‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 28 sur 107 · Psalm. XLI · texte numérisé non relu

Psalm. XLI

M. Non possunt cœlum aspicere quorum mens humi defixa est. (Lact. De vita beata.) À. Perse, sat. II.

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ciel ; votre dignité et les promesses de Dieu vous en font un devoir.

J'ajoute, Messieurs, que rien n'est plus efficace que cette pensée, ce désir, cette espérance, pour sanctifier votre vie et vous mériter le ciel.

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Un des orateurs qui ont illustré cette chaire a dit, en parlant du progrès : « Pour faire quelque chose, et pour faire beaucoup, il faut attendre encore davantage ' . i

L'espérance, en effet, stimule nos efforts, et par nos efforts nous méritons d'atteindre l'objet de notre espérance. Tel est, si je ne me trompe, le sens profond de l'avertissement que nous méditons : « Sobrie, juste et pie vivamus in hoc sfvculo, expectantes beatam spem et adventum glorim magni Dei : Nous devons vivre sobrement, justement et pieusement en ce monde, pour avoir le droit d'attendre la réalisation de notre bienheureuse espérance et l'avènement de la gloire de notre grand Dieu. » Mais c'est précisément parce que nous attendrons que nous nous déciderons à vivre dans Taustère réserve, la parfaite

1. Pw. P. Félix. Conférence de Notre-Dame, année 1356, Le Progrès, première conférence»

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justice, la généreuse et intelligente piété qui conviennent à des chrétiens.

En effet, Messieurs, l'espérance du ciel nous permet de faire une constante comparaison de l'immense et éternel bonheur que Dieu nous promet avec les viles et passagères jouissances que peuvent nous procurer les créatures. Ces jouissances ayant, selon le langage de l'Ecriture, « un étrange pouvoir de fascination et d'ensorcellement, parce qu'elles sont plus près de nous et parlent à nos sens1 », on ne doit pas s'étonner que les âmes, oublieuses de leur céleste destinée et vides d'une meilleure espérance, y cherchent le rassasiement de leurs désirs. Dès que l'intelligence et le cœur ne sont plus sollicités par en haut, les appétits d'en bas deviennent souverains et le naturel sentiment de l'honnêteté ne suffit ni à les contenir, ni à prévenir leurs excès.

Mais, dans une âme ouverte à l'espérance du ciel, l'élan des facultés supérieures vers le bien suprême qui doit la béatifier, non seulement contrarie l'inclination des parties basses de notre

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