Tu in me sedes, in humilitate sacramenti : 0 Christ, tu sièges en moi, dans l'humilité de ton sacrement. » — Tu sedes! — Entendez-vous, Messieurs? Il ne s'agit pas d'un simple passage, mais d'une demeure fixe. Honte à ceux pour qui la communion n'est que la rapide traversée d'un Dieu que l'on se hâte d'éconduire! — Jésus-Christ vient eu nous pour y demeurer : « Qui manducat carnem Filiihominis in me manet et ego in eo. » Jésus- Christ ne consent à devenir notre nourriture que pour nous faire vivre de sa vie : « Qui manducat me vivet propter me. » Sa chair disparue avec les espèces sacramentelles n'emporte pas avec elle toute sa divine vertu. Il en reste ce qu'il faut pour alimenter notre âme et faire de notre vio spirituelle une perpétuelle bénédiction.

C'est par les fruits de votre communion, Messieurs, que vous vous associerez aux bénédictions et aux actions de grâces de l'Eglise, mieux que par vos cantiques et vos actes religieux. Car quelle meilleure manière de dire à Dieu qu'on

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