‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 32 sur 107 · Regnum ccelorumvimpatitur. (Matth., cap. xi · texte numérisé non relu

Regnum ccelorumvimpatitur. (Matth., cap. xi

2. Qui vult post me venire abneget semetipsum, et tollatcrucem suam,etsequatur me. (Matth,, cap. xvr,24.)

3. In dolore sustine, et in humilitate tua paticntiam habe: Quoniam in igné probatur aurum et argentum, homines vero receptibiles in camino humiliationis. (Eccli., cap. n, 4, 5.)

l'espérance du ciel. 81

sente plus de jours humiliés et d'années malheureuses1 ; — qu'un moment, enfin, de nos tribulations passagères peut nous mériter dans l'éternité une gloire qui dépasse toute mesure2 ? — Puisque nous espérons le ciel, méritons-le par notre austère réserve, notre parfaite justice, notre généreuse et intelligente piété : « Sobrie, juste et pie vivamus in hoc sœculo, expectantes beatam spem et odventum magni Dei. »

Je termine, Messieurs, en vous défiant de dire encore, si jamais vous l'avez dit : Que l'espérance du ciel est un rêve égoïste qui stérilise la vie humaine. Non, préserver la vie humaine de l'invasion du mal et de la tyrannie des passions, la disposer au respect de tous les droits et à l'accomplissement de tous les devoirs, la remplir d'oeuvres de justice qui accroissent la divine beauté de l'âme et multiplient ses mérites, l'unir à Dieu, la rendre comme lui prodigue de bienfaits, la soumettre pieusement aux décrets de la Providence, y faire germer, au milieu des épines de la tribulation et

i. Lsetati sumus pro diebus quibus nos humiliasti, annis quibus vidimus mala. (Psalm. LXXXIX.)

2. Momentaneum et levé tribulationis nostrse, supra modum in sublimitate seternum glorise pondus operatur in nobis. (II Cor., cap. iv, 17.)

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de la souffrance, la consolation et l'héroïsme, non, ce n'est pas la stériliser. « L'espérance, selon la belle pensée de saint Augustin, va déjà boire aux sources de la vie bienheureuse, d'où s'épanche sur la vie humaine une force mystérieuse qui engendre toutes les vertus1. » Non, Messieurs, non, vous n'êtes pas en présence d'un rêveégoïste, mais bien en présence d'un devoir qui s'impose à vos âmes chrétiennes et dont l'accomplissement vous promet le plus noble, le plus fécond, le plus durable de tous les progrès. Si vous comprenez ce devoir, vous ne laisserez plus s'endormir dans vos cœurs la sainte espérance, mais, réveillés par la voix de tous les élus qui vous crient d'en haut : — « Spe salvi facti sumus* : c'est l'espérance qui nous a sauvés, » vous penserez au ciel ; vous désirerez le ciel; vous attendrez le ciel ; vous travaillerez pour le ciel ; vous direz à toutes les facultés de votre âme, à toutes les puissances de votre nature, à toutes les œuvres de votre vie : Regardons le ciel ! Allons au ciel !

1. Ibi beata vita in fonte suo bibitur, unde aspergitur aliquidhumana) vitœ, ut, In tentationibus hujus sasculi, temperanter, fortiter, juste prudenterque vivàtur. (Lib. XII in Gencs., cap. 26.)

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