‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 24 sur 107 · Joan., cap. xvn · texte numérisé non relu

Joan., cap. xvn

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qu'il a traversé les eaux amères de la douleur et qu'il est mort sur la croix ; pour cela qu'il est ressuscité et monté aux cieux,où il montre à son Père ses plaies radieuses, intercède pour l'humanité pécheresse, et lui prépare une place. Son éternelle médiation, près du trône de justice et de miséricorde, est l'âme d'une action incessante dont vous êtes investis et qui vous pousse au ciel. Étudiez le vaste ministère de l'Église dans ses fonctions doctrinale, législative et liturgique, vous verrez que tout est dirigé vers le ciel. Les missions d'apôtres chargées d'annoncer la parole de Dieu, d'en appeler à vos consciences et d'importuner vos passions par des arguments, des prières et des reproches, ont pour objet de vous préparer au ciel. Les esprits vigilants et protecteurs, les anges, qui vous assiègent de leurs saintes inspirations, « sont les ministres de Dieu, dit l'Apôtre, près de ceux qui doivent recueillir l'héritage du ciel1. » Enfin les touchantes instances de Jésus-Christ, qui se tient invisiblement à la porte de vos cœurs, frappe, et demande à prendre possession de votre amour,

i. In ministerium missi propter eos qui capient hser^ditatern sajutis. (Ueb,, cap.i, \A.)

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n'ont pas d'autre but que de vous assurer le ciel. Comprenez-vous, Messieurs, toute la force de ces révélations et le grand devoir qu'elles vous imposent? Car enfin, si vous y croyez, il ne se peut pas que vous cessiez de penser au ciel, de désirer le ciel, d'attendre le ciel. S'il est vrai, comme le dit le grand saint Paul, que la foi est faite pour supporter l'espérance1, je ne puis concevoir qu'elle ne supporte rien, et que, après avoir creusé vos âmes, la grâce y ait établi ces assises divines pour ne rien bâtir dessus. — Remarquez, je vous prie, que l'éternel et ineffable bonheur auquel vous êtes destinés est une chose des plus assurées. Vous avez la promesse solennelle de Dieu, écrite dans les Livres de Dieu et sur toutes les façades de ce merveilleux édifice qu'on appelle l'Eglise de Dieu, signée, enfin, du sang d'un Dieu. Plus de doutes, plus d'incertitudes pour arrêter en chemin vos pensées, vos désirs- vos espérances. Vous pouvez dire comme l'Apôtre : « Scio cui credidi : Je sais à qui je me confie, — et je suis certain qu'il est assez puissant pour me conserver mon dépôt jusqu'au

1. Est autem fides sperandarum substantia rerura. (Heb., cap. xi, 1.)

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grand jour dans lequel j'espère recevoir de lui une vie glorieuse et immortelle : et certus sum quia potens est depositum meum servare in illum diem*. » — Votre espérance doit être ferme, et, pour se mesurer à la grandeur du bien qui vous est promis, elle doit être de tous les jours et de tous les instants. « Ce que tu dois avoir éternellement, dit saint Augustin, il faut le désirer toujours : « Quod semper habiturus es, diu desidera*. »

Voilà votre devoir, Messieurs. Si maintenant j'interroge votre vie, quelle réponse me donnera-telle? Pensez-vous au ciel? désirez-vous le ciel? attendez-vous le ciel? --Ah! le ciel est bien loin pour bon nombre d'hommes, voire même de chrétiens, et leur regard distrait par les choses d'icibas ne se donne pas la peine de le chercher au delà des horizons terrestres. Ils pensent à leurs travaux, à leurs affaires, à leurs plaisirs, à leurs ennuis ; ils désirent des richesses, des jouissances, des succès, des honneurs; ils attendent le sourire de la bonne fortune, la réussite de leurs intrigues ou

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