II Tira., cap. i
.'. In Psalm. LXXXIII.
6G l'espérance du ciel.
de leurs efforts, le tribut des affections humaines que leur cœur mendie, le repos d'une vie tranquille, sans sortir du monde étroit où se complaît leur âme vulgaire. Ils diraient volontiers comme Tapôtre saint Pierre, et pour de moindres biens que celui qui le charmait : « Il est bon pour nous d'être ici, dressons -y nos tentes : Bonum est nos hic esse, facia,mus tabernaculu1. » — Mais le ciel? — Le ciel viendra en son temps, s'il doit venir; en attendant, nous sommes bien en ce monde ; restons-y : — Bonum est nos hic esse. Ce ne sont pas de grossiers matérialistes qui disent cela, Messieurs; mais des chrétiens. Il yen a même qui vont jusqu'à cet excès, d'excuser leur indifférence pour les choses éternelles en accusant ceux qui s'en montrent uniquement préoccupés. Ils prétendent que la tension continue de l'âme Vers un bonheur qui n'est pas de ce monde ne peut qu'engendrer le dégoût de la vie présente, paralyser les nobles efforts et les généreuses audaces qui tendent à la rendre moins triste et plus supportable, au grand dommage du progrès et de la civilisation. Trop appliqué à la méditation