Ibid
Ré? Quel est ce Dieu qui glorifie le Fils de l'homme ? — Le Sauveur va nous le dire encore une fois, et nous transporter, par ses dernières révélations, dans les régions transcendantes où luit le mystère de la vie divine, et où lui-même nous apparaît comme Tunique et bienfaisant médiateur en qui toute créature se rattache à son éternel principe.
Il a maintes fois parlé, dans le cours de sa vie publique, du Père qui l'a envoyé. « Ma doctrine, disait-il, n'est pas la mienne, mais celle de Dieu qui m'envoie1. — Mon Père a réglé par son commandement ce que je dois dire et enseigner2. — Je ne parle que comme il m'a dit de parler3. — Ma nourriture est de faire sa volonté, et de mener son œuvre à la perfection *. »
Jésus a appelé Dieu son Père, mais on pouvait croire qu'il n'était qu'un de ces fils d'élection que
1. Mea doctrina non est mea, sed ejus qui misit me. (Joan., cap. vu, 16.)
2. Qui misit me Pater, ipse mihi mandatum dédit quid dieam et quid loquar. (Joan., cap. xn, 49.)
3. Qua? ego loquor, sieufc dixit mihi Pater, sic loquor. [ïbid., 50 !
4. Meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me, ut perficiam opus ejus (Joan., cap. iv, 34.)
Dieu distingue entre tous les autres hommes et qu'il comble de ses dons afin de leur faire accom* plir quelque grande mission, on pouvait le confondre avec un de ces prophètes qui parlaient et agissaient au nom de Dieu sans recevoir de lui autre chose que la lumière de l'inspiration et la communication de sa toute-puissance. Pour dissiper cette équivoque, Jésus-Christ a appelé bienheureux le disciple qui, le distinguant de tous les prophètes, a dit de lui : Tu es le Christ, Fils du Dieu vivant1. — - Il a revendiqué pour lui-même les honneurs divins qui ne sont dûs qu'au Père céleste : Ut honoriflcent Filium sicut honorifîcant Patrem 2, Il a osé dire : « Moi et le Père nous ne sommes qu'un seul et même être : Ego et Pater unum sumus 3. »
Malgré cela, le Christ n'a pas été compris. Mais voici que, près de mourir, il revient sur l'affirmation de sa grandeur divine dans un discours où, selon l'expression de Bossuet, « on trouve des
1. Beatus es, Simon Bar Jona; quia caro et sanguis non re^elavit tibi, sed Pater meus qui in cœlis est. (Matth., cap. xvi, 17.)