SAINT JOUR DE PAQUES
Allocution pour la communion pascale, sur ces paroles : JEternafac cum sanctis tuis in gloria numerari.
SEMAINE SAINTE 1890 Les Adieux du Sauveur.
LUNDI SAINT
PREMIÈRE INSTRUCTION. — jésus aux pieds de ses disciples. — Adieux du père delà famille chrétienne, racontés par un aîné à ses plus jeunes frères.— L'aîné est l'apôtre saint Jean. — Premières paroles de son récit. — Il nous montre le cœur du Sauveur débordant d'une tendresse infinie dans les adieux qu'il adresse à ses enfants. — Premier témoignage de cette tendresse, le lavement des pieds, acte étrange par lequel le Fils de Dieu — 1° nous manifeste sa miséricordieuse condescendance, — 2° nous donne une admirable leçon d'humilité et d'amour fraternel. — I. Miséricordieuse condescendance. — Toutes les phases de la vie du Verbe incarné commencent par un grand acte d'humiliation et d'anéantissement. — La veille de sa passion, nous le voyons à genoux devant les apôtres et leur lavant les pieds. — C'est avec la pleine conscience de ses droits et de sa dignité qu'il s'humilie. — Aux pieds de qui? — Étonnante, admirable bonté! — C'est une bonté de tous les jours. — Comment Jésus est aux
pieds des pécheurs. — Pourquoi? — Non seulement pour les toucher, mais pour les purifier. — Sa miséricordieuse condescendance dans le sacrement de pénitence qui est le bain de nos âmes pécheresses. — Nos protestations orgueilleuses devant ce sacrement, bien différentes de la protestation de Pierre. — Laissonsnous pardonner et purifier, car lorsque nous nous humilions devant le Sauveur dans le sacrement de pénitence, c'est lui encore qui est à nos pieds. — II. Leçon cVhumilité et d'amour fraternel. — L'acte seul du Sauveur s'imposait par sa grande autorité à notre imitation, mais il le commente pour en relever l'importance pratique. 1° Il veut que nous nous faisions petits comme il s'est fait petit. — Nos répugnances à l'humilité. — Pourtant l'humilité est le fondement de toutes les vertus. — 2° Le divin Maître, en nous faisant ses adieux, ne songe pas seulement à la perfection et au bonheur de chacun de ses enfants, il veut assurer la perfection et le bonheur de toute la famille chrétienne, par une grande leçon de charité fraternelle. — « Faites ce que j'ai fait et comme je l 'ai fait. » C'est-à-dire « sachez vous abaisser et mettre au service des petits les prérogatives, les grandeurs et les biens que vous avez reçus de Dieu. » — Comment cette leçon a été comprise dans l'Église. — Comment nous devons la comprendre et la mettre en pratique. — En imitant le Sauveur, nous aurons droit à la béatitude qu'il a promise dans le mystère du lavement des pieds : — « Si hœc scitis, beati eritis si feceritis ea. » 1 i5
MARDI SAINT
DEUXIEME INSTRUCTION. — dernières révélations. — Judas étant sorti du cénacle, le Sauveur se sent à l'aise avec les siens, son cœur déborde et s'épanche en révélations, promesses et avertissements. — D'abord les révélations.— 1° Le Sauveur s'applique à bien faire connaître, à ceux qui doivent continuer son œuvre, la divine origine de sa mission et la grandeur infinie de sa personne; — 2°à rappeler à la famille chrétienne, dont il est le chef, la mystérieuse et surhumaine dignité dont elle est investie, ainsi que les signes auxquels on doit la reconnaître dans le monde. — I. Origine de la mission du Christ et grandeur de sa personne. — 1° Jésus a maintes fois parlé, dans sa vie, du Père qui l'a envoyé. — Il a appelé Dieu son Père. — Il n'a pas été compris. — Mais près de mourir il revient sur l'affirmation de son origine et de sa grandeur divines dans un discours où, selon l'expression de Bossuet, il y a des profondeurs à faire trembler. — 1° Explication de ces paroles : « Qui me voit voit mon Père. » — Comment Jésus-Christ, dans ses dernières révélations, nous montre tout le mystère de la vie divine. — 2° Explication de ces paroles : « Je suis la voie, Ih vérité et la vie. » — Jamais le Sauveur n'a affirmé plus clairement sa divinité. — IL Mystérieuse et surhumaine dignité de la famille chrétienne, etc. 1° Quels rapports avec Dieu nous honorent. — La plus noble et le plus intime, la communication de sa vie. — Figure de la vigne. — Explication. La dignité de la famille chrétienne es une dignité divine. 2° On la reconnaît dans
le monde à trois signes : la foi, l'amour, les œuvres. — Avons-nous ces signes? — Sinon, nous sommes des sarments stériles, bons à couper et à jeter au feu. — Voici les jours de salut, — hâtons-nous de rouvrir nos âmes obstruées par le péché au courant de la sève divine. — Profitons des dernières révélations du Sauveur. 169
MERCREDI SAINT
TROISIEME INSTRUCTION. — avertissements et promesses. — Jésus prépare ses disciples à ce qui les attend dans le monde par des avertissements et des promesses qui s'adressent, en tous les temps, à toute la famille chrétienne. — 1° Il les avertit de leur faiblesse qui doit aller jusqu'à la défaillance, et leur promet de revenir à eux quand il l'auront abandonné. — 2° Il les avertit qu'ils seront en butte à la haine et à la persécution du monde, et il leur promet son secours. — I. Défaillance, etc. 1° « Vous ne pouvez pas encore venir avec moi. » — Protestation de Pierre. — Jésus lui annonce sa chute. — Cette chute est due à la présomption. — Comment nous nous rendons coupables de présomption. — Les disciples affirment leur foi. — Jésus leur annonce leur dispersion. — Ils abandonnent leur Maître. — C'est de la lâcheté. — Nous sommes plus lâches qu'eux. — 2° La considération de notre faiblesse et de nos défaillances pourrait nous décourager. — Consolante promesse du Sauveur : c'est lui qui revient le premier vers ses chers infidèles. — Comment il revient vers nous quand nous l'avons abandonné et renié. — Hâtons-nous de profiter de ce miséricordieux
retour. — II. Haine et persécution, etc. 1° Pour comprendre le solennel avertissement du Sauveur qui annonce à ses disciples la haine et les persécutions du monde, il faut savoir ce qu'on entend, au sens évangélique/par ce mot le inonde. — Explication. — Comment les avertissements du Sauveur ont été justifiés par les événements. — Notre attitude en face du monde. — "2° Il serait impossible à la nature de ne pas fléchir sous le poids des avertissements du Sauveur, s'il n'y joignait des promesses. — Il promet le secours de son invisible présence, — l'effusion de son Esprit, — le pouvoir des miracles, — l'efficacité de la prière, — sa paix et sa joie. — La victoire sur le monde. — Ces promesses ont été accomplies. — Comment elles peuvent s'accomplir en nous, — Comment nous pouvons vaincre le monde. — Promesse suprême du Chef de la famille chrétienne : « Il nous prépare une place dans la maison de son Père. » 195
JEUDI SAINT
QUATRIEME INSTRUCTION, — le legs du sauveur. La leçon que le Sauveur nous donne dans ses adieux, ses révélations, ses avertissements et ses promesses ne sont en quelque sorte que la solennité dont il entoure son testament. — Il veut nous léguer sa chair adorable et son précieux sang. — C'est ce qu'il y a de plus important et consolant dans les adieux du Sauveur. — 1° Jésus se donne lui-même dans son sacrement. — 2° Il se donne sans réserve, et malgré tout ce qui peut offenser sa gloire. — I. Jésus se donne. —
1° Répugnance de la raison à l'endroit de la donation réelle et personnelle du Sauveur. — Comment nous avons répondu à ses objections. — Difficultés que fait l'hérésie. — On a peine à les comprendre quand on étucfce : — La clarté du testament ou les paroles du testateur; — ■ La loi du progrès ou les intentions du testateur; — Les exigences de l'amour ou les sentiments du testateur. — Développement de ces trois points.
— Rien de plus certain : le legs du Sauveur n'est pas un simple mémorial, une figure, un symbole ; c'est lui-même. — 2° Il se donne : — Comme compagnon de notre pèlerinage. — Comme prix de notre rédemption.
— Comme nourriture de notre mortalité. — C'est tout ce qu'il y a de plus grand pour nous en attendant l'éternelle communion des cieux. — II. Manière dont Jésus se donne. — 1° Il se donne sans réserve; c'est-àdire — en aucune circonstance il ne retire sa présence; — en- aucun temps il ne se refuse à ceux qui le demandent et ont besoin de lui. — Il ne mesure pas sa vertu et sa grâce. — 2° Il se donne malgré tout ce qui peut offenser sa gloire ; c'est-à-dire — malgré les humiliations de son état sacramentel, — malgré l'indignité de ceux qui consacrent son corps et son sang ;
— malgré l'indignité de ceux qui le reçoivent : — amis
— serviteurs — pèlerins et inconnus — ennemis. — Quel amour! quel don ! — Cohéritiers des Apôtres, nous voulons être comme eux des héritiers respectueux, reconnaissants et dévoués 223
VENDREDI SAINT
CINQUIEME INSTRUCTION. — prière sacerdotale du sauveur. — Après avoir fait ses adieux, Jésus prie.
— Caractère de sa prière, — il y déclare les intentions de son sacrifice et demande à Dieu d'en assurer les fruits. — Ce qu'il veut obtenir en se sacrifiant, c'est : — 1° la gloire de son Père avec sa propre gloire ; — 2° l'affermissement et la sanctification de son Eglise.
— I. Gloire du Père et du Fils. — 1° L'heure est venue où le Sauveur va faire connaître, mieux que par tous les moyens de connaissance, les sublimes perfections du Père qui l'a envoyé. — Comment Dieu est connu par ses œuvres; — par sa parole. — Mais le Christ immolé est le plus éloquent des révélateurs. — On ne peut contempler et méditer le crucifix sans se convaincre que — Dieu est grand, — juste, — miséricordieux, — sage, — tout-puissant, — infiniment bon.
— Développements. — La passion du Sauveur est une merveille dans laquelle on voit Dieu tout entier, et par laquelle il est glorifié mieux que par toutes les œuvres où il a mis l'empreinte de ses perfections. — 2° Le Fils aussi est glorifié. — Le Père le fait d'autant plus grand qu'il s'est plus profondément abaissé pour honorer la majesté divine. — A cause de ses souffrances et de sa mort, il est glorifié dans les cieux et sur la terre. — II. Affermissement et sanctification de l'Église. — 1° Etablir l'Eglise est le but de la Rédemption. — Les fondements de l'Eglise ce sont les Apôtres.
— Jésus prie pour les affermir. — Formes touchantes de
sa prière pour cet objet. — Comment les Apôtres en ont reçu l'efficacité. — Invitation à tous les peuples à s'appuyer sur ces fondements glorieux. — 2° Après avoir demandé à son Père l'affermissement et la sanctification des fondements de son Eglise, Jésus prie pour elle ; — particulièrement pour son unité. — Comment l'Eglise, par son unité, glorifie le Fils de Dieu. — Jésus demande finalement sa glorification. — Cette prière achevée, c'est l'heure pour lui de mourir pour nous, afin que l'humanité tout entière puisse recueillir le fruit de son sacrifice. — Prière d'adieu pour l'auditoire de Notre-Dame 247