‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 22 sur 107 · Sap., cap. m · texte numérisé non relu

Sap., cap. m

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manière exacte la topographie de l'autre monde ; et, je vous le disais naguère, «lors même qu'elle unit la prudence à la profondeur dans ses plus âpres recherches, elle ne peut arriver à la connaissance certaine et plénière de ce que sera la vie humaine prolongée dans l'immortalité. Aux questions qu'elle se fait à ce sujet, elle ne peut répondre que des peut-être1. »

L'espérance humaine doit fatalement se ressentir de cette impuissance et de ces incertitudes, et l'on conçoit que ceux qui n'ont pour diriger leurs aspirations que les lumières incomplètes de la raison hésitent à mépriser le présent pour l'avenir, se laissent facilement séduire par les biens qu'ils voient, qu'ils touchent et dont ils peuvent jouir, et Unissent par river leurs pensées, leurs désirs, leurs espérances comme s'ils devaient y trouver le paradis d'une nature dont ils contrarient, dans le fait, les plus nobles tendances.

Je plains ces malheureux. Saint Paul les appelait avec une profonde pitié : « Les autres : cseteri;

I . Cf. Ëxpositïnndu dogme catholique. Quatre-vingtseizième conférence : La vie future — Lumières de la foi, deuxième partie.

L ESPERANCE DU CIEL

les autres qui n'ont pas d'espérance : cœteri qui spem non habent l. » — Mais vous n'êtes pas, vous ne pouvez pas être ces autres. Messieurs, car la main libérale et magnifique de Dieu a déchiré pour vous le voile d'ombres qui cache à la raison les mystères de l'autre vie, et vous a montré la bienheureuse patrie où doivent être comblés, au delà de toute mesure, les désirs de la nature.

Il ne s'est pas contenté de vous faire dire par les messagers des choses éternelles : « Cherchez, goûtez ce qui est en haut, et non ce qui est sur la terre : Quœ sursum sunt quœrite, — quae sursum sunt sapite, non quse super terrant1. » Il ne se borne pas à vous promettre le rassasiement de vos naturels désirs selon cette parole du Psalmiste : <* Replet in bonis clesiderium tuuma\ » mais, par un pieux excès d'amour, il a juré de vous donner un bien que la nature serait incapable d'acquérir et de contenir, si elle n'était divinement transformée. Il veut être luimême votre récompense au delà de toute mesure

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