‹ Retraites pascales (volume 2)Chapitre 92 sur 92 · JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

JEUDI SAINT

QUATRIÈME INSTRUCTION.— Après la communion.

— Mystérieux travail de l'âme sur la nourriture eucharistique ; sage conduite qu'elle doit tenir pour en conserver la divine vertu, tout cela est compris, dans le langage de la piété chrétienne, sous ce vocable: l'action de grâces. — Ie Comment doit se faire l'action de grâces après la com munion. — 2° Comment doit-elle se prolonger dans la vie chrétienne. — I. Loi de la reconnaissance. — L'action de grâces est due à tous les bienfaits de Dieu ; combien plus au suprême bienfait qui nous donne à exploiter la source de tous les biens. — Eucharistie somme des dons divins. — L'action de grâces est une fonction vitale en même temps qu'un devoir de reconnaissance ; c'est la digestion d'un aliment divin. — Elle se fait : 1° Par l'adoration recueillie. 2° Par le remerciement : Magnificat;

— Benedicite. 3° Par la donation de nous-mêmes. 4° Par la résolution généreuse qui immole en nous tout ce qui déplaît à Dieu. 5° Par l'humble et fervente demande qui aspire toutes les grâces dont la chair sacrée du Sauveur est l'inépuisable source. — II. On n'a pas encore rempli tous ses devoirs à l'égard d'un bienfaiteur, lorsqu'on lui a dit un respectueux et tendre merci ; il faut savoir profiter de ses dons. — Perdre, presqu'au sortir de la sainte table, l'honneur et la divine vertu de la communion, c'est de l'ingratitude. — Exemple de cette ingratitude dans le mystère que l'Église nous rappelle aujourd'hui: la défection des apôtres. — Combien nous sommes plus coupables qu'eux. — Facilité avec laquelle nous perdons le fruit de nos communions. — Le chrétien, qui comprend la grandeur et le prix d'une communion, prolonge son action de grâces : - 1° En s'appliquant à conserver en lui la vie

divine. — 2° En manifestant cette vie divine parles transformations de sa propre vie. — Quand il sent s'épuiser la force d'une communion, il communie encore. — Il fait de la communion l'action de grâces de la communion. — Quid rétribuant?... Galicem salutaris accipiam "241

VENDREDI SAIXT

CINQUIÈME INSTRUCTION. — Le calvaire et l'autel. — Le douloureux mystère que l'Église propose, en ce jour, à notre dévotion ne nous éloigne pas du grand sujet que nous avons médité. — Entre le Calvaire et l'autel, il y a de telles ressemblances et de si intimes rapports qu'on ne peut séparer l'un de l'autre. — On considère dans cette instruction : — 1° Ce qui se fait sur le Calvaire et sur l'autel; — 2° ce qui se passe autour de ces deux saintes montagnes. — I. Texte de saint Paul sur l'expiation du Christ. — Le Calvaire, son temple et son autel, est devenu la plus illustre des montagnes. — Les montagnes dans la nature. — Les montagnes dans l'histoire sacrée. — Comment, de toutes les cimes de la terre consacrées par Dieu, aucune ne le fut autant que la cime du Calvaire. — Là toutes les figures deviennent réalité. — Le Calvaire aujourd'hui aux mains des infidèles.

— Nous possédons une montagne non moins illustre, non moins fertile, non moins divine que le Calvaire : l'autel.

— Comment ce qui se fait sur le Calvaire se fait sur l'autel : — 1° Même sacrifice ; — 2° même victime ; — 3° même sacrificateur ; — 4° même substitution amoureuse d'un Dieu à l'humanité ; — 5° dans cette substitution amoureuse, jaillissent les mêmes grâces. — Différences:— Sur le Calvaire, la victime est apparente, mais les intentions sacrificales sont ignorées; sur l'auteljla victime

se cache, mais les intentions sacrificales sont tellement manifestes que tout le monde peut s'y associer. — Comment le sacrifice de l'autel n'est point un acte religieux qui se sépare de l'immolation du Calvaire. — II. Autour du Calvaire : — 1° Les bourreaux, — 2° les impies, — 3° les ignorants, — 4° les oublieux, — o° les peureux, — 6° les pénitents, — 7° les justes compatissants. — Tout ce monde se retrouve autour de l'autel, bien que le sacrifice ait changé d'aspect. — Quelle place devons-nous pi endre ? — Invocation au Dieu du Calvaire. 267

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