Matth., cap. xxv
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récompensée au sanctuaire où elle doit résider, et d'où elle doit sanctifier toutes les œuvres. L'a-t-il perdue ceUe justice ? — Il se hâte de la recouvrer, ne voulant pas que sa vie soit en désaccord avec l'éternelle béatitude que Dieu lui a promise. La possède-t-il cette justice ? — Son plus grand souci est de la voir croître. Non seulement il respecte tous les droits et accomplit tous les devoirs, mais il s'applique à multiplier les œuvres saintes. Non content de conserver en lui le germe de vie divine qui le justifie, il s'empresse d'obéir à la loi du progrès qui l'appelle à une plus haute perfection. Dieu lui a dit : « Que celui qui est juste se justifie encore : Qui justus estjustificetur adliuc*. » — Docile à ce commandement, il profite de la grâce pour augmenter la grâce, sachant bien qu'il augmente ainsi son bonheur. La justice affermit et grandit en lui l'espérance ; l'espérance développe et accroît en lui la justice. Chaque jour il dit avec plus d'ardeur : « Juste vivamus : Vivons justement. »
De la justice, le chrétien s'élève jusqu'à la piété, qui l'unit à Dieu, et lui fait faire en ce monde
i. Apoc, cap. xxn, 11.
L'ESPÉRANCE DU CIEL
une sorte d'apprentissage du ciel qu'il espère et qu'il attend. Il n'est point de ceux qui, oubliant leur bienheureuse destinée, oublient le Dieu qui la leur a préparée, et ne le voient nulle part : ni dans les souvenirs qui nous rappellent ses adorables perfections, ni dans les infortunes par lesquelles il sollicite notre charité, ni dans les épreuves qu'il nous envoie pour expier nos fautes et multiplier nos mérites. La prière prendrait sur le temps qu'ils consacrent à préparer la réussite de leurs desseins et l'accomplissement de leurs désirs tout terrestres ; la générosité diminuerait la somme des jouissances dont ils sont avides ; et l'épreuve contrariant leurs rêves de bonheur ici-bas, ils n'y voient que le jeu cruel d'une puissance malfaisante contre laquelle ils murmurent, quand ils ne vont pas jusqu'au blasphème.
Mais le chrétien, qui regarde le ciel, ne fait état que du bonheur qu'il espère y goûter un jour. Et parce que ce bonheur doit être le fruit de son union ineffable avec Dieu, il s'essaie ftéjà à cette union par la piété. — « Vivons pieusement, dit-il, pie mvamus. » C'est-à-dire, unissons-nous à Dieu, par le culte de son adorable majesté, par l'imitation de son infinie bonté, par la sou-
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mission à sa très sainte volonté. Nous Jouerons et nous aimerons éternellement clans les cieux ; louons sans cesse et aimons sans défaillance sur cette terre. — Que le devoir et. le temps de la prière nous soient sacrés, et faisons, selon le conseil de l'Apôtre, de toute notre vie un perpétuel cantique à la gloire de Dieu1. — Aimons Dieu et tous ceux qu'il aime ; honorons-le et servons-le dans toutes les misères, toutes les infortunes, toutes les douleurs qui sont comme des sacrements de sa présence adorable. Il Ta dit : tout le bien qu'on fait aux malheureux, en ce monde, c'est à lui qu'on le fait2. Il l'attend de nos cœurs charitables et de nos pieuses mains et s'apprête à nous dire au grand jour des rétributions : « Venez, mes bénis/possédez le royaume qui vous a été préparé depuis l'origine du monde3. » — Voilà la vraie patrie ! Qu'importe qu'on y arrive par les âpres chemins de la souffrance et du sacrifice ! Ce que Dieu veut est toujours juste
4. Omnia in gloriam Dei facite. (I Cor., cap. x, 31.) î. Quandiu fecistis uni exhis fratribus meis minimis,
mihi fecistis. (Matth., cap. xxv, 40.) 3. Venite benedicti... possidete paratum vobis regnum
a constitutione mundi. (Ibid. xxv, 34.)
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et toujours bon ; et puisque nous n'aurons plus là-haut d'autre office que d'être soumis à ses volontés et de les accomplir, commençons aujourd'hui. Qu'il soit béni dans les humiliations et les mépris qui nous accablent ! Qu'il soit béni dans les tribulations de nos esprits et les déchirements de nos cœurs ! Qu'il soit béni dans nos misères et dans nos douleurs ! Qu'il soit béni dans tout ce qui nous fait souffrir ici-bas ! Aussi bien, ne savons-nous pas que le royaume des cieux souffre violence'1 ; — qu'il faut suivre le divin chef qui doit nous y conduire sur le chemin de l'abnégation et de la croix2; — que l'homme s'épure dans le foyer des douloureuses humiliations, comme l'or et l'argent dans la fournaise, et s'épargne ainsi les expiations d'une autre vie3 ; — que les joies de l'éternité seront d'autant plus profondes et plus intenses que nous compterons dans notre vie pré-