I Cor., cap. xv
l'humanité glorieuse du Sauveur, seront pénétrés de sa divine vertu et de nouveau vivifiés par l'âme qui les attendait.
Si nous ne considérons que ce fait merveilleux en lui-même, nous n'avons rien à faire pour nous y préparer ; il dépend absolument du bon vouloir et de la toute-puissance de Dieu. Toutes nos inventions, tous nos soins industrieux n'ont pu conjurer la suprême catastrophe qui a renversé dans la tombe, décomposé, pulvérisé notre chair ; que pourrions-nous faire pour la restaurer ?
Mais ce n'est plus la même chose si nous considérons le caractère particulier que doit prendre en chacun de nous la résurrection. Les pécheurs revivront comme les justes : mais, les uns, dans une chair dont l'immortalité ne servira qu'à prolonger les douleurs ; les autres, dans une chair qui participera aux joies et aux splendeurs de l'âme béatifiée; les uns maudiront le jour et la puissance qui rappelleront leurs corps à la vie ; les autres chanteront comme le Psalmiste : « Cor meum et caro mea exultaverunt in Deum vivum* : Mon cœur et ma chair ont tressailli de bonheur dans le Dieu vivant. »