‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 67 sur 107 · Joan., cap. xiv · texte numérisé non relu

Joan., cap. xiv

2. Data est mihi omnis potestas in cœlo et in terra. (Matth.tcap. xxvni, 18.)

puissance « parce qu'il est dans son Père et que son Père est en lui : Ego in Pâtre, et Pater in me est. »

0 Jésus, vous êtes en toute vérité le Fils divin du Dieu vivant. On peut le pressentir en voyant votre humanité si pleine d'autorité, de puissance, de perfections; mais dès que vous le dites, il faut le croire. Quand le soleil va paraître à l'horizon, il teint de la pourpre de ses rayons les nuages de l'Orient; nous l'attendons. Tout à couples nuages se déchirent, des flèches ardentes s'élancent dans l'espace, un astre radieux se montre et sourit à la nature : c'est lui, c'est le roi du jour. Ainsi, mon Sauveur, vous teignez de l'éclat de votre divinité le nuage de votre humanité. Ce nuage s'entr'ouvre, le Verbe divin s'affirme : c'est lui, c'est le Fils de Dieu ; « qui le voit voit son Père, dont il est la splendeur : Qui vldet me, videt et Patrem meum. »

Vous le voyez, Messieurs, le Christ, en nous révélant son infinie grandeur , nous fait entrer dans le mystère de la vie divine. Mais nous ne connaissons encore que deux termes de cette vie. Est-ce qu'il n'y en a pas un autre? — Le Père aime son Fils; il est si beau! C'estsa lumière, sa splendeur,

sa gloirç, son image, sa pensée, sa substance, sa vie, tout lui-même. Le Fils aime son Père, il est si bon ! Il se donne clans son acte générateur, et avec une si admirable plénitude! Il y a tant de perfections dans ce qu'il donne ! Il est si vrai que toute la vie du Fils est totalement et éternellement suspendue au sein du Père! Ils s'aiment, mais il faut que leur amour leur ressemble, sans quoi il n'aurait pas son infinité. Il subsiste donc comme eux et en eux ; il est amour substantiel et consubstantiel, et Jésus-Christ le promet à ses apôtres pour achever son œuvre de vérité et de vie. « Il viendra, dit-il, le Paraclet, que je vous enverrai du sein de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, et de moi aussi, car tout ce qui est à mon Père est à moi \ »

Quelle étrange, quelle sublime nouveauté! — Dieu, jusque-là, n'avait fait connaître au monde que sa grande, unique et indivisible nature; dans les dernières révélations du Sauveur, il nous montre tout le mystère de sa vie : — C'est un Père

1. Ille nie clarifîcabit : quia de meo accipiet,... Omnia quseeumque habet Pater mea sunt. Propterea dixi : quia de meo accipiet. (Joan,, cap. xvi, 14, 15.)

sans commencement, en qui tout commence ; c'est un Fils éternel comme son Père, recevant, par la génération, tout l'Être divin, toutes les perfections divines; c'est le souffle vivant d'un amour infini par qui tout s'achève dans les cieux et sur la terre.

Et maintenant, Messieurs, entre le Père en qui tout commence et l'Esprit - Saint par qui tout s'achève, qu'est le Fils descendu des cieux par rapport à l'humanité dont il a pris la nature? Il nous le dit lui-même à la veille de sa mort : — Écoutez ! Jamais bouche humaine n'a prononcé de semblables paroles : — « Ego sum via, veritas et vita1 : — Je suis la voie, la vérité et la vie. » — Un homme aurait dit : — Je connais la voie qui doit vous conduire au terme de vos espérances et de vos désirs ; venez avec moi. J'ai trouvé la vérité ; je vais la faire luire à vos yeux pour vous conduire. J'ai étudié les lois de la vie; je vous apprendrai à les mettre en pratique. Mais lui, il ose dire : « Je suis la voie, la vérité et la vie. »

Il est la voie : « Il ne guide pas seulement les siens, comme pourrait le faire un voyageur plus

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