Cf. Joan., cap. xiv
les lois qui les gouvernent, les voix sans nombre qui chantent à travers le monde, les diamants qui brillent aux cieux et ceux qui se cachent dans les profondeurs de la terre, les arbres et les fleurs, les oiseaux, chantres des palais de verdure, les animaux de la plaine et du désert, l'homme, roi des créatures, son corps, édifice sublime, sonâme, souffle invisible, principe de vie, sanctuaire de la pensée, de l'amour, de la liberté, tout nous montre, tout nous fait voir la puissance, la sagesse, la bonté, l'infinie perfection de Dieu. — Qui voit le monde voit le père du monde. Comment ne le verrions-nous pas dans la plus grande merveille de la plus merveilleuse partie du monde, dans votre humanité, ô mon Sauveur, si pleine de vertus, de puissance, de toutes les perfections?
Cependant, Messieurs, la vision des perfections humaines du Christ ne nous explique pas cette parole : « Qui me voit voit mon Père. » Il veut, par là, nous faire entendre autre chose. — Quoi donc ? — L'identité de nature du Père et du Fils, — « Ne croyez-vous pas, dit-il, que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ' ? » Cela si-
1. Non creditis quia ego in Pâtre et Pater in me est? (Joan., cap. xiv, 10, 11.)
unifie, selon l'admirable remarque de Bossuet : « Il y a une certaine manière de me voir, qui ne laisse plus rien à désirer, parce que celui qui me voit de cette sorte, c'est-à-dire celui qui me voit à découvert et tel que je suis, voit mon Père. Je suis moi-même, par mon fond et par naissance, la manifestation de mon Père, parce que je suis son image vivante, l'éclat de sa gloire, l'empreinte, l'expression de sa substance. Prenez donc garde, ne souhaitez pas de voir mon Père comme si mon Père était quelque chose hors de moi : c'est en moi qu'il faut le voir ; c'est en lui aussi qu'on me voit. — « « Ne croyez-vous pas que je suis dans mon Père, et mon Père dans moi? » — Quand donc on le voit, on me voit clans mon principe ; et quand on me voit, on le voit dans son image, dans son expression, dans son éclat, dans le rejaillissement de sa gloire ; et la vue du Père et du Fils est inséparable1. »
Il ne faut donc pas considérer le Christ comme une créature séparée, instrument sublime dont Dieu se sert pour se manifester; il est de même