I. Fascinatio nugacitatis obscura bona. (Sap., cap. iv
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nature vers les joies et les plaisirs de ce monde, il lui permet encore de prendre l'exacte mesure des taux bonheurs par lesquels notre besoin d'être heureux se laisse tromper. Aucun n'est digne de nous. Ce n'est pas la chair et les sens qu'il faut satisfaire, mais l'esprit et le cœur qu'il faut préparer à 1 éternelle vision et à l'éternel amour. Ce ne sont pas les biens périssables du temps qu'il faut convoiter avec ardeur, et posséder comme s'ils ne devaient jamais nous échapper, mais l'inaltérable trésor de perfections dans lequel Dieu nous donne son être infini et que rien ne saurait nous enlever. Donc, toute attache trop vive à la terre pouvant nous détourner des grands biens que nous attendons et nous les faire perdre, défionsnous des satisfactions et des contentements que nous y rencontrons. Donnons à la nature ce dont elle a besoin et non tout ce qu'elle désire ; arrêtons le nécessaire et l'utile là où l'excès commence, là où la mollesse et la sensualité menacent d'envahir. Usons de ce monde comme n'en usant pas. Supprimons les plaisirs coupables et dangereux ; modérons les plaisirs innocents. Réprimons cette intempérante curiosité de savoir qui absorbe dans
les choses présentes l'attention que méritent les
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choses de l'avenir ; gardons-nous de livrer nos cœurs à l'esclavage des affections naturelles, aiin qu'ils soient libres d'aimer comme il faut Celui qui les doit posséder sans partage. Bref, puisque nous espérons le ciel, que cette espérance soit la mesure de toutes les privations qu'il faut nous imposer pour l'obtenir sûrement: « Sobrie vivamus : Vivons sobrement. »
Première efficacité de l'espérance du ciel : elle émonde notre vie ; mais ce n'est que le commencement de sa sanctification. Dieu ne nous ordonne pas seulement d'éviter le mal, il veut que nous fassions le bien : « Déclina a malo, et fac bonum*. » Or, le bien qu'il demande de nous, c'est la justice : — La justice complète, entendezvous ? La justice qui s'exprime par les œuvres et les pénètre toutes, leur donnant une nouvelle empreinte qui les rend dignes des récompenses éternelles. Quiconque perdra de vue ces récompenses n'aura qu'une toute petite justice : une justice qui se contentera des qualités superficielles de l'homme bien élevé et des vertus médiocres de l'honnête homme ; une justice qui pourra respecter